26.02.2009
Notre vision de Dieu meurt-elle d'inanition ?
Levez les yeux en haut, et regardez. Qui a créé toutes tu étoiles ?
Isaïe 40,26.
Le peuple de Dieu, au temps d'lsaïe avait desséché son coeur et son imagination en contemplant des idoles. Le prophète tourne leurs regards vers les cieux étincelants. La nature pour le croyant est un symbole qui mène à Dieu, un moyen de grâce. Pour un enfant de Dieu, la nature apparaît comme un vaste trésor. Chaque brise qui souffle, chaque nuit, chaque journée, chaque buisson qui fleurit, chaque fleur qui se fane, tout cela, c'est Dieu même qui vient à nous, si seulement nous savons le voir. La marque d'une vie spirituelle authentique, et concentrée en Dieu, c'est
qu'elle tient notre imagination captive. Regardez où vous en êtes. Est-ce que votre pensée s'attache à une idole? Peut-être à vous-même, à votre travail, à votre expérience personnelle du salut et de la sanctification? Alors votre pensée, par rapport à Dieu, se meurt d'inanition, et en présence des difficultés de la route, rien ne vous éclaire. Réveillez-vous de cette léthargie. Ne regardez pas à votre passé, regardez à Dieu. C'est Dieu dont vous avez besoin.
Si vos prières s'enlisent dans les marécages de la médiocrité,
c'est que votre pensée de Dieu n'est pas assez forte pour que vous vous mettiez vraiment en Sa présence. Il faut apprendre à sortir de nous-mêmes, à être le pain rompu, le vin répandu, non pas pour nous et pour notre union personnelle avec Dieu, mais pour les autres. Dieu seul peut nous donner cette vision des autres et ce
désintéressement.
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22.02.2009
Les exigences morales et spirituelles dans le service chrétien
Le Nouveau Testament désigne par le terme général de « service » (diacona) les charges et fonctions qui s'exercent dans l'Église. Ce terme s'applique au ministère d'apôtre aussi bien qu'aux diverses activités des croyants dans l'Église, et fait apparaître comme un devoir de tous les fidèles d'être au service de leurs frères dans l'Assemblée.
Servir est donc le devoir et la vocation de quiconque appartient à celui qui est venu pour servir et non pour être servi. Jésus déclare " que celui qui voudra être grand parmi vous demeure votre serviteur " (Marc 10143.45). Cette parole indique que le service des autres est contraire à la tendance naturelle du cœur humain.
Les qualités morales indispensables à ce service sont clairement exprimées dans le Nouveau Testament, la maison de Dieu n'étant pas un bureau d'embauche pour les rêveurs et les fantaisistes qui y trouveraient quelque occupation selon leur goût.
La première condition est le changement profond opéré dans notre mentalité par la régénération qui conduit tout racheté à l'obéissance (Romains 115). Il s'agit bien de l'Esprit de soumission à Dieu et à sa parole car celui qui n'est pas fidèle dans les petites choses ne saurait l'être dans les grandes (Lus 16/10). N'oublions pas que nous ne serons pas récompensé pour la quantité de travail fourni mais pour la qualité de notre ouvrage (1 Cor. 3114). Le centenier pouvait dire à Jésus: "Moi qui suis soumis à des supérieurs, j'ai des soldats sous mes ordres, et je dis à l'un: va! et il va; à un autre: viens! et il vient; etc..." L'obéissance et la soumission sont donc le secret de l'activité spirituelle.
Une seconde qualité nous est nécessaire pour un service efficace. C'est la bonté. Les apôtres de Jérusalem envoyèrent à Antioche, Barnabas qui était un homme de bien (ou bon). Cette bonté, fruit de l'esprit, lui permit de se réjouir en voyant l'œuvre de Dieu ; car la bonté nous permet de voir ce qui est bon et non pas de rechercher ce qui est critiquable dans ce que fait autrui; les yeux de l'épouse sont des yeux de colombes et non d'épervier.
Enfin, il vous suffira de jeter un coup d'œil sur les exigences requises par Paul dans 1 Timothée 3 et de les prendre au sérieux en vous les appliquant personnellement pour que, sur le plan moral, vous soyez tout à fait au point pour bien servir Dieu et vos frères.
Nous passons maintenant à l'expérience spirituelle qui nous qualifiera parfaitement pour travailler dans l'œuvre du Seigneur. Le texte d'Actes 11/24 nous apprend que si Barnabas était un homme généreux et bon, il était encore plein d'Esprit -Saint et de foi, deux éléments indispensables pour un service efficace. Lorsque l'Église de Jérusalem eut besoin d'hommes pour gérer ses biens, on choisit sept hommes de qui l'on rendait un bon témoignage (qualité morale) qui soient pleins d'Esprit -Saint et de sagesse (qualité spirituelle).
La qualité spirituelle était nécessaire. Je veux dire que tout service chrétien implique une expérience spirituelle précise et conforme à la révélation. Il faut, pour servir dans l'Assemblée, être d'aplomb sur la doctrine et avoir fait une expérience complète de l'Évangile. Lorsque Paul fut arrivé à Éphèse, il y trouva une douzaine de disciples. Il ne les embaucha pas pour travailler avec lui mais les introduisit d'abord dans la vie du Saint- Esprit sans laquelle nous ne pouvons rien faire. Déjà Zacharie apprit cette leçon de la part du Seigneur Il Ce n'est ni par force ni par puissance, mais par mon Esprit dit l'Éternel".
Trop souvent des gens compétents sur le plan matériel mais non remplis de l'Esprits font obstacles par leur incompréhension à l'œuvre de Dieu. La foi est aussi un élément nécessaire car tous ceux qui travaillent dans l'œuvre de Dieu doivent le faire avec foi et doivent pouvoir communiquer la foi. Sans elle il est possible d'être agréable à Dieu. En possession de ces biens qui nous venons d'énumérer, nous dirons alors comme le parfait serviteur: " le Fils ne peut rien faire de lui-même "et nous pourrons ajouter le témoignage de Paul aux anciens d'Éphèse: " Vous m'avez vu servir humblement le Seigneur, menant une vie simple et obscure". Amen !
Robert Burki
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18.02.2009
Servir, sans demander rien pour soi
Pour vous, je me dépenserai, je m'épuiserai avec joie, quand même, à mesure que je vous aime davantage, vous m'aimiez, vous, toujours moins. 2 Corinthiens 12 : 15
L'amour humain s'attend à être payé de retour, mais Paul ne pense qu'à une seule chose: gagner à Dieu des âmes. "Vous connaissez la générosité de notre Seigneur Jésus-Christ qui, étant riche, s'est fait mendiant à cause de nous, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis." Paul, lui aussi, est tout prêt à s'épuiser lui-même, joyeusement, pour les autres.
L'idée ecclésiastique de ce que doit être un serviteur de Dieu n'est pas du tout celle de Jésus. Son idée, c'est que nous, ses ministres, nous le servions en étant au service des autres hommes. Il est plus socialiste que les socialistes. Le plus grand dans son Royaume sera, nous dit-il, le serviteur de tous. La vraie preuve qu'on est à Dieu, ce n'est pas qu'on prêche l'Évangile, c'est qu'on lave les pieds de Ses enfants, c'est-à-dire qu'on laisse de côté l'estime des hommes, pour ne penser qu'à l'estime de Dieu. Paul trouvait sa joie à se dépenser pour amener les hommes à Dieu, et il ne regardait pas ce
que ça lui coûtait.
Nous autres nous regardons le côté financier: "Si Dieu veut m'envoyer là-bas, quel sera mon traitement? Le climat est-il bon? Quelles ressources trouverai-je? Il faut bien le savoir." Nous faisons en un mot nos réserves. Paul n'en faisait aucune.
Je vois dans l'apôtre Paul l'image parfaite du fidèle disciple, selon Jésus-Christ et selon le Nouveau Testament: non pas simplement le messager de la Bonne Nouvelle, mais celui qui se donne tout entier, qui devient entre les mains de Jésus le pain rompu et le vin répandu au service des âmes.
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14.02.2009
Le Pardon
En 1947, Corrie Ten Boom, chrétienne hollandaise, avait eut l'occasion un soir de rendre témoignage en Allemagne de la grâce de Dieu. Elle avait particulièrement insisté sur la grandeur du pardon de Dieu. Après la réunion, un homme s'avança vers elle. Sous son manteau, il portait encore l'uniforme vert des troupes d'assaut. en un instant, passa devant elle la vision de l'affreux camp de concentration de Ravensbrück : des femmes affamées et humiliées, sa sœur Betsie et elle-même détenues pour avoir caché des Juifs dans leur maison, le gardien sans pitié avec sa lanière de cuir attaché à sa ceinture…et ce gardien, c'était l'homme qui était là devant elle. Il lui tendait la main…il lui disait : "vous avez donné un excellent témoignage", Corrie restait distante et ne prenait pas la main tendue. L'homme reprit : "vous avez mentionné Ravensbrück. J'ai été gardien là bas…". C'était bien lui ; Corrie ne se trompait pas, lui un de ses anciens bourreaux.
"Je suis devenu chrétien et je sais que Dieu m'a pardonné…" La main restait tendue. Corrie regardait cette main qui avait humilié, frappé. Elle pensait à sa sœur Betsie, morte dans ce camp. Corrie pria : "Seigneur Jésus aide-moi ! Donne-moi de pardonner comme tu m'as pardonné". Elle regarda l'homme et prit sa main en lui disant : " je vous pardonne, mon frère, je vous pardonne de tout mon cœur.
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10.02.2009
LES SERMONS DE SOPHIE LA BLANCHISSEUSE II
A New-York, tout le monde connaît "Sophie".
Sophie la blanchisseuse (membre du Gospel Tabernacle), dont le langage original amuse et étonne. Sophie, qui, à elle seule et par son seul gain, entretient un missionnaire en Afrique. Sophie qui lave et frotte tout le jour et va le soir dans les bas-fonds pour chercher des âmes pour Christ.
Laissons parler le Dr A.B. SIMPSON, son pasteur :
"C'est avec profit que j'écoute les sermons de Sophie et je les mets sous les yeux des lecteurs avec la prière que Dieu les fasse être en bénédiction.
Je connais Sophie depuis longtemps. Les années écoulées ne l'ont que fort peu changée. Son visage et ses manières expriment toujours le même contentement et le même bonheur. Un jour, je l'aborde :
"Sophie, vous avez très bonne mine. Vous avez même grossi, je crois !
- Oh oui, répond-elle, pourquoi pas ? La religion de Jésus-Christ n'est pas une religion maigre !
Je déjeune d'amour, je dîne de joie, et je soupe de paix. L'année dernière je n'ai pas acheté pour un sou de viande et à la fin de l'année j'avais trente livres de plus sur le dos, et un missionnaire en Afrique, grâce à ce que j'avais économisé.
-Travaillez-vous toujours autant, Sophie ?
-Oh oui, vous savez que ma vocation est de nettoyer et de prêcher. J'étais née prédicateur, et comme j'étais pauvre j'ai appris à travailler. Moi, je me représente un Jésus travailleur. Il n'avait pas peur du travail. Ses mains étaient rudes, et quand mes mains se durcissent à force de jouer sur mon piano (c'est ainsi que j'appelle ma planche à laver), je me dis qu'elles sont celles de Jésus. Laver des vêtements, frère, c'est travailler pour la pureté, et plus on a de pureté, plus on a de puissance dans les choses spirituelles. Eh bien, je travaille tant que le diable me donne mal au dos. Il vous attaque au dos, à la tête, n'importe où. Vous vous souvenez qu'il couvrit Job d'ulcères de la tête aux pieds.
"Je m'étais procuré une chaise à balançoire (rocking-chair) ai je n'avais pas le temps de m'y asseoir et je trébuchais toujours sur les balançoires. Le Père me dit : "Donne cette chaise au pauvre homme malade, la porte à côté. Toi tu peux t'appuyer sur moi, je serai ta chaise à balançoire."
"Une dame chez qui je fais les lessives me dit : "Sophie, voulez-vous aussi laver pour moi, dans le ciel ?" Je réponds : "Il vaudra vous arranger, madame, pour être lavée avant d'y aller !" Elle a toujours à se plaindre de quelque chose. Je l'appelle : Madame Hâte-et-Souci. Les gens de ce nom sont une grande famille. Elle me disait sans cesse : "Dépêchez-vous, Sophie, dépêchez-vous." Je vous le dis, frère, paix et tranquillité, c'est celle du Seigneur
"Je voyageais dans le train de Hâte-et-Souci lorsque j'habitais au VIIème des Romains, mais j'ai déménagé de cet endroit-là pour m'installer : Avenue des Actions de grâce. Et maintenant mon train part du VIIIème des Romains, où il n'y a pas de condamnation. Jésus est le conducteur et il n'y a point de collision sur cette ligne-là. Eh bien, cette dame est dans le train de la hâte, et n'a pas le temps de prier jusqu'à ce que la lessive soit terminée. Elle ne se soucie pas de Dieu le matin, mais quand la nuit vient, elle me dit : "Sophie, je pense que vous ne ferez pas mal de prier". Elle a peur la nuit et exige que Dieu la garde.
"Mais il ne faut pas s'arrêter à chercher les travers des autres, cela fait loucher ! Quand cette dame me tracasse, je dis :"Seigneur, c'est toi qui travailles pour cette femme. Il y a six cuveaux pleins à laver. Si elle dit encore une fois "Dépêchez-vous !" ne fais pas attention à elle." C'est comme ça que je reste patiente. Lorsqu'on perd patience, on perd du terrain, et le terrain c'est de la propriété, et cela on n'a pas envie de le perdre."
"C'est une bonne chose que d'avoir Dieu en soi et autour de soi, au-dessus et au-dessous de soi pour vous tenir frais en été et chaud en hiver. Je n'ai pas besoin d'aller aux réunions de réveil pour être réchauffée ou recuite. Je prends Christ tout entier, Il est ma sainteté.
"Certaines personnes sont si sanctifiées qu'il est désagréable de vivre avec elles. Ce sont des anges à l'église et des diables à la maison ! Il y a une grande différence entre la "religiosité" et la "religion". Des choses très douces à l'église sont tout à fait aigres à la maison. J'aime une religion de maison dont je puisse parler sur le pas de ma porte.
"Tous les chrétiens devraient être doux, car ce sont des gens "en conserve", conservés en Christ. Mais il y en a qui doivent être tombés dans le bocal des cornichons, tant ils sont aigres.
"Je trouve que le seul moyen de vivre la vraie vie, c'est de se suicider chaque jour. Il vous faut pourrir journellement et aller à votre propre enterrement. Vous mourez à votre mauvais MOI, puis à votre bon MOI et le plus tôt vous mourrez, le mieux vous vivrez. Je suis allée à mes propres funérailles et j'en suis revenue vivante. J'ai été ensevelie et je suis sortie de l'autre côté. C'est la vie de la résurrection que je vis maintenant.
"Un homme me dit un jour :"Il n'y a pas de vie future ! -Eh bien, lui dis-je, il y a un brillant "à présent" si vous servez Jésus." Il ajouta encore : "Aimeriez vous le mieux avoir : une conscience chargé et un million de dollars ou bien une conscience tranquille et pas le million ?" Je lui répondis que j'étais bien heureuse, que j'avais la conscience tranquille et que j'étais l'enfant d'un millionnaire.
"C'est mieux que d'avoir le million soi-même, car on n'en a pas le souci, et lorsqu'on a besoin de quelque chose, on n'a qu'à dire : "Père, s'il te plaît, j'ai besoin de ceci ou de cela" ; et Il vous le donne. Quelquefois ma bourse est vide, mais mon coeur est plein et le Père est riche.
"Il y a des chrétiens qui sont comme l'enfant quand on le menace d'un bâton, il s'en va en pleurant. De telles gens perdent leur religion quand ils voient venir les ennuis. Ce sont des chrétiens pluvieux, de l'espèce nuageuse, avec les yeux pleins de pluie. J'essaie d'avoir des rayons de soleil avec moi. Si l'on veut luire pour Jésus, il faut le laisser mettre en vous le rayonnement. Les jeunes bonnes des maisons où je travaille disent : "Voici le rayon de soleil ; donnez-nous un de vos alléluias, Sophie !"
"Naturellement le diable m'éprouve aussi. Il lui a été permis d'éprouver Job. Mais Dieu mit une haie autour de Job et tout ce que le diable put faire, ce fut d'attraper des cors aux pieds en trottant autour de la haie sans pouvoir toucher à Job.
* "Il a aussi la permission d'éprouver Sophie, mais quand il vient tirer ma sonnette, j'envoie Jésus lui répondre. Je lui dis : "Seigneur, je t'en prie, réponds à la sonnette, c'est ce vieux coquin qui est là, et tu sais bien comme il faut le traiter." Il essaie de m'envoyer sa carte de visite. Vous savez que c'est le découragement qui est la carte de visite du diable, mais ne l'accepte pas. Le diable, on l'a tellement sucré de nos jours, qu'on le reconnaît à peine, mais au fond il est toujours le même, ses promesses sont comme des choux à la crème -sans la crème- gonflées mais creuses.
* "Quelquefois il s'approche et me dit : "Comment vous sentez-vous, Sophie ? comment vous sentez-vous ?" Je réponds : "Ne vous en inquiétez pas, je ne m'associe pas avec votre Mme Sentiment. Je marche avec Mme Foi. C'est de cette manière que je mène la vie de l'aigle. Dieu me donne des ailes et je plane au-dessus du diable, puis Il me donne des roues pour me maintenir en mouvement. C'est ma bicyclette ; elle ne renverse pas les gens, elle les soulève."L'autre jour, comme je lavais, le Père me dit : "Prends un texte et laisse-le d'abord tremper. Je prêcherai en toi, et toi tu le prêcheras aux autres."
Voyez-vous, nous ne pouvons parler tout le temps ; il nous faut être des momies quelquefois.
"Un jour, je dis : "Père, je n'ai pas de réunion ce soir où je doive aller, mais tu sais mon adresse ; si tu as besoin de moi quelque part, envoie-moi chercher."
Quand j'arrivais à la maison, il y avait un appel pour une réunion à Brooklyn. Alors je m'habille un peu. Je vous le dis, frère, Dieu est un bon couturier, essayez-le donc une fois. Il est très économique et fait aller les choses admirablement. Regardez la cravate que je porte ; autrefois c'était un bonnet de nuit. C'est le Père qui m'a donné l'idée de la faire. Actuellement je porte mes habits de tous les jours, mais quand je serai au Ciel, j'aurai mes habits du dimanche et vous ne me reconnaîtrez plus.
"Quand j'arrive à Brooklyn, voilà que la mémoire me fait défaut et que je ne peux plus retrouver le nom de la rue. Je reste debout sur le trottoir et je dis : "Père, j'ai travaillé dur tout le jour et je ne peux pas retourner à la maison pour cette adresse ; s'il te plaît, aie la bonté de me dire où c'est, Toi qui connais toutes choses." Sûrement le Seigneur a souri en me voyant arrêtée là au milieu de la rue. Mais bientôt Il me dit : "Mon enfant, c'est à Prospect Place, une rue après que tu auras tourné le dos au coin." Je l'ai remercié et je suis allée. J'ai un Dieu avec lequel je puis parler dans la rue . il n'est pas nécessaire qu'on soit à la réunion de prières. C'est un Dieu de tous les jours et pas seulement du dimanche."
"Un Italien me demande : "Pourquoi n'avez-vous pas de Dieu aux murs de votre église ? " Je lui dis : "J'ai un Dieu dans mon coeur. C'est mieux que de l'avoir aux murs. Chacun a son Dieu, pour quelques-uns c'est la toilette, pour d'autres c'est l'estomac, d'autres font d'eux-mêmes un Dieu qu'ils servent mais ce n'est pas le Dieu vivant. J'ai le Dieu vivant, et Il habite avec moi."
"Après la réunion, une dame me prend chez elle : "Sophie, me dit-elle, prenez un peu de vin, il est fait à la maison. - Non, lui dis-je, ces diables faits à la maison sont aussi mauvais que les autres. Il nous faut faire bien attention ! Voyez-vous, l'ivrogne a un policeman pour le surveiller, mais le chrétien a toujours six personnes qui l'observent lorsqu'il est hors de l'église."
"Un jour mon patron me demande : "Sophie, où étiez-vous hier soir ? Etiez-vous à la pêche ? Oui, j'étais dans la mine de diamants (c'est ainsi que j'appelle le quartier chinois). Il y a là tant de diamants bruts qu'on peut trouver et polir pour Jésus ! C'est une bonne place pour la pêche, là les réunions durent jusqu'à minuit ; de sorte que je puis travailler, le jour pour moi et la nuit pour le Seigneur."
"Une dame très riche de la Cinquième Avenue chez qui je travaillais me donna un jour un paquet au moment où je la quittais, en me disant : "Ceci vous économisera votre dîner de dimanche, Sophie."
Je pris le paquet, mais le croiriez-vous ? il n'y avait dedans que trois croûtes de pain ! Elles étaient aussi dures que le coeur de cette femme. Pour rien au monde je ne voudrais avoir des sentiments pareils ! Pourtant je réfléchis que si je mangeais ce pain, je casserais mes dernières dents et que cela me coûterait plusieurs dollars pour les faire réparer. Alors je mis à tremper le pain et j'économisais cinq sous, ainsi je pus prendre le tramway pour aller à la Mission.
"Dans le tram était un homme riche. Je lui donnais un traité. "Pensez-vous que vous allez me convertir ?" demandait-il. Je répondis : "Cela ne ferait pas de mal à votre teint, si vous vous convertissiez !
- Ah mais, vous êtes polie ! dit-il
-Pourquoi ne le serais-je pas ? Voici trente ans que le Seigneur me passe au papier de verre ; il est grand temps que mes angles soient effacés." C'est ainsi, frère, qu'il faut prêcher dès que l'occasion se présente. Je le fais depuis trente ans.
"Tout le monde me connaît autour de la Mission. Des hommes me demandent : "Eh bien, la mère, ne pouvez-vous pas nous donner une tasse de café ?" Je réponds : Oui, les garçons, mais vous viendrez ensuite à la réunion." Ils viennent et ces pauvres garçons s'endorment tous, mais ils se disent l'un à l'autre : "Quand Sophie parlera, tu me pousseras." Et on peut les voir s'éveiller les uns les autres à coups de coude lorsque je me lève.
"Ils désirent tous m'entendre parce qu'ils savent que je les aime. J'aime tous les hommes, non parce qu'ils sont aimables, mais parce que Jésus les aime.
"Je vais dans les cafés inviter les gens à venir aux réunions ; je vous assure que les chrétiens retardent par leur siècle. Il se plaignent des notes de gaz pendant les réunions de réveil tandis que le propriétaire du café a trente becs de gaz allumés toute la nuit et ne se plaint pas.
"Il sais s'y prendre pour attirer les jeunes gens. Je leur demande de venir à la réunion. Le tenancier d'un bar me dit : "Je viendrai moi aussi, j'ai un réfrigérateur, je l'apporterai. - Très bien, lui dis-je, mais quand vous irez en enfer, vous ne pourrez pas prendre votre réfrigérateur avec vous."
"Oui, je puis parler de Jésus à tout le monde. Pourquoi pas ? Il a dit : "Annoncez l'évangile à toutes les créatures", de sorte qu'on ne peut pas se tromper. Des gens prétendent m'avoir vu parler de Jésus à un de ces Indiens de bois qui servent d'enseignes aux magasins de cigares. C'est possible, je n'en sais rien, ma vue est si mauvaise. Mais ce n'est pas si grave que d'être un chrétien de bois qui ne parle de Jésus à personne. Le diable a bien ses agents qui vont travailler pour lui et qui ne craignent pas de parler aux gens ; pourquoi craindrions-nous?
"Un soir, comme je rentrais tard de la réunion, une cigarette avec quelqu'un au bout me dit : "Ma chère, voulez-vous que je vous accompagne chez vous ? - Non, répondis-je, Jésus-Christ est avec moi, Il me suffit. - Oh ! dit-il, excusez-moi, vous n'êtes pas la femme que je croyais ! - Non, mais vous, vous êtes bien l'homme que je croyais que vous étiez. J'ai votre nom ici dans mon livre. - Vous avez mon nom ici dans votre livre ? Voyons, qu'est-ce ?" Et il tirait très fort sur sa cigarette. Alors j'ouvris ma bible et je lui dis : "Oui, votre nom est "Pêcheur" et vous êtes perdu, vous allez à l'endroit où vous aurez autant de fumée que vous pourrez en désirer, car là : "La fumée de leur tourment montera aux siècles des siècles". Il dit alors : "Excusez-moi, madame, je suis pressé." - Vous feriez mieux d'être pressé de trouver le Seigneur. - Je vous demande sincèrement pardon, madame, voici un dollar pour les pauvres." Et ôtant son chapeau, il s'en alla. Il était trois heures du matin lorsque j'arrivais à la maison.
"Des amis me disent : "Sophie, vous brûlez la chandelle par les deux bouts". Oui, je le sais, mais l'un des bouts est éternel, ainsi cela n'a pas d'importance.
En arrivant si tard, je m'assis pour prendre une tasse de thé en causant avec Jésus, et tout en parlant j'oubliais d'aller me coucher.
"Tout a coup, je dis : "Seigneur, je pense qu'il est temps d'aller me coucher. J'ai sept cuveaux à laver aujourd'hui? Aussi je vais te dire bonsoir." Je regarde l'horloge et voilà qu'il est six heures. Eh bien ! le Seigneur ne se couche jamais, pourquoi ne pourrais-je pas veiller avec Lui pour une fois ?
"Je dis alors : "Seigneur, je ne vais pas me coucher ; donne-moi quelque chose pour ma journée." Et je reçus ceci : "Ta force durera autant que tes jours." Et aussi : "Je te couvrirai de mes ailes." Et ainsi, je partis joyeuse à mon ouvrage.
"J'étais en train de savonner dans la cour lorsque j'entendis quelque chose tomber, et je dis : "Maintenant, Père, vite couvre-moi de tes ailes !" C'était un volet qui tombait, mais il ne me toucha pas. Il brisa un grand vase. Le patron me dit : "Sophie, il vous faut prier pour mon commerce afin que je regagne ce que ce vase coûtait. Ah ! si seulement j'avais l'argent que ce vase m'a coûté, je vous le donnerais pour les Missions." Il voudrait toujours donner l'argent qui et déjà dépensé. J'aime donner à Jésus d'abord, même si c'est très peu. Deux sous et une prière vont bien loin.
"Je connais un homme qui désirait partir en Afrique pour évangéliser et que les Comités ne voulaient pas envoyer. Il était plein du Saint-Esprit et de l'amour des âmes, mais on le trouvait trop âgé et l'argent manquait. Alors le Seigneur, qui fait les choses que les Comités ne veulent pas faire, me dit : "Sophie, je te trouverai de l'ouvrage et tu enverras cet homme. Les Comités ne veulent pas l'envoyer, c'est ta planche à laver qui l'enverra. Il y a encore de l'argent dans cette vieille planche."
Et maintenant cet homme travaille bien. Il amène des âmes à Christ et il a fondé une église depuis plusieurs années.
"Il y a quelque temps le Père me dit : "Sophie, ce missionnaire aurait besoin d'un harmonium, et il n'a pas de Comité derrière lui pour le soutenir, sauf ta planche à laver. Je vais te donner trente jours de travail et tu achèteras cet harmonium." Ainsi je l'ai acheté, et quand ici je joue de mon piano (ma planche à laver), je me dis que là-bas ils jouent de cet harmonium, et quand je suis fatiguée, j'écoute cette musique et je pense à la joie que ces pauvres païens ont à l'entendre. Et un de ces jours notre Seigneur reviendra avec une grande puissance et une grande gloire et nous serons enlevés à la rencontre du Seigneur dans les airs.
Frère, tâchez alors d'avoir la main sur l'épaule d'un pêcheur et emmenez-le avec vous. , comme dit frère Paul dans Thess. IV,
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05.02.2009
LES SERMONS DE SOPHIE la blanchisseuse I
"Sil vous plaît, Monsieur, il y a à la porte une étrange personne qui désire vous parler. Elle dit que son nom est Sophie et qu'elle est prédicateur. Sauf votre respect, je crois que c'est une Allemande toquée, elle a l'air si étrange."
Dans l'antichambre je trouvais "l'étrange personne". Elle méritait cette épithète ; grande, maigre, avec de hautes pommettes et de petits yeux brillants. Elle avait sur la tête un chapeau trop grand, garni à profusion d'éclatantes fleurs rouges. Elle portait une robe démodée, et sur les épaules un manteau de soie noire qui, en son temps, avait dû être fort élégant. A la main, elle tenait un parasol vert à la vieille mode. Elle avait l'air de sortir d'une image comique.
Lorsque je m'avançais, elle sourit de tout son visage, en me disant avec un fort accent :
"O frère, enfin me voici chez vous. Je vous ai entendu parler de votre mission de nuit, et j'ai dit : "Père, il faut que j'aille voir ce frère !"
"Aujourd'hui Il m'a dit : "Sophie, hier tu as gagné cinquante sous, tu iras les donner à cette oeuvre et tu prêcheras à ce frère. - Mais, Père, je n'ai pas de sermon !" Alors le Père me dit : "Tu iras à pied afin de pouvoir donner le prix du train et en chemin je te donnerai le sermon." Alors me voici, et voici l'argent."
Je ne savais que penser d'elle. Elle avait fait quatre kilomètres à pied et donné tout son travail d'un jour à la cause. Je sentis que si elle prêchait aussi bien qu'elle pratiquait, j'aurais du plaisir à l'entendre, et je l'invitais à entrer.
Ce sourire toujours présent sur son visage semblait provenir d'une grande paix intérieure, et donnait à son visage, par ailleurs peu attrayant, un air de joie sainte qui captivait l'attention.
"J'ai reçu la vocation de laver et de prêcher. J'étais née prédicateur, et comme j'étais pauvre, j'ai appris à travailler. Je travaille bien, et l'on peut se fier à moi, aussi beaucoup de gens désirent-ils m'avoir, mais si je vais chez eux, ils doivent aussi recevoir ma prédication. Pas de sermon, pas de travail. A qui j'appartiens ? à Jésus, et je m'attends à Dieu pour toutes choses. Quand je n'ai pas d'ouvrage, je le dis au Père. Il est le meilleur des bureaux de placement ; il n'y a rien à payer, ni à attendre, Il envoie du travail tout de suite. Combien dans notre famille ? Quatre : le Père, le Fils, le Saint-Esprit et moi.
"Autrefois, j'avais trois cents dollars ( 1500 Frs) d'économies ; un misérable le découvrit et me persuada de l'épouser. J'étais une folle et je le fis. Au bout de trois semaines, il avait les trois cents dollars et partait avec. Eh bien ! j'estime que j'en ai été débarrassée à bon compte !
"J'avais désobéi au commandement : "Ne vous mettez pas sous un même joug avec les infidèles." Christ dit : "Prenez mon joug" mais il ne faut pas laisser le diable mettre sa tête d'un côté ; il n'y a pas moyen de tirer avec lui. Le diable m'avait fait monter dans le train pour l'enfer cette fois-là, et il en riait ; mais je suis descendue à la première station.
"Je ne suis jamais allée à l'école, mais j'appelle le temps de mon mariage "mon école privée". J'y suis allée trois semaines, prix : trois cents dollars. -Que deviendras-tu quand je serai loin ? me dit on mari en partant. - Oh ! va-t'en, lui dis-je, je me suis tirée d'affaire avant de t'avoir vu. Je vivrai par la foi.
Je ne l'ai jamais revu ; peut-être Dieu le sauvera-t-il. J'ai fait mon devoir, et je lui ai prêché. Je ne désire pas le revoir à moins qu'il ne soit né de nouveau. Mais maintenant je puis parler aux femmes que leurs maris ont abandonnées. J'ai du moins appris cela.
"Je voulus renoncer au blanchissage et j'allai travailler chez un relieur. Impossible d'y arriver ! Mon patron me dit : "Si vous ne pouvez pas travailler mieux que cela, vous ferez mieux de vous jeter à la mer. - Non, dis-je, non, ce n'est pas ainsi qu'il faut faire, je vais me jeter... dans l'amour de Dieu." Alors j'entrais en place dans la famille d'un pasteur. J'y fus éprouvée, je vous assure. Comment, frère, on parle de réformer les buveurs ? La meilleure chose qu'on pourrait faire serait de réformer les chrétiens. Il y a tant de chrétiens mélancoliques ; des chrétiens de cimetière que je les appelle. Ils sont assis sur des tombes, pleurant et se lamentant, ils n'entrent jamais dans la vie de la résurrection de Christ. Nous n'adorons pas un Sauveur mort, mais un Sauveur ressuscité ; et cependant il y en a tant qui s'arrêtent à la croix, satisfaits par le pardon de leurs péchés, au lieu d'avancer dans la communion avec le Christ ressuscité.
"Eh bien ! ce pasteur était ainsi. Le Père se servit de moi pour lui donner la lumière. Il me dit un jour :
"Sophie, comment faire pour avoir dans mes sermons la puissance que vous avez dans vos méditations aux réunions de prières ?"Oh ! c'est bien facile : exercez votre sermon une semaine avant de le prêcher. Je veux dire : mettez en pratique, vivez ce que vous prêchez pendant une semaine, puis visez bas et vous atteindrez sûrement quelqu'un. Vos sermons frappent le mur ; vous visez si haut !
"Sophie, dit-il, vous êtes toujours rassasiée tandis que je suis affamé."C'est votre faute ; allez à la table, elle chargée de biens ; servez-vous.
"Oh ! Sophie, je voudrais avoir votre patience et votre humilité ; mais mes nerfs sont si fatigués que je n'ai point de patience. "Ah ! lui dis-je, je ne puis pas vous en prêter, je n'en ai pas de trop, et vous ne pouvez pas en acheter à la pharmacie. Mais vous l'obtiendrez si vous lisez juste votre Nouveau Testament.
"Que voulez-vous dire ? Je le lis juste ! Je le lis en grec et en anglais !"Mais, frère, vous ne le lisez par bien. Frère Paul dit : "Glorifiez-vous dans les afflictions." Or,g-l-o-r-i-f-i-e-z ne s'épelle pas : gémissez, et vous lamentez. Si vous désirez la patience, glorifiez-vous dans l'affliction ; car Paul dit : "La tribulation produit la patience (c'est ainsi qu'on l'obtient) et la patience, la fidélité éprouvée, et l'espérance (Rom. V. 3, 4 et ) ; or l'espérance ne rend pas confus." Voyez comment vous pouvez monter par ces degrés jusqu'à une meilleure assurance, en commençant par le premier et en vous glorifiant au lieu de gémir ! Et quant à l'humilité, Pierre dit : "Soyez revêtu d'humilité" ; c'est inutile de demander cela dans les magasins de confection, ils ne tiennent pas cet article. Mais au lieu de me regarder avec envie, allez demander au Père un costume d'humilité pour vous. Il vous le donnera, il ne fait point d'acception de personnes.
"A propos d'habits, Sophie,; me dit-il, je m'habille très simplement, et vous vous habillez très élégamment pour une blanchisseuse ; comment pouvez-vous vous le permettre ?"Oh ! mes habits ne me coûtent rien. Je lave chez des dames qui me donnent de leurs robes. Pourquoi ne serais-je pas bien habillée ? Je suis l'enfant d'un Roi, et Dieu n'est pas un chiffonnier ! Quand j'ai besoin de quelque chose, je dis : "Père, je désire ceci ou cela", et si c'est bon pour moi, il me le donne toujours. Quelquefois le Père me dit : "Sophie, ce n'est pas bon pour toi." On ne donne pas aux enfants tous les objets pour lesquels ils pleurent.
"Nous demandons tant de choses insensées. Si nous les recevions, nous ne saurions qu'en faire. J'ai entendu parler d'un paysan venu en ville pour la première fois de sa vie. Il entra dans un restaurant et se dit qu'il allais se payer quelque chose de bon, quel qu'en fût le prix. Il vit un homme à la table voisine prendre un peu de moutarde sur son assiette, et il pensa que ce devait être bien bon et bien cher, puisqu'on en prenait si peu. "Tant pis si cela me coûte cher, je veux en avoir !" Alors il dit au garçon de lui en apporter pour un dollar ; on en apporta une assiette pleine. Il en prit une grande cuillerée qui lui brûla le palais ; il la cracha et n'en désira plus !
"Ainsi nous demandons des choses qui nous brûleraient si le Père nous les accordait et dont nous serions heureux de nous débarrasser. Nous prions d'une manière insensée ; moi, pendant douze ans j'ai demandé : "Père ! fais de moi une missionnaire en pays lointain, je désire aller évangéliser les païens."
Un jour que je priais ainsi, le Père me dit :
* "Sophie, arrête-toi. Où es-tu née ?
* -en Allemagne, Père.
* -Où es-tu maintenant ,
* -En Amérique.
* -Eh bien, n'es-tu pas déjà missionnaire à l'étranger
* -C'est vrai.
* "Et le Père me dit encore :
* -Qui habite au-dessus de toi ?
* -Une famille suédoise.
* -Et au-dessus d'eux ?
* - Des Suisses, je crois.
* - Et dans la maison voisine, il y a des Italiens et quelques maisons plus loin, des Chinois. Et jamais tu n'as parlé de mon Fils à tous ces gens ! Crois-tu que je vais t'envoyer à des milliers de kilomètres chez les étrangers et les païens alors que tu en as autour de toi et tu ne t'es jamais inquiétée d'eux pour leur parler de leur âme ?"
Alors je me suis mise à l'oeuvre immédiatement et lorsque nous faisons le travail qui est à notre portée, Dieu nous en donne d'autre. J'avais quelques économies et j'appris que si je donnais quelques dollars, je pourrais faire étudier un jeune garçon au Japon. Je le fis et maintenant il est missionnaire dans son pays.
"Un jour, j'entendis parler des nègres dans le Sud" "Eh bien, Sophie, me dit le Père, tu peux certainement donner quelque chose pour eux." Mais, j'étais avare, et je me cramponnais à un demi-dollar jusqu'à ce que l'aigle qui est dessus criât ! J'étais troublée, il me semblait que le Père me disait : "Tout ce que tu as, je te l'ai donné et tu ne veux pas en rendre un peu ?" J'étais de plus en plus tourmentée, jusqu'à ce qu'enfin j'allais chez le pasteur et lui donnais suffisamment pour faire instruire une femme et maintenant j'ai une dame missionnaire qui instruit les Noirs dans le Sud. De sorte que je suis au Japon, dans le Sud et ici à New-York, prêchant à trois places comme si j'étais triple. Je vous le dis, mon frère, c'est une chose précieuse que de travailler pour Jésus."
Je me sentis alors bien petit vraiment, et en regardant Sophie, je ne m'aperçus plus de son apparence étrange, mais ne vis plus en elle que la fille du Roi. Voilà une femme qui travaillait et annonçait Christ, gagnant très peu et se privant cependant pour faire élever un missionnaire et envoyer une institutrice dans le Sud. Quelle leçon pour beaucoup d'entre nous !
"Comment faites-vous pour vivre et cependant pour donner autant ?" lui demandais-je.
"Oh ! je vis simplement. Mes habits ne me coûtent presque rien. Je prends une tasse de café et un petit pain pour mon déjeuner et j'ai mes autres repas dans les maisons où je travaille. Je n'ai qu'une petite chambre, c'est tout ce qu'il me faut ici ; mais, grâce à Dieu, j'ai une demeure dans le ciel. Mon frère aîné me la prépare et il reviendra pour me prendre avec Lui. Il l'a promis. Et si je meurs avant son retour, ce ne sera que déménager du sous-sol pour entrer dans la maison, où il n'y a pas de terme à payer, et qui ne sera pas hypothéquée. Je puis avoir confiance en Lui. Ne vend-on pas deux passereaux pour un sou Ces oiseaux ne vont jamais à l'église et cependant il n'en tombe pas un à terre sans la volonté du Père ; et je vaux bien davantage puisque je suis son enfant. Nous oublions que nous lui sommes précieux, mais Lui ne nous oublie jamais.
L'autre jour encore, j'ai reçu une leçon à ce sujet.
"Chaque matin, je lis dans ma bible ; j'appelle cela "ma lettre d'amour du Père". Quelquefois Il gronde un peu dans cette lettre, mais c'est pour redresser et corriger, et nous en avons besoin parfois. Ce matin-là, j'ouvrais ma bible à la prière "Notre Père qui es aux cieux" et je dis : "O Père, je sais cela par coeur, donne-moi quelque chose de frais !" Et je lus autre chose. Ce matin-là, je n'avais pas d'argent pour acheter mon café et mon petit pain. Je ne m'en inquiétais pas, pensant qu'à la maison où je travaillais, on me donnerait quelque chose, mais quand j'arrivais, on avait fini de déjeuner. "Tant pis, me dis-je, j'attendrai le dîner." Mais cette dame sortit, m'oublia complètement, ainsi point de dîner !
J'eus fini mon travail de bonne heure et je rentrais chez moi affamée et prête à pleurer et je dis : "Père, comment se fait-il que tu dises : "Je ne t'abandonnerai jamais" et j'ai travaillé tout le jour et n'ai rien mangé ?" Je me mis donc à me lamenter. "Voyons, Sophie, me dit le Père, parlant presque distinctement à mon âme, ce matin tu as lu dans mon livre et en arrivant à la prière qui dit : "donne-nous aujourd'hui notre pain quotidien," tu ne l'as pas lue, tu m'a demandé quelque chose de frais Cette prière a-t'elle vieilli ?" Aussitôt je vis ma faute. Je tombais à genoux et dis :"Père, pardonne-moi ; donne-moi aujourd'hui mon pain quotidien, car ton enfant a faim."
"Quand je me relevais, j'entendis frapper à ma porte, et ma propriétaire entra, m'apportant une tasse de café et des biscuits. "J'ai pensé que vous seriez fatiguée et que peut-être vous n'aimeriez pas vous faire à souper, aussi je vous ai apporté ceci", dit-elle. Alors je remerciais Dieu et rendis grâce à haute voix.
"Ah ! je vous le dis, frère, nous oublions si vite ces bénédictions quotidiennes qui nous sont données naturellement. Il y a quantité de gens qui ne sont jamais assez polis pour dire merci à Dieu pour les centaines de dons qu'ils en reçoivent chaque jour.
"Le mari de ma propriétaire entendit mes actions de grâce et vint voir ce qu'il y avait. C'est un incrédule, mais il fut touché lorsque je lui racontais la réponse à ma prière.
"Sa femme est catholique. Elle me dit un jour :
"Sophie, vous louez toujours Jésus, et vous parlez de Jésus, pourquoi ne parlez-vous jamais à la Sainte Vierge ? Moi je la prie et j'espère la voir au ciel
"Eh bien, lui dis-je, si vous désirez voir un jour la mère de Jésus, il vous faut premièrement faire la connaissance de son Fils, sans quoi vous n'entrerez jamais au ciel.
"Mais, dit-elle, Saint Pierre n'en tient-il pas les clefs ?
"Peu m'importe qui tient les clefs, répondis-je, car Jésus dit : "Je suis la porte, si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé." Et comme j'ai la porte ouverte, je n'ai pas besoin de savoir qui a les clefs."
"Qu'il est précieux d'avoir Jésus seul et de vivre pour Lui Mais maintenant je dois partir, frère ; je reviendrai, si le Père le permet."
Je l'accompagnais et lui dis au revoir puis je rentrais dans ma chambre et je remerciais Dieu pour le sermon que j'avais entendu. Un moment j'avais été assis dans les lieux céleste en Jésus-Christ. Il y avait autour de cette simple blanchisseuse une atmosphère du ciel qui semblait m'élever dans une plus intime communion avec Dieu mon Père. Les leçons de confiance et de fraternité avec Christ que j'ai apprises d'elle m'ont aidé à marcher vers la cité céleste et vers le Roi. Et je me réjouis du moment où j'aurai une autre occasion d'entendre un des sermons de Sophie.
H.B. GIBBUD
Sophie n'est pas un personnage fictif : d'origine suédoise, elle vécut de longues années à New-York où elle était très connue.
Traduit par Melle H. JUILLERAT
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01.02.2009
Des fleuves d’eau vive…
Apocalypse 22/1
"Après cela, l'ange me fit voir un fleuve d'eau vive, clair comme du cristal, qui sortait du trône de Dieu et de l'Agneau." Ostervald
"Finalement, l'ange me montra le fleuve de la Vie. Ses eaux jaillissaient du trône de Dieu, limpides comme du cristal." Parole Vivante
Evangile de Jean 7/37-39
"Le dernier et le grand jour de la fête, Jésus se trouvait là, et s'écriait : Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive.
Celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein, comme dit l'Ecriture.
(Or, il dit cela de l'Esprit que devaient recevoir ceux qui croiraient en lui ; car le Saint-Esprit n'avait pas encore été donné, parce que Jésus n'était pas encore glorifié)." Ostervald
"Le dernier jour de la fête, le jour le plus solennel, Jésus se tint devant la foule et lança à pleine voix :
Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive !
Comme le dit l'Ecriture, des fleuves d'eau vive jailliront de l'être intérieur de celui qui place sa confiance en moi.
En disant cela, il faisait allusion à l'Esprit que devaient recevoir plus tard ceux qui croiraient en lui. En effet, à ce moment-là, l'Esprit n'avait pas encore été donné parce que Jésus n'était pas encore entré dans sa gloire." Parole Vivante
Ephésiens 3/14-21
"C'est pour ce sujet que je fléchis les genoux devant le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, de qui toute famille, dans les cieux et sur la terre, tire son nom ;
Afin que, selon les richesses de sa gloire, il vous donne d'être puissamment fortifiés par son Esprit, dans l'homme intérieur,
Afin que Christ habite dans vos coeurs par la foi ;
Et que, enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez comprendre, avec tous les saints, qu'elle en est la largeur, la longueur, la profondeur et la hauteur,
Et connaître l'amour de Christ, qui surpasse toute connaissance, afin que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu.
Or, à Celui qui peut faire, par la puissance qio agit en nous, infiniment plus que tout ce que nous demandons et que nous pensons ;
A lui soit la gloire dans l'Eglise, par Jésus-Christ, dans tous les âges, aux siècles des siècles ! Amen !" Ostervald
"Lorsque je considère la grandeur de ce plan, je tombe en adoration devant le Père -ce Père à qui toutes les familles du ciel et de la terre doivent leur existence et leur nature. Ses ressources sont infinies. Il tient des trésors de grâce à votre disposition.
Je lui demande que, par son Esprit, vous puissiez vous en saisir. Qu'il vous fortifie et qu'il renouvelle votre être intérieur afin que vous puissiez grandir et progresser.
Que, par votre foi, Christ puisse faire, de vos coeurs, sa demeure permanente. Alors, solidement fondés sur lui, plongeant vos racines profondément dans l'amour, vous serez aussi à même, dans la communion avec les autres chrétiens, de sonder toutes les dimensions du plan de Dieu pour vous, et de réaliser combien long, large, profond, élevé est l'amour de Christ.
Que vous puissiez connaître vous-mêmes cet amour bien qu'il surpasse tout ce qu'il est possible de connaître ici-bas, jusqu'à ce que votre être soit rempli de la pleine Présence divine.
A celui qui, par la puissance qui agit en nous, peut réaliser infiniment au-delà de ce que nos prières peuvent demander ou que notre imagination ose espérer, à lui soit la gloire dans l'Eglise et en Jésus-Christ à travers toutes les générations jusqu'aux temps infinis du monde à venir." Parole Vivante
O mon Sauveur, ô source intarissable !
De tout vrai bien, de douceur, de bonté !
Tu réunis dans ton être adorable
Tous les trésors de la Divinité !
Seigneur Jésus, sois à jamais ma gloire ;
Sois mon amour, ma joie et ma douceur ;
Sois mon rempart, ma force, ma victoire,
Ma paix, mon bien, ma vie et mon bonheur.
Sois à jamais toute mon espérance ;
Sois mon secours, mon guide, mon Sauveur ;
Sois mon trésor, ma fin, ma récompense ;
Mon seul partage et le tout de mon cœur.
Sur les Ailes de la Foi – n° 153
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