30.03.2009
La semence, c’est la Parole
Je pense que l’on peut dire sans hésiter que, dans toute la nature, rien n’illustre de manière plus nette et plus vraie que la semence, ce qu’est la Parole de Dieu. En étudier toutes les implications spirituelles est une merveilleuse possibilité de mieux connaître la grâce.
Les parallèles sautent aux yeux. La semence est insignifiante –elle est minuscule- si on la compare à l’arbre qu’elle produit. La vie se trouve en veilleuse dans une enveloppe. Elle a besoin d’un terrain favorable sans quoi elle ne pourrait croître. Le développement sera lent, et ce long laps de temps réclame de la patience chez le jardinier. Grâce au fruit, la semence se reproduit et se multiplie. Sous ces divers aspects, la semence nous enseigne des leçons infiniment précieuses quant à l’utilisation que nous faisons de la Parole de Dieu.
D’ABORD, LA LECON DE LA FOI.
La foi ne regarde pas aux apparences. A en juger les apparences, il semble absolument improbable que la Parole de Dieu puisse communiquer la vie à l’âme, puisse produire en nous cette grâce dont elle parle, puisse transformer notre être tout entier, puisse nous remplir de force. Et cependant, il en est ainsi. A partir du moment où nous avons appris à croire que la Parole peut matérialiser la vérité qu’elle exprime, nous avons découvert l’un des secrets essentiels de notre étude biblique. Nous recevons dès lors chaque parole divine comme la promesse et la réalisation d’une œuvre divine.
VIENT ENSUITE LA LECON DU TRAVAIL
La semence doit être engrangée et conservée, puis déposée dans un terrain préparé. Ainsi notre esprit doit-il recueillir des semences dans l’Ecriture et comprendre les paroles qui répondent à nos besoins ; il doit ensuite les transmettre à notre cœur, seul terrain dans lequel puisse croître cette semence céleste. Nous ne pouvons ni donner la vie, ni faire croître. Il n’est d’ailleurs pas nécessaire que nous le fassions ; c’est déjà fait. Mais nous pouvons néanmoins cacher la Parole dans notre cœur, l’y conserver et attendre que le soleil brille et l’éclaire.
LA SEMENCE INSTRUIT AUSSI SUR LA PATIENCE
Dans la plupart des cas, l’effet de la Parole dans le cœur n’est pas immédiat. Elle demande du temps pour prendre racine et croître. Les paroles de Christ doivent demeurer en nous. Non seulement devons-nous, jour après jour, augmenter notre degré de connaissance de la Bible –ce qui correspond à l’acte de rentrer le grain- mais nous devons en outre observer les commandements et les promesses qui correspondent à notre personne et leur accorder de la place dans notre cœur, afin que poussent à la fois des racines et des branches. Nous devons savoir quelle graine nous avons semée et l’entourer d’une attente vigilante, mais patiente. Nous moissonnerons en temps voulu si nous ne décourageons pas.
« LA VIE INTERIEURE » - Andrew MURRAY –
A suivre…
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26.03.2009
Le battant de Dieu
Le cœur débordant, pleins d'héroïsme et de compassion, doivent être les hommes qui se saisissent et transforment une génération pour leur Dieu. S'ils sont asservis au temps, s'ils aiment la première place, s'ils craignent les hommes ou cherchent à leur plaire, si leur foi ne se saisit que de peu de Dieu et de Sa Parole, si leur abnégation est parfois teintée de vie personnelle ou mondaine, ils ne pourront pas plus se saisir de l'Eglise que du monde pour leur Maître.
La prédication la plus sévère et la plus forte du prédicateur doit être pour lui-même. Son œuvre la plus difficile, délicate, laborieuse et complète doit être avec lui-même. La préparation des douze disciples fut le travail de Christ le plus grand, le plus difficile et le plus dur à supporter. Les ministres de l'Evangile ne doivent pas être des faiseurs de sermons, mais des faiseurs d'hommes, des faiseurs de saints, et celui-là est compétent pour ce travail qui est d'abord devenu un homme et un saint.
E.M. Bounds
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22.03.2009
La sainteté et le corps (suite)
Dieu, et Dieu en Christ, est celui qui sanctifie et qui garde le corps comme l’esprit. La garde des murailles de la cité doit être confiée à Celui qui règne dans la ville. « J’ai la conviction qu’il a la puissance de garder mon dépôt pour le grand jour », de garder ce que je lui ai confié ; cela doit devenir aussi définitivement vrai du corps et de chacune de ses fonctions dont nous avons le sentiment qu’elle peut être ou qu’elle est une occasion de doute ou de chute, que cela a été vrai de l’âme que nous lui avons confiée pour le salut.
… ; le corps, ou telle partie du corps qui a besoin d’être sanctifiée, doit être un dépôt fait entre les mains de Jésus.
La foi doit avoir confiance dans le fait qu’il a accepté et le dépôt et la garde du dépôt ; la prière et la louange doivent renouveler journellement cette assurance, confirmer la remise du dépôt et maintenir la communion avec Celui qui en a pris la charge. Demeurant ainsi en lui, en sa sainteté, nous recevrons dans une vie de foi et de joie la force de prouver, même dans notre corps, combien pleinement, complètement nous sommes en Celui qui a été fait pour nous sanctification, et combien réelle et vraie la sainteté de Dieu dans ceux qui font partie de son peuple.
« Soyez saints comme je suis saint ».
1. Dans le tabernacle et dans le temple, la partie matérielle devait être en harmonie avec la sainteté qui habitait à l’intérieur et comme l’incorporation de cette sainteté. Aussi tout devait-il être fait selon le modèle donné sur la montagne. Dans les deux derniers chapitres de l’Exode, nous trouvons dix-huit fois ces mots : « Selon que l’Eternel l’avait commandé ».
2. « Si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez ». L’énergie vivifiante de l’Esprit doit régner sur tout l’être.
Nous sommes tellement habitués à allier le spirituel à l’idéal et à l’invisible, qu’il faudra du temps, de la réflexion et de la foi pour nous rendre un compte exact de l’influence du physique et du sensible sur notre vie spirituelle, et pour que nous comprenions la nécessité l’un et l’autre sous la discipline et l’inspiration du Saint-Esprit. Même Paul dit : « Je traite durement mon corps … ».
3 Si Dieu a positivement soufflé de son Esprit dans le corps d’Adam, formé de terre, ne trouvons pas étrange que le Saint-Esprit anime aussi nos corps de son énergie sanctifiante.
4 La corporalité (ou matérialité) est le but des voies de Dieu. Cette parole profonde d’un ancien théologien nous rappelle une vérité trop négligée. La grande œuvre de l’Esprit de Dieu et de s’allier à la matière afin d’en faire un corps spirituel qui devienne la demeure de Dieu. Le Saint-Esprit veut faire cette œuvre dans notre corps, si nous lui en laissons la pleine possession.
5 C’est sur cette vérité de la puissance du Saint-Esprit sur le corps que repose ce qu’on appelle la guérison par la foi. A travers tous les âges, Dieu a donné à quelques-uns de ses enfants de voir comment Christ est prêt à rendre le corps, même ici-bas, participant de la vie et de la puissance du Saint-Esprit. Pour ceux qui le voient, le chaînon qui relie la sainteté à la guérison est précieux et béni, lorsque le Seigneur Jésus prend possession pour lui-même de notre corps.
Fin
« SAINTS EN CHRIST » - Andrew MURRAY –
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18.03.2009
La sainteté et le corps
« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? »
1 Corinthiens 3/16
« …, car le temple de Dieu est saint, et vous êtes ce temple. »
1 Corinthiens 3/17
« Toutes choses me sont permises, mais toutes ne sont pas profitables ; toutes choses me sont permises, mais je ne rendrai esclave d’aucune.
Les aliments sont pour le ventre, et le ventre pour les aliments ; mais, Dieu détruira et ceux-ci et celui-là. Et le corps n’est point pour l’impudicité, mais pour le Seigneur, et le Seigneur pour le corps. »
1 Corinthiens 6/12-13
« Ne savez-vous pas que votre corps est le temple du Saint-Esprit, qui est en vous, et qui vous a été donné de Dieu, et que vous n’êtes point à vous-mêmes ?
Car vous avez été rachetés à un grand prix ; glorifiez donc Dieu en votre corps et en votre esprit, qui appartiennent à Dieu. »
1 Corinthiens 6/19-20
… La relation entre le corps et l’esprit est si intime, la puissance du péché sur l’esprit s’exerce tellement par le moyen du corps, le corps est si clairement l’objet de la rédemption de Christ et du renouvellement du Saint-Esprit, que notre étude serait singulièrement incomplète si nous ne relevions pas l’enseignement de l’Ecriture sur la sainteté du corps.
On a dit très justement que le corps est, pour l’âme et l’esprit qui l’habitent et qui y agissent, comme les murailles d’une cité. C’est pas ces murailles que l’ennemi entre.
En temps de guerre, tout cède devant la nécessité de défendre les murailles. C’est bien souvent parce que le croyant ne comprend pas l’importance de défendre les murailles en gardant son corps dans la sainteté, qu’il manque à conserver son âme et son esprit irrépréhensibles. Ou c’est parce qu’il ne comprend pas que la garde et la sanctification du corps dans toutes ses parties doit être aussi distinctement une œuvre de foi, et aussi directement une œuvre qui s’accomplit par la toute-puissance du Seigneur Jésus et l’habitation du Saint-Esprit que lorsqu’il s’agit du renouvellement de l’homme intérieur, c’est pour cette raison que les progrès dans la sainteté sont si faibles ;
Afin de nous rendre bien compte de la signification de ce que j’avance, souvenons-nous que ce fut par le corps que le péché entra dans le monde.
La femme vit l’arbre qui était bon à manger, ce fut la tentation en la chair ; par cette tentation, l’âme fut atteinte : « le fruit de l’arbre était agréable à la vue » ; par l’âme, la tentation passa dans l’esprit, qui désira le fruit précieux pour ouvrir l’intelligence.
Dans la description que Jean, dans sa première épitre 2/15, fait de ce qui est dans le monde, nous retrouvons cette triple division : « La convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l’orgueil de la vie ».
Et les trois tentations de Jésus par Satan correspondent exactement à cette triple division.
Satan chercha premièrement à atteindre le Seigneur par le corps ; il lui suggéra l’idée de satisfaire sa faim en faisant du pain ; en second lieu, il fait appel à l’âme dans la vision des royaumes de ce monde et de leur gloire ; par la troisième tentation, il en appelle à l’esprit et le somme, en quelque sorte de prouver, d’affirmer que lui, Jésus, est le Fils de Dieu, en se jetant du haut du temple en bas. Même pour le Fils de Dieu, la première tentation s’est présentée, comme pour Adam et pour tous les autres hommes après lui, sous la forme d’une convoitise de la chair, et comme désir de satisfaire l’appétit naturel et légitime de la faim.
« SAINTS EN CHRIST » - Andrew MURRAY –
A suivre…
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14.03.2009
La prière d'intercession
Une communauté chrétienne vit de l'intercession de ses membres, sinon elle meurt.
Quand je prie pour un frère, je ne peux plus en dépit de toutes les misères qu'il peut me faire, le condamner ou le haïr. Si odieux et si insupportable que me soit son visage, il prend au cours de l'intercession l'aspect de frère pour lequel le Christ est mort, l'aspect du pécheur gracié. Quelle découverte apaisante pour le chrétien que l'intercession : il n'existe plus d'antipathie, de tension ou de désaccord personnel dont, pour autant qu'il dépend de nous, nous ne puissions triompher. L'intercession est bain de purification où, chaque jour, le fidèle et la communauté doivent se plonger. Elle peut signifier parfois une lutte très dure avec tel d'entre nos frères, mais une promesse de victoire repose sur elle.
Comment est-ce possible ? C'est que l'intercession n'est rien d'autre que l'acte par lequel nous présentons à Dieu notre frère en cherchant à le voir sous la croix du Christ, comme un homme pauvre et pécheur qui a besoin de sa grâce. Dans cette perspective, tout ce qui me le rend odieux disparaît, je le vois dans toute son indigence, dans toute sa détresse, et sa misère et son péché me pèsent comme s'ils étaient miens, de sorte que je ne puis plus rien faire d'autre que prier : Seigneur agis toi-même sur lui, selon Ta sévérité et Ta bonté. Intercéder signifie mettre notre frère au bénéfice du même droit que nous avons reçu nous-mêmes ; le droit de nous présenter devant le Christ pour avoir part à sa miséricorde.
Par là nous voyons que notre intercession est un service que nous devons chaque jour à Dieu et à nos frères. Refuser à notre prochain notre intercession c'est lui refuser le service chrétien par excellence. Nous voyons aussi que l'intercession est, non pas une chose générale, vague, mais un acte absolument concret. Il s'agit de prier pour telles personnes, telles difficultés et plus l'intercession est précise, et plus aussi elle est féconde.
Dietrich BONHOEFFER
Grand théologien de l'Eglise luthérienne allemande, pasteur,
Dietrich Bonhoeffer lutta ouvertement et jusqu'à sa mort contre le nazisme.
(1906 - 1945)
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10.03.2009
Deux sagesses oposées
… « Dieu n’a-t-il pas voué à l’impuissance la sagesse du monde et démontré son incapacité ? Ne l’a-t-il pas écartée comme inepte et changée en folie ?
En effet, jamais encore le monde, avec toutes ses philosophies, n’est parvenu à trouver Dieu ou à la comprendre. Là où Dieu s’est révélé dans sa sagesse divine, le monde, par le moyen de la sagesse, ne l’a pas reconnu. Il n’a su tirer profit ni de la sagesse divine, ni de la sienne propre pour acquérir la connaissance de Dieu. C’est pourquoi Dieu a jugé bon de donner cette connaissance aux hommes qui placeraient leur confiance en lui, il s’est plu à conduire au salut, par un message taxé de « folie », tous ceux qui consentent à croire en lui.
…
Dieu a choisi ce que le monde considère comme une folie pour confondre les gens « intelligents ». Il a délibérément pris ce qui est faible et chétif pour faire honte aux puissants.
Ce qui n’avait ni noblesse ni distinction ici-bas, Dieu l’a distingué et l’a pris pour renverser l’ordre existant. Il a choisi les gens considérés comme insignifiants pour laisser sombrer dans le néant ceux qui se croient importants.
Ainsi, aucune créature ne pourra s’enorgueillir en présence de Dieu ou se prévaloir de quelque titre devant lui.
Or, c’est grâce à ce Dieu que vous appartenez à Jésus-Christ et que vous avez été incorporés à lui. Si vous vivez en communion avec Christ, c’est à Dieu seul que vous le devez, c’est par sa volonté que Jésus-Christ est devenu tout pour nous. Dieu a fait de lui notre vraie « sagesse », c’est –à-dire notre justice, notre sanctification et notre rédemption. En lui nous sommes sauvés, consacrés à Dieu et libérés du mal. Ainsi se réalise cette parole de l’Ecriture : « Si quelqu’un veut éprouver de la fierté, que ce soit au sujet de ce que le Seigneur a fait et de ce qu’il lui a donné. » Jérémie 9/24
I Corinthiens 1/20-31 (Parole Vivante)
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06.03.2009
La présence du Seigneur
Ou donc réaliser la présence du Seigneur ici-bas ?
Nous ne manquons pas de lieux de cultes: cathédrales, temples, chapelles, locaux religieux où les hommes sont conviés à rencontrer Dieu. Mais le Seigneur n'habite pas dans des temples faits de main d'homme (Actes 17 v.24). Si dans l'Ancienne Alliance il y avait «un lieu» que les Israélites devaient rechercher, lieu que Dieu avait choisi pour y faire habiter Son Nom (Deut. 12 et 26), il n'en est plus ainsi dans l'économie nouvelle.
Le Seigneur ne se trouve pas d'avance dans un lieu déterminé où il invite hebdomadairement, ou plus souvent, les fidèles à venir le trouver et l'adorer. Notre vie tout entière doit être un culte rendu à Dieu(Hébreux 13.15 ; Romains 12.1-2 ; 1 Corinthiens 6 19-20). S'adressant à la femme Samaritaine, Jésus pouvait lui dire:
«Femme, crois-moi, l'heur vient où ce ne sera ni sur cette montagne, ni a Jérusalem... mais l'heure vient, et elle est déjà venue, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité; car ce sont là les adorateurs que le Père demande.» (Jean 4.21-24). La conception du lieu a donc pris fin avec Jésus. Plus tard, Il dira à Ses disciples:
«Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis là au milieux d'eux.» (Matthieu 18.20).
La présence du Seigneur dans un lieu est donc la conséquence du rassemblement des fidèles et non la cause de leur rassemblement, ce que beaucoup oublient ou confondent.
«Là», désigne le lieu providentiel où les croyants se rassemblent;
«où deux ou trois», c'est l'expression d'un témoignage publice;
«sont assemblés», c'est la manifestation, d'une part de leur unité, et d'autre part de leur séparation;
«en mon nom», c'est l'autorité dont ils se réclament et qui les gouverne;
«je suis là», c'est l'ineffable présence dont ils sont favorisés;
«au milieux d'eux», c'est leur centre divin.
Il est évident que pour des questions d'ordre et de facilité, des lieux peuvent être choisis et consacrée pour s'y rencontrer au nom du Seigneur et obéir à l'ordre de la Parole (Hébreux 10.25). Mais veillons à nous souvenir toujours que le Seigneur ne rattache pas Sa présence à un édifice ou à un local quelconque, mais aux coeurs qui s'y rassemblent selon Sa pensée, soit pour proclamer l'Evangile au monde, à la multitude, soit pour s'édifier ensemble dans la foi, soit pour prier en commun, soit pour adorer Dieu et célébrer la Cène du Seigneur jusqu'à ce qu'Il vienne.
Gaston Racine
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02.03.2009
Etre chrétien seul
Il y a dans la vie du chrétien des heures, des journées, des périodes où nous éprouvons les grâces sensibles de notre Dieu. Temps heureux, jours de bonheur où l'âme est consciente de l'amour de son Sauveur et reconnaît que Ses commandements ne sont pas pénibles (Un 5.3). Puis, soudainement, le chrétien se trouve plongé dans les ténèbres.
Les jours mauvais ne nous ont peut-être pas encore atteints dans toute leur rigueur, mais cependant nous ressentons que nous ne sommes plus au pays de l'abondance spirituelle, mais dans le désert, le jeûne et la solitude aux affreux hurlements.
La satisfaction intérieure comme jadis fait place à un sentiment de médiocrité profonde. Un essaim de mauvaises pensées nous assaille, certains souvenirs, certaines images nous obsèdent et une voix nous crie : « Ote donc ton masque, tu n'es qu'un vil hypocrite, tu es indigne de l'amour de Dieu, et cela est si vrai que tu n'éprouves plus Sa tendresse ! Dieu t'abandonne, te rejette, ne répond plus même à ta prière. Tu as vécu dans l'illusion, et maintenant tu es seul... seul... et personne ne peut vraiment te secourir. »
C'est l'heure favorable où le tentateur s'approche pour s'essayer de nous détourner de la volonté de Dieu en nous suggérant mille moyens de nous sortir de peine sans Dieu, puisque Dieu semble nous avoir abandonnés et livrés à la merci du destructeur, qui se fait soudain séducteur. Comme Jésus au jour de la tentation, il est important pour nous de savoir répondre à Satan : « II est écrit ».
Certes, au point culminant de l'épreuve, nous ne sentons peut-être plus l'amour de Dieu et nous ne voyons plus le Seigneur, mais nous savons ce que dit la Bible : « Dieu constate son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous » (Rm 5.8).
Voilà ce que je sais ! Voilà ce qui est vrai !
Je ne suis pas plus aimé de Dieu quand je nage dans la joie, ni moins aimé de Lui quand je traverse la vallée des larmes. Il ne m'aime pas parce que je me crois blanc, et ne cesse pas de m'aimer quand je me vois tout noir ! Dieu M'aime tel que je suis. Son amour est immuable.
Cette certitude doit nous amener à une stabilité spirituelle merveilleuse qui se manifestera par une dépréoccupation plus totale de nous-même et de ce que nous ressentons, afin qu'en tout temps nous puissions rendre témoignage au grand amour de Dieu.
Gaston RACINE
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