31.05.2009

La Communion de l’Esprit Andrew MURRAY

« Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint-Esprit, soient avec vous tous !».

                                                                                                                                         II Corinthiens 13. 13

 

Dans ce verset, nous avons une des principales caractéristiques et une des principales activités du Saint-Esprit. C’est par le Saint-Esprit que le Père et le Fils sont un, et c’est par le Saint-Esprit qu’ils sont en communion l’un avec l’autre dans la Divinité. Car le Saint-Esprit est la vraie vie de la Divinité.

 

Nous sommes en communion avec le Père et le Fils par le Saint-Esprit. « Notre communion est avec le Père et le Fils » (I Jean 1. 3) « Et nous connaissons qu’Il demeure en nous par l’Esprit qu’Il nous a donné » (I Jean 3. 24). Par l’Esprit nous connaissons et nous expérimentons la communion de l’amour dans la vie avec le Père et le Fils.

 

Par l’Esprit, nous, enfants de Dieu, nous sommes en communion l’un avec l’autre. Dans le cœur d’un enfant de Dieu, il ne doit pas y avoir d’égoïsme, ni d’intérêt personnel. Nous sommes membres d’un Corps. « Il n’y a qu’un seul Corps, et un seul Esprit » (Ephésiens 4. 4).

 

Et par l’Esprit, l’unité du Corps de Christ doit être maintenue. Une raison pour laquelle le Saint-Esprit ne travaille pas avec plus de puissance dans l’Eglise, c’est que l’on recherche fort peu l’Unité de l’Esprit. A la Pentecôte, après dix jours passés dans la prière en commun, les 120 furent unis ensemble en un seul corps. Ils reçurent le Saint-Esprit en communion l’un avec l’autre.

 

Nous avons la communion par le pain et le vin quand nous nous rencontrons à la table de communion ; nous sommes aussi en communion l’un avec l’autre par les épreuves des autres membres du corps de Christ. C’est toujours : « La communion de l’Esprit soit avec vous, maintenant et à jamais ». Rappelons-nous les paroles du texte de l’Epître aux Galates au sujet des fruits de l’Esprit, et présentons ce texte à l’Esprit dans la prière, et nous manifesterons ainsi notre amour pour tous les enfants de Dieu.

 

Dans le ciel, il y a une éternelle communion d’amour entre le Père et le Fils par l’Esprit.

Désirons-nous réellement et ardemment être remplis de l’Esprit ?

Offrons-nous nous-mêmes à Dieu, en le suppliant de nous accorder l’unité de l’Esprit et la communion de l’Esprit avec tous les autres membres du Corps de Christ.

 

 

                                                                                                                                                                    A suivre demain, Lundi 1er juin 2009

« LE SECRET DE LA PUISSANCE D’EN-HAUT » - Andrew MURRAY

30.05.2009

Le Temple de Dieu Andrew MURRAY

« Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu habite en vous ? … ; car le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes ».

                                                                                                                                       1 Corinthiens 3. 16, 17

 

De toute éternité, ce fut le désir de Dieu de créer l’homme comme une habitation dans laquelle Il manifesterait Sa gloire. Par le péché de l’homme ce plan parut voué à l’échec. Par son peuple d’Israël, Dieu a cherché un moyen d’accomplir Son plan. Il aurait une demeure au milieu de Son peuple –d’abord un tabernacle, puis un temple- une demeure dans laquelle Il pourrait habiter. Ce n’était que l’ombre et l’image de l’habitation réelle de Dieu parmi le peuple des rachetés, qui serait Son temple pour l’éternité. Ainsi nous formons « un temple saint dans le Seigneur », « une habitation de Dieu en Esprit » Ephésiens 2. 21 et 22

 

Actuellement, depuis que le Saint-Esprit a été répandu, Dieu a sa demeure dans chaque cœur qui a été purifié et transformé par l’Esprit. Ce message parvient à chaque croyant, faiblement peut-être : « Ne savez-vous pas ? Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu ? » Combien cette vérité est peu connue, combien peu en font l’expérience ! Et pourtant : « Le temple de Dieu est saint, et c’est ce que vous êtes ».

Paul se rend lui-même ce témoignage : « Christ vit en moi ».

 

Telle est la plénitude de l’évangile qu’il prêchait : « Les richesses de la gloire de mystère : Christ en vous ». C’est pourquoi il priait si ardemment pour les croyants, pour que Dieu les fortifie par l’Esprit dans l’homme intérieur ; pour que Christ habite dans leurs cœurs par la foi (Ephésiens 3. 16 et 17) Oui c’est ce que notre Seigneur lui-même a promis : « Celui qui m’aime gardera Mes paroles, et Mon Père l’aimera, et Nous viendrons à lui et Nous ferons Notre demeure chez lui ». (Jean 14. 23)

 

N’est-ce pas étrange que les chrétiens soient si lents à recevoir et à adorer cette merveille de la grâce ?

 

C’est par le Saint-Esprit que vous serez sanctifiés pour être le Temple de Dieu, et vous ferez l’expérience que Christ, avec le Père, viendra faire Sa demeure dans votre cœur.

Désirez-vous que le Saint-Esprit vous enseigne à prier ? Il le fera à une unique condition : que vous vous abandonniez vous-même entièrement à sa direction.

 

« LE SECRET DE LA PUISSANCE D’EN-HAUT » - Andrew MURRAY

                                                                                                             A suivre demain, Dimanche 31 mai 2009

29.05.2009

DANS LE SAINT-ESPRIT

 - SUITE D’HIER, JEUDI 28 MAI 2009

 

Le Christ est intérieur à l’homme et il attire l’homme en lui-même.

L’homme a part au Christ, qui est aussi la vie de sa vie. Tout cela est fait dans le Saint-Esprit. Les fondements en ont été jetés à la Pentecôte …

LE SAINT-ESPRIT…

C’est lui qui a porté le Verbe dans l’existence humaine.

 

C’est de lui que Marie a conçu le Fils de Dieu, qui est devenu homme. (Matthieu 1, 18)

 

Dans l’Esprit, il y a des relations infiniment aisées entre le Fils de Dieu et la nature humaine de Jésus, une intimité inexprimable ; c’est un mystère de la vie intérieure, dont nous ne savons rien.

 

C’est dans cet Esprit, que Jésus a vécu, parlé, agi ; qu’il a subi son destin, qu’il est mort et ressuscité, ressuscité sous une forme nouvelle et glorieuse. L’intimité existant entre la personne du Verbe et la nature humaine du Christ est devenue, en éclatant au dehors, un état. C’est sa transfiguration, son état glorieux.

Le Seigneur ressuscité est Jésus de Nazareth, dans lequel le Fils de Dieu est devenu tout à fait manifeste ; dans lequel la Parole du Père s’exprime toute entière.

Quand il fut monté au ciel, le Saint-Esprit a pratiqué dans l’homme une ouverture, un espace intérieur, dans lequel le Seigneur transformé a pu pénétrer.

Et maintenant il est en nous et nous sommes en lui, dans le Saint-Esprit.

 

Dans le Christ, nous aimons, par grâce, le Père comme il l’aime. Par lui, nous sommes, vis-à-vis du Père, connus et connaissant, illuminés de sa Vérité et la lui réfléchissant à notre tour.

Ce n’est qu’ainsi que nous comprenons les relations que, d’après la volonté de Christ, les rachetés doivent avoir les uns vis-à-vis des autres. Dans la famille humaine aussi s’est établie, comme dit Paul, cette intimité dans laquelle vit le Christ, c’est l’Eglise. Elle est « corps », les individus sont ses membres ; dès lors chacun est membre de l’autre, sa force et son secours (Romains 12, 5 ; 1 Corinthiens 12, 12 ; Colossiens 4, 4) Ce qui atteint l’un, atteint l’autre, ce qui profite à l’un, est utile à l’autre et chacun a sa part de l’autre. Seulement, tout cela reste encore voilé.

Nous ne le voyons pas, mais devons le croire.

Tout n’est pas achevé non plus, mais seulement commencé. Alors tout reste laborieux et des oppositions se dressent de tous côtés. Partout l’égoïsme personnaliste met un verrou devant l’altruisme communautaire qui voudrait jaillir de l’intérieur. Partout la froideur et la pesanteur du moi étouffent l’intimité qui voudrait s’établir. Etre le prochain, c’est supprimer l’exclusivité : Moi et non pas toi, le mien et non pas le tien ; mais sans cette conséquence néfaste, de perdre sa forme et sa dignité.

 

Etre le prochain, ne demande pas qu’on augmente ce qui est possible aux forces et aux dispositions humaines, mais nécessite quelque chose de nouveau, venant de Dieu, quelque chose qui est au-dessus des distinctions et liaisons ordinaires, une nouvelle manière d’être : l’amour du Saint-Esprit entre les hommes.

 

Fin

28.05.2009

JE M’EN VAIS ET REVIENS VERS VOUS II

  - SUITE D’HIER, MERCREDI 27 MAI 2009

 

Entre le Dieu vivant et tout le reste, il n’y a pas seulement la distance de l’infinité qui sépare Créateur et créature, celle de la grâce qui sépare la vie divine de la nature pure, mais encore l’opposition existant entre le Saint et le pécheur, abîme que seul l’amour de Dieu peut franchir. A côté de cela, la différence entre l’esprit humain et le corps s’atténue jusqu’à devenir insignifiante.

L’amour rédempteur de Dieu ne s’adresse pas seulement à l’âme mais à toute la réalité humaine. Or l’homme racheté, nouveau, repose sur l’humanité de Jésus. Or, celle-ci, commencée à l’Annonciation, s’est achevée dans l’Ascension.

La Pentecôte suivra l’Ascension.

 

Alors, inspirés par le Saint-Esprit, les apôtres parleront du « Christ en nous ».

 

Le Seigneur est assis à la droite du Père, au-dessus de toutes les vicissitudes de l’histoire, goûtant déjà, dans le silence de l’attente, le triomphe qui éclatera à tous les yeux et ébranlera les assises du monde, le jour du jugement suprême.

 

Mais en même temps, il est de nouveau auprès de nous, à la racine de tout devenir, au cœur de tout croyant et de l’ensemble des croyants, de l’Eglise, à laquelle il donne sa forme, sa puissance, son orientation, son unité.

 

Au moment ou il abandonne l’espace visible et tout rôle directement historique, se forme dans l’Esprit-Saint le nouvel espace chrétien : la vie intérieure du croyant et de l’Eglise, se conditionnant mutuellement, et formant une unité.

 

C’est par là, que le Christ « est avec nous, tous les jours, jusqu’à la fin du monde ». (Matthieu 28, 20)

 

 

« LE SEIGNEUR » - Méditations sur la personne et la vie de Jésus-Christ Traduit par le R. P. LORSON S.J.

Romano GUARDINI - Editions Alsatia -   FIN

 

A suivre demain, vendredi 29 mai 2009

27.05.2009

JE M’EN VAIS ET REVIENS VERS VOUS

 - SUITE D’HIER, MARDI 26 MAI 2009

 

La vie temporelle du Seigneur ne se termine pas par sa mort, mais par l’évènement que rapportent les Actes des Apôtres, au début du premier chapitre : «J’ai raconté, dans mon premier livre, toute la suite des actions et des enseignements de Jésus, jusqu’au jour où, après avoir donné, par l’Esprit-Saint, ses instructions aux apôtres, qu’il avait choisis, il fut enlevé au ciel. A eux aussi, après sa passion, il s’était montré plein de vie, leur en donnant des preuves nombreuses, leur apparaissant pendant quarante jours, et les entretenant du royaume de Dieu. Un jour qu’il était à table avec eux, il leur recommanda de ne pas s’éloigner de Jérusalem, mais d’attendre ce que le Père avait promis, « ce que, leur dit-il, vous avez appris de ma bouche, car Jean a baptisé dans l’eau, mais vous, dans peu de jours, vous serez baptisés dans l’Esprit-Saint ». Eux donc, étant réunis, lui demandèrent : « Seigneur, le temps est-il venu où tu rétabliras le royaume d’Israël ? » Il leur répondit : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ni les moments que le Père a fixés de sa propre autorité. Mais lorsque le Saint-Esprit sera descendu sur vous, vous serez revêtus de force et vous me rendrez témoignage à Jérusalem, dans toute la Judée, dans la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre ». Après qu’il eut ainsi parlé, il fut enlevé en leur présence, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient leurs regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’éloignait, voici deux hommes parurent auprès d’eux, vêtus de blanc, et dirent : « Hommes de Galilée, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel ? Ce Jésus qui, du milieu de vous, a été enlevé au ciel, en reviendra de la même manière que vous l’avez vu monter ». (Actes 1, 1-11)

 

Ceci termine sa vie temporelle, mais non pas sa vie tout court. Les évangiles le montrent soumis aux conditions de l’existence terrestre, réduit à ses limites, inséré dans la trame de ses relations. Quand il est ici, il n’est pas ailleurs ; quand il fait une chose maintenant, il ne le fait pas à un autre moment. Le récit qui lui est consacré est pareillement tout uni et raconte, pour autant que cela corresponde au caractère de l’évangile reproduisant un message, un incident après l’autre… Puis vient l’évènement pascal. Il était mort et renaît à une vie nouvelle. Il ne s’agit pas seulement de « l’indestructibilité de son être en soi », mais d’une humanité concrète. Lui, Jésus-Christ, le Fils du Dieu fait homme, est là de nouveau, mais dans un état glorieux. Puis suivent ces quarante jours mystérieux, pendant lesquels il est encore auprès des siens, mais plus tout entier (Actes 1, 3) La narration évangélique change. Les évènements oscillent de droite et de gauche. Il surgit subitement et disparaît comme il est venu. Il chemine à côté des disciples qui ne le reconnaissent pas. Puis ils sont assis à table, la fraction du pain leur dessille les yeux, quand il disparaît. (Luc 24 ; 13-31) Le Seigneur se tient sur le seuil, entre le temps et l’éternité, et cette situation conditionne le récit… Alors vient de nouveau un évènement mystérieux, difficile à saisir naturellement, celui dont parle notre texte, l’Ascension. Il les quitte, conformément à sa prédiction : « Je suis venu en ce monde et de nouveau je quitte ce monde pour retourner auprès du Père. » (Jean 16, 28) Il sort de l’histoire et entre dans le domaine de l’accomplissement, où il n’y a plus ni devenir ni destin, mais seulement l’être éternellement vivant.

 

Il s’en va et de nouveau il est là d’une autre manière, comme il l’a dit lui-même : « Je m’en vais et reviens vers vous. » (Jean 14-28) C’est de ce Christ revenu que parle Paul. Il est assis à la droite du Père, mais il est aussi en nous et nous en lui. Il est dans l’éternité, mais en même temps, quoique de manière nouvelle, dans le temps, au cœur du devenir…

 

Au bord de l’histoire chrétienne, il y a l’évènement suprême, qui terminera et commencera tout devenir, le retour du Christ pour le jugement.

 

A suivre demain, Jeudi 28 mai 2009

26.05.2009

DIEU VIENT ET S’EN VA (III)

SUITE D’HIER, MARDI 26  MAI 2009

 

Dans les discours dont nous parlons, il y a aussi des phrases comme celles-ci : « Cependant je vous dis la vérité : il vous est bon que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Consolateur ne viendra pas en vous, mais si je m’en vais, je vous l’enverrai » (Jean 16, 17) Il y a donc nécessité quand même.

 

Si Dieu le Fils ne part pas, Dieu le Saint-Esprit ne peut pas venir. C’est écrit en toutes lettres ; il en est donc ainsi. Mais nous devons nous garder de faire dériver cette nécessité de je ne sais quelles données de la nature ou de l’esprit. Cette nécessité vient d’au-delà du monde, des profondeurs divines. Les mots qui l’expriment viennent, pour ainsi dire, de très, très loin, ils sont à la pointe extrême d’un mouvement de vagues et nous parlent de quelque chose qui se passe dans le sein inaccessible de Dieu. Ce sont des mots qui nous invitent à adorer, des mots prometteurs qui nous entrouvrent le monde de Dieu, le mystère de sa vie, dans lequel nous serons introduits un jour, comme l’affirme ce même discours d’adieu :

 

« Je ne prie pas pour eux seulement, mais aussi pour ceux qui, par leur prédication, croiront en moi, pour que tous ils soient un, comme toi mon Père, tu es en moi et moi en toi, pour que eux aussi ils soient en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. Et je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient comme nous sommes un, moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé, et que tu les as aimés comme tu m’as aimé. Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient avec moi, afin qu’ils voient la gloire que tu m’as donnée, parce que tu m’as aimé avant la création du monde » (Jean 17, 20-24)

 

 

 

 Fin du Chapitre IV

A suivre demain, Mercredi 27 mai 2009

25.05.2009

DIEU VIENT ET S’EN VA (II)

- SUITE D’HIER, DIMANCHE 24 MAI 2009

 

Peut-être ces mots ne doivent-ils pas être pris à la lettre, sont-ils pour le peuple ou les enfants ; comme on raconterait à des enfants qu’un jour, où les hommes étaient dans une grande misère, Dieu est venu leur apporter du pain, des vêtements et des remèdes et que tout s’est arrangé ?

Certainement non. S’il s’agissait d’une parabole, comme celle du bon Pasteur, figurant le Messie, et allant chercher lui-même celle de ses brebis qui manque et la ramenant au bercail, on pourrait à la rigueur penser au sens figuré ; mais les propositions qui nous occupent n’admettent pas cette interprétation, car elles se trouvent chez Jean, qui n’est ni populaire, ni à la portée des enfants. Il est probable que le peuple n’a jamais compris cet esprit fanatique, brûlant, dur, tendu à se rompre vers les hauteurs. S’il entendait parler d’une interprétation métaphorique de ses paroles, il répondrait sûrement : J’ai voulu dire ce que j’ai écrit. Mes paroles sont à prendre à la lettre !

 

Mais si, au lieu des allées et venues de Dieu lui-même, il s’agissait seulement des effets de sa grâce ? On dirait ainsi que l’homme se tient « loin » de Dieu, quand il est impie, obtus ou rebelle ; qu’il sent, qu’il est « proche » de lui, qu’il est « venu », quand son âme s’est ouverte ? Il ne peut être question de cela non plus. Ce sont là des points de vue psychologiques étrangers à l’Ecriture. Quand elle veut dire que le secours divin arrive, elle le dit. Ici, c’est Dieu lui-même qui vient.

 

Ou bien s’agirait-il d’un passage particulièrement difficile, exceptionnel, opposé à la manière ordinaire de l’Ecriture ? En examinant de près la chose, nous voyons au contraire que d’un bout à l’autre la Bible parle de la sorte, aussi bien dans les livres les plus anciens que dans les plus récents, dans les parties narratives, descriptives comme dans celles qui font appel à la réflexion, parce que plus intellectuelles.

Mais Jean, l’auteur des paroles citées, est précisément celui qui parle avec la plus grande pénétration du Dieu éternel, transcendant, immense. L’Ecriture nous parle partout d’un Dieu qui voit, entend, fait attention, qui est loin et s’approche, qui vient à nous et reste auprès de nous, qui parle et agit.

Ce que la Révélation du Christ nous a apporté de propre. Son message, c’est justement que Dieu « vient » et « parle » et « agit ». … quand il lui a plu de le faire, il est quand même venu parmi nous, est resté près de nous et, quand l’heure a sonné, il est reparti, pour revenir encore avec un nouveau visage…

 

Nous nous sommes déjà demandé le sens des jours étranges passés par le Seigneur entre Pâques et l’Ascension, pourquoi il s’attarde encore sur la terre. … nous faire sentir ce qui passe et ce qui demeure. … L’agir divin est au-dessus des lois de la nature et des lois historiques.

Par les récits consacrés à ces journées, nous expérimentons que le Fils est venu du Père, qu’il doit retourner au Père, qu’il envoie l’Esprit, au jour fixé, à la Pentecôte, vers la troisième heure, pour qu’il reste avec nous jusqu’à ce que les temps soient accomplis. Nous devons prendre conscience de ces allées et venues, souverainement libres.

 

A suivre demain, Mardi 26 mai 2009

24.05.2009

DIEU VIENT ET S’EN VA (I)

SUITE D’HIER, SAMEDI 23 MAI 2009 

 

Les derniers entretiens de Jésus se trouvent dans les chapitres treize à dix-sept de Jean. Il y a là quelques phrases que nous avons peut-être lues distraitement, ou bien qui nous ont étonnés ou donné le sentiment d’un mystère, mais qui sont pleines de signification. Celles-ci par exemple :

Ä « Vous avez entendu que je vous ai dit : « Je m’en vais, et je reviens à vous ; si vous m’aimiez, vous vous réjouiriez de ce que je vais au Père, car mon Père est plus grand que moi » (Jean 14, 28)

Ä « Lorsque le Consolateur, que je vous enverrai d’auprès du Père, sera venu, il rendra témoignage de moi. Et vous aussi, vous me rendrez témoignage parce que vous êtes avec moi dès le commencement » (15, 26-27)

Ä « Et maintenant que je m’en vais à celui qui m’a envoyé, aucun de vous ne me demande : « Où allez-vous ? » Mais parce que je vous ai dit ces choses, la tristetesse a rempli votre cœur. Cependant, je vous dis la vérité : car, il est bon que je m’en aille, car, si je ne m’en vais pas, le Consolateur ne viendra pas en vous, mais si je m’en vais, je vous l’enverrai. Et quand il sera venu, il convaincra le monde au sujet du péché, de la justice et du jugement. » (16 ; 5-8)

Ä « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant je quitte le monde et je vais au Père » (16, 28)

Ä « Ils savent à présent que tout ce que tu m’as donné vient de toi, car les paroles que tu m’as données, je les leur ai données, et ils les ont reçues, et ils ont vraiment reconnu que je suis sorti de toi, et ils ont cru que c’est toi qui m’as envoyé » (17, 7-9)

Ä « Je ne suis plus dans le monde ; pour eux, ils sont dans le monde, et moi je vais à toi, Père saint, garde dans ton nom ceux que tu m’as donnés, afin qu’ils ne fassent qu’un, comme nous. Lorsque j’étais avec eux, je les conservais dans ton nom. J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et pas un d’eux ne s’est perdu, hormis le fils de perdition, afin que l’Ecriture soit accomplie. Maintenant je vais à toi, et je fais cette prière, pendant que je suis dans le monde, afin qu’ils aient en eux la plénitude de ma joie » (17, 11-13)

 

Ces paroles sont étonnantes, troublantes.

N’affirment-elles pas que le Fils de Dieu, donc Dieu lui-même, vient et s’en va, que l’Esprit Saint et donc Dieu est envoyé, vient et demeure et donc pourrait aussi s’en aller, s’il voulait ?

Or cette venue et ce départ ne se rapportent pas seulement à l’existence humaine de Jésus, mais parlent de celui qui est éternellement auprès du Père, de celui que vise Jean, dans son premier chapitre, en disant que le Verbe « était en Dieu », qu’il est venu dans le monde, pour « éclairer le monde », et que « le monde ne l’a pas reçu » (Jean 1, 9-11) Que veut dire cela ? Dieu peut-il « aller et venir » ?

 

A suivre demain, Lundi 25 mai 2009

23.05.2009

ENTRE LE TEMPS ET L’ETERNITE (VI)

SUITE D’HIER, VENDREDI 22 MAI 2009 

 

On peut demander : Pourquoi ce séjour mystérieux du Ressuscité sur la terre ? Pourquoi n’est-il pas monté au ciel tout de suite ? Qu’est-ce qui s’accomplit pendant ce temps ?

 

Dans l’hypothèse où la Résurrection et le temps qui la suivit n’auraient été que le produit subjectif d’une expérience religieuse morbide, légendaire ou mythologique, quel aurait été l’aspect de ces jours ? Sans aucun doute, le libéré y aurait multiplié les démonstrations de sa puissance. L’ancien persécuté, devenu Maître à présent, aurait illuminé le temps de son éclat, élevé les siens aux honneurs suprêmes, enfin comblé tous les désirs que peuvent nourrir des âmes maladives. Il aurait initié les disciples à des mystères merveilleux, leur aurait parlé des secrets du ciel, dévoilé l’avenir, fait connaître le commencement et la fin de toutes choses. Voilà comment les choses se seraient passées. Or rien de tout cela n’a eu lieu. Aucun secret n’est dévoilé. Il n’y a pas la moindre initiation à des mystères. Aucun miracle n’est fait, hormis celui de son existence glorieuse elle-même… et celui de la pêche miraculeuse, qui ne fait que répéter ce qui s’est passé auparavant… Que se passe-t-il donc ? Quelque chose de très discret. Les années écoulées pénètrent dans l’éternité ; les évènements de jadis sont confirmés, la réalité de la vie antérieure est conduite dans l’au-delà. Les jours dont nous parlons sont des jours de transit vers l’éternel.

 

Nous en avons besoin pour notre foi.

Quand nous évoquons les grandes images du Christ éternel, que nous pensons à celui qui trône à la droite du Père, qui viendra juger les vivants et les morts, qui règne dans l’Eglise et dans les âmes, qui grandit à partir des profondeurs de l’humanité appelée par Dieu jusqu’à « la mesure de sa stature parfaite » (Ephésiens 4, 13) mais qui en même temps surgit au milieu de nous, venant de la périphérie du temps, et y restera jusqu’au jour où toutes choses seront absorbées par l’éternité, quand nous pensons à ces aspects grandioses du Seigneur, nous risquons de laisser se perdre la figure humaine. Et cela ne doit pas être.

Il faut de toute nécessité que le Christ éternel soit aussi le Jésus de Nazareth de telle époque ; que la liberté illimitée de l’Esprit soit cependant liée aux conditions de temps, de lieu, et aux autres circonstances de la Rédemption. Le Christ de l’Apocalypse offre un trait qui exprime cela. Il y est dit : « L’Agneau était comme immolé » (5, 6 & 1, 18) et cependant il est vivant. La destinée terrestre est entrée dans l’éternité. La mort est devenue et reste toujours vie éternelle. Mais il y a le danger que tout cela ne reste en l’air, incompris, énigmatique. Le temps de transition dont nous parlons explique l’énigme. Il ouvre la parabole. Tout ce qui est arrivé, est fixé éternellement. Dès que nous entendons une parole qu’il a prononcée alors, que nous nous rappelons un évènement qui a eu lieu en ce temps-là, nous devons savoir qu’il s’agit d’une réalité qui subsiste maintenant et pour toujours. Celui qui est assis sur le trône, contient en lui le passé, devenu un éternel présent.

 

Extrait du Tome II « LE SEIGNEUR » - Méditations sur la personne et la vie de Jésus-Christ Traduit par le R. P. LORSON S.J. Romano GUARDINI - Editions Alsatia -

Fin du Chapitre III

A suivre demain, Dimanche 24 mai 2009

22.05.2009

ENTRE LE TEMPS ET L’ETERNITE (V)

 SUITE D’HIER, JEUDI 21 MAI 2009

 

Pourquoi ces paroles ont-elles une si grande résonance en nous ?

Jean est un homme d’exception. Entre le Seigneur et lui il y a un profond mystère d’amour. Il ne le révèle point. Il ne dit pas non plus le sens de la parole de Jésus. Il la transcrit seulement. On l’a comprise de travers : comme s’il ne devait pas mourir, à la manière d’Elie, mais serait enlevé comme lui au ciel. Non, ajoute-t-il, il n’a pas dit cela, mai seulement, « si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, que t’importe ? »

Il y a dans le discours de ce grand vieillard, qui ne dévoile pas le mystère de ces paroles, mais se contente de les établir soigneusement une dernière fois, il y a une tendresse qui n’est déjà plus de la terre… Et c’est le même Jean qui, après avoir décrit le Seigneur foulant notre terre, dresse sous nos yeux les images grandioses du Christ de l’éternité : Celui qui est assis sur le trône, le cavalier sur le cheval blanc, l’agneau, qui brise les sceaux du livre (Apocalypse 4, 2 ; 5, 6-7)

 

D’autres passages aussi montrent que le passé est gardé et transfiguré. Ainsi le récit de la rencontre de Jésus avec les disciples d’Emmaüs. Ceux-ci le font entrer et l’invitent à leur table ; Alors il prend du pain et le rompt. A ce geste, ils le reconnaissent, tandis qu’il disparaît. A quoi le reconnaissent-ils ? Pas au fait de rompre le pain, ce que faisaient tous les maîtres de maison et les hôtes de marque, mais à la façon de le rompre : voilà comment il avait l’habitude de prendre le pain, de le rompre, voilà son regard et sa bonté… En ce moment, il s’évanouit. Le geste est conservé et il l’emporte dans l’inconnu (Luc 24, 29-31)

 

Au lac, il demande à ses disciples s’ils ont à manger ; il leur commande de jeter le filet à droite, il mange et parle avec eux ; combien de fois ne l’avons-nous pas entendu aussi déjà leur dire, après une nuit de travail infructueux, de jeter le filet, qu’ils eurent du mal à ramener tellement il était rempli ? (Luc 5, 4-7)

 

Pendant la dernière heure, peu de temps avant son Ascension, les disciples lui demandent : « Seigneur, le temps est-il venu où tu rétablira le royaume d’Israël ? » Il leur répondit : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps ni les moments que le Père a fixés de sa propre autorité » (Actes 1, 6-7)

Les apôtres sont restés les mêmes.

Quand il vivait sur la terre, ils ne l’ont pas compris ; ils ne le comprennent pas davantage à présent. Autrefois, cette incompréhension avait été son grand souci. Rappelons-nous, par exemple, l’incident sur le lac. Tandis qu’ils faisaient la traversée, il leur dit soudain, encore tout absorbé par la pensée de l’aveuglement irréductible et de la haine de ses adversaires : « Gardez-vous avec soin du levain des Pharisiens et du levain d’Hérode ». Sur quoi, ils faisaient réflexion entre eux, disant : « C’est que nous n’avons pas de pain ». Jésus connaissant leur pensée, dit : « Pourquoi vous entretenez-vous de ce que vous n’avez pas de pain. N’avez-vous encore ni sens ni intelligence ! Votre cœur est-il encore aveugle ? Avez-vous des yeux pour ne pas voir, des oreilles pour ne pas entendre ? » (Mars 8, 15-18)

Ici c’est la même incompréhension. Il ne les instruit plus, mais se contente de les apaiser ; c’est la même attitude, mais au lieu des années de lutte et de souffrance, c’est la grande sérénité de la vie éternelle. Dans les deux cas, il y a incompréhension et mise au point, mais avec quelle différence !

A suivre demain, Samedi 23 mai 2009

Toutes les notes