28.09.2009
Moussa, à la recherche du salut (Témoignage)
Mon nom est Moussa Komé, je suis le fils d'Ibrahim Komé qui est Imam à Abidjan. J'ai toujours été zélé pour les choses de Dieu et à 14 ans j' avais converti tout mon entourage à l'Islam, et je faisais les lectures à la mosquée.
Mais une question me travaillait: serais- je sauvé ? Irais- je au paradis ou en enfer ? Quelles sont les conditions pour aller au paradis ? Je posais les questions à mon père. Mon père était un croyant sincère et honnête, il me répondit qu'il ne savait pas. Désireux d'avoir une réponse, j'ai cherché dans le Coran :
-La sourate 100 aux versets 6, 7,8 me dit que l'homme est pécheur . -La sourate 101, aux versets 6,7,8,9 parle d'une balance sur laquelle seront pesées toutes nos oeuvres.
-La sourate Il au verset 119 , dit que les hommes et les sages vont en enfer, tous ensemble.
-Dans la sourate 19 , au verset 71, il est dit que tous les hommes passeront par l'enfer.
Toutes ces réponses me laissaient perplexes, il n 'y avait aucune assurance pour le salut. Quelques temps après, je suis parti comme marin sur un bateau de commerce. Un jour, le capitaine, apprenant que j'étais musulman, m'invite pour me parler de la Bible et de Jésus. J'étais fou furieux, je prend sa Bible et je la jette par dessus bord, en priant le capitaine de ne plus jamais prononcer le nom de Jésus devant mol. Le capitaine ne s'est pas fâché, il ne m'a plus parlé de Jésus, mais il est venu me voir tous les jours , pour parler avec moi, chose qu'il ne faisait pas avec les autres marins. Cet amour m'a touché. Malgré cela, il y avait toujours cette interrogation et ce vide en moi au sujet de mon salut. J'essayais de le combler en sortant avec les filles, mais en vain.
Je décide alors de découvrir ce que dit le Coran sur la Bible .Je découvre:
-La sourate 2, au verset 136, dit que Dieu à donné sa parole à Moise, (La Torah = la " première partie de la Bible) et qu'il n 'y a aucune différence entre le Coran et la Torah ~ (répété 4 fois) , -La sourate 5 au verset 44 dit que la Torah , vient de Dieu -le verset 46 dit: Jésus a eu l'évangile par Dieu -au verset 47: ceux qui ont l'évangile doivent juger selon son contenu. -La sourate 10, 94: dans le doute, va demander à ceux qui ont reçu la parole de Dieu avant (les juifs et les chrétiens). Je découvre que le Coran ne dit pas que le Livre (La Bible) est faux, mais que beaucoup de ceux qui le lisent ne mettent ses commandements en pratique.
Qui est Jésus ?
La question qui subsistait pour moi était : qui est Jésus ? - la sourate Maryam nous dit aux versets 16 à 21 que Dieu a envoyé son Esprit dans Marie pour qu'elle donne naissance à Jésus. Dans le Coran, Jésus est appelé Esprit de Dieu, Parole de Dieu, Messie. Le Coran nous dit que Jésus est supérieur à tous les prophètes, tous ont péché, même le prophète Mohammed, alors que Jésus n'a pas péché.
Le problème de la crucifixion de Jésus
La sourate 4 au verset 157 nous dit qu'ils n'ont pas tué Jésus. Mais à la sourate 3 au verset 55, Dieu annonce à Jésus sa mort et son ascension. Cemême verset nous dit aussi que ceux qui suivent Jésus sont mis au dessus des autres.
Ainsi je réalisais que en tant que Musulman, je pouvais lire la Bible, et que dans cette Bible se trouvait l'assurance de la vie éternelle. Je réalisais que personne ne pouvait se sauver par lui même en faisant des bonnes oeuvres, personne ne peut faire assez de bien pour mériter le paradis, personne ne pouvait par lui même expier ses péchés, mais que c'est Jésus, le seul sans péchés, qui expie nos péchés en mourant sur la croix. Il était donc capital que Jésus meure sur la croix, car en le faisant, il était puni à notre place et grâce a son sacrifice, Dieu pouvait nous pardonner. Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c'est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. (Esaie 55) J'ai donc découvert dans le Coran , qu'il n'y avait pas d'assurance pour le salut, mais qu'il nous était conseillé, à nous musulmans, de lire La Bible, de ne pas regarder aux juifs où aux chrétiens qui ne mettent pas la Parole de Dieu en pratique, mais de regarder directement à cette Parole.
J'ai fait une prière et Jésus s'est révélé à moi. Je ne suis plus une religion avec des rites, mais j' ai une relation personnelle avec Dieu au travers de Jésus, qui m'apporte la joie, l'amour et la paix, qui m'aide à mener une vie sainte au service de Dieu et qui me donne l' assurance du salut. Pourquoi pas toi ? Moussa Komé Jésus a dit : Je suis le chemin, la vérité et la vie, nul ne vient au Père que par moi. ( évangile de Jean chapitre 14 verset 6).
Source: http://www.spcm.org
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25.09.2009
L’EGLISE DU SILENCE TORTUREE POUR LE CHRIST
L’ICEBERG
Je vous ai parlé par expérience personnelle de la diffusion secrète du message du Christ dans l’Armée Russe et en Roumanie communiste.
Je vous ai appelés à l’aide pour que le Christ soit prêché aux communistes et aux peuples qu’ils oppriment. Cette prétention est-elle »chimérique » et « irréalisable » ? Est-il au contraire possible de la réaliser ?
Existe-t-il en ce moment une Eglise clandestine en Russie et dans d’autres pays ? L’apostolat est-il encore possible actuellement là-bas ?
A toutes ces questions je peux répondre par d’excellentes nouvelles.
Les communistes sont en train de célébrer le cinquantenaire ( La première édition de cet ouvrage a été publiée en octobre 1967) de leur prise de pouvoir. Mais cette victoire est une défaite. Le vainqueur, c’est le christianisme. La presse russe, que notre organisation scrute soigneusement, abonde en informations sur l’Eglise clandestine. Celle-ci est devenue si puissante qu’elle travaille assez ouvertement pour effrayer les communistes. Et d’autres informations provenant d’autres sources confirment les comptes-rendus des journaux soviétiques.
Rappelez-vous : l’Eglise Clandestine ressemble à un iceberg. La masse la plus importante est immergée, mais une petite partie est visible au-dessus de la surface.
…
Ni prison ni tortures n’effraient les fidèles de l’Eglise Clandestine. Comme dans la primitive Eglise, la persécution ne fait qu’aviver leur zèle.
…
D’après la Pravda du 21 février 1968, on a découvert que des milliers de femmes et de filles portent des ceintures et des rubans sur lesquels sont imprimés des versets bibliques et des prières. Après enquête, les autorités ont appris que l’homme qui a lancé cette nouvelle mode –je la recommande à l’Occident- est tout simplement un chrétien membre de la police communiste, Frère Stasiuk, de Limberta, dont le journal annonce l’arrestation.
Les réponses des chrétiens de l’Eglise Clandestine à leurs juges communistes sont d’inspiration divine. A un juge qui lui demandait : « Pourquoi attirez-vous les gens à votre secte interdite ? » une chrétienne répondit : « Notre but est d’attirer au Christ le monde entier. »
Pendant un autre procès, à un juge qui lui objectait en ricanant : « Votre religion est antiscientifique », l’accusée, une étudiante, riposta : « Etes-vous plus savant qu’Einstein ou que Newton ? C’étaient des croyants. Notre univers porte le nom d’Einstein ; j’ai appris à l’Ecole Supérieure qu’on le nomme l’univers einsteinien. Eh bien, Einstein a écrit : « Si nous purifions le judaïsme des Prophètes et le christianisme enseigné par Jésus de tout ce qui est venu ensuite, en particulier le cléricalisme, nous avons une religion capable de préserver le monde de tous les malaises sociaux. Tout homme a le devoir sacré de faire de son mieux pour le triomphe de cette religion. »
Rappelez-vous aussi notre grand biologiste Pavlov, dont nos livres nous disent qu’il est chrétien. Et Marx lui-même, dans la préface de son Capital, écrit : « Le christianisme avec son culte de l’être humain abstrait, est la religion la plus indiquée ».
Eh bien, le péché avait détérioré mon caractère. C’est Marx qui m’a appris que la religion chrétienne est la plus indiquée. Comment vous, des marxistes, pouvez-vous me juger pour cela ? »
Le juge en resta bouche close, et l’on comprend pourquoi.
A cette même accusation de pratiquer une religion antiscientifique, un chrétien répondit devant le tribunal : « Je suis sûr, Monsieur le Juge, que vous n’êtes pas aussi savant que Simpson, l’inventeur du chloroforme et de beaucoup d’autres remèdes. Quelqu’un lui demanda un jour ce qu’il considérait comme sa plus grande découverte. Simpson répondit : « Ce n’est pas le chloroforme. Ma trouvaille la plus importante, c’est d’avoir découvert que je suis pécheur et que la grâce de Dieu peut me sauver. »
Le sacrifice de la vie, le renoncement à soi-même, le sang que ses membres sont prêts à verser pour la foi, voilà les principaux arguments de l’Eglise Clandestine en faveur du christianisme. Elle constitue ce que le célèbre missionnaire d’Afrique, Albert SCHWEITZER a appelé « la compagnie sacrée de ceux qui sont marqués par la douleur », la compagnie à laquelle appartient Jésus, l’Homme des Douleurs. Le lien d’amour qui l’unit à son Sauveur lie aussi ses membres l’un à l’autre. Personne au monde ne peut les vaincre.
Dans une lettre passée en fraude, l’Eglise Clandestine a écrit : « Nous prions pour devenir non pas de meilleurs chrétiens, mais le seul genre de chrétiens que Dieu veut que nous soyons : des chrétiens semblables au Christ, c’est-à-dire des chrétiens qui portent la croix de bon cœur pour la gloire du Dieu. »
Appliquant la prudence des serpents à la pratique des enseignements de Jésus, les chrétiens refusent obstinément de révéler les noms de leurs dirigeants quand on les questionne à part ou devant un tribunal.
…
Les chrétiens orthodoxes russes sont complètement transformés. Des millions d’entre eux sont passés par la prison. Là, plus d’étoles, ni de crucifix, ni de saintes images, ni d’encens, ni de cierges. Plus de prêtres ordonnés au service des prisonniers laïcs. Les prêtres n’avaient plus ni chapes, ni pain de froment, ni vin pour la consécration, ni saintes huiles, ni missels. Et ils découvrirent ce qu’ils pouvaient obtenir de ce dépouillement total : l’accès direct à Dieu par la prière. Ils prièrent et Dieu leur infusa son Esprit. Un authentique renouveau spirituel, tout à fait semblable au christianisme primitif, se produit en Russie parmi les orthodoxes.
Il en va de même dans tous les pays satellites où existe une Eglise clandestine orthodoxe, laquelle est en réalité évangélique, revenue aux sources et très étroitement unie à Dieu, bien qu’elle ne conserve, par la force de l’habitude, que quelques éléments seulement du rite orthodoxe. Elle aussi, elle a donné de magnifiques martyrs. Encore une fois, qui peut dire où se trouve à présent le vieil archevêque de Kaluga, Yermogène ? Il avait osé protester contre la trahison qu’est la collaboration du Patriarche avec le gouvernement communiste des sans-Dieu.
Cinquante années de gouvernement communiste ! Et la presse russe est pleine des succès de l’Eglise Clandestine. Celle-ci a passé en Russie par d’indicibles épreuves, mais elle est demeurée fidèle… et elle progresse.
Nous, en Roumanie, par notre travail caché nous avons jeté la semence dans l’Armée Russe. D’autres ont semé en Russie même et dans les pays envahis par les Soviétiques. La semence a poussé son fruit.
Le monde communiste peut être gagné au Christ, les communistes peuvent devenir chrétiens. Et aussi ceux qu’ils oppriment. Il suffit que vous vouliez les aider. La preuve que j’ai raison, c’est qu’en Union Soviétique, en Chine, et dans tous les pays totalitaires, l’Eglise clandestine est florissante.
…
MESSAGE QUE VOUS ADRESSE PAR MOI L’EGLISE CLANDESTINE
On m’a surnommé « la voix de l’Eglise du silence ». Et je me sens bien indigne de parler au nom d’une partie si digne d’honneur du Corps mystique du Christ.
Néanmoins, j’ai dirigé pendant des années dans des pays communistes une fraction de l’Eglise Clandestine. Par miracle, j’ai survécu à 14 années de prison et de tortures, dont deux ans dans la « chambre des agonisants ». Par un miracle plus éclatant encore, Dieu a donné je ne sais quel coup de scie aux barreaux de ma prison afin que, délivré, je puisse me rendre encore en Occident et parler à l’Eglise libre.
Je parle donc au nom de mes frères qui gisent dans d’innombrables fosses anonymes. Je parle au nom de mes frères qui, en ce moment, sont rassemblés en cachette dans des forêts, des sous-sols, des greniers et autres caches semblables.
…
Grâce au miracle qui m’a délivré, j’accomplis la tâche dont m’ont chargé ceux que j’ai laissés là-bas, et qui travaillent, risquent, souffrent, agonisent sur les terres communistes.
Et voici le message que je vous apporte de leur part.
« Ne nous abandonnez pas !
« Ne nous oubliez pas !
« Ne nous passez pas en par profits et pertes.
« Donnez-nous les instruments dont nous avons besoin. Nous paierons ce qu’il en coûte de nous en servir ! »
Je parle pour l’Eglise bâillonnée, l’Eglise Clandestine, l’Eglise « muette » qui n’a pas de voix pour s’exprimer.
Entendez les cris de vos frères et de vos sœurs des pays communistes. Ils ne demandent pas à s’échapper, à vivre en sûreté une vie facile. Ils demandent seulement de quoi combattre l’athéisme qui empoisonne leurs jeunes –la génération qui monte. Ils demandent des Bibles pour répandre la Parole de Dieu. Comment la répandront-ils s’ils n’en ont pas ?
Comment les chrétiens libres peuvent aider l’Eglise Clandestine
Les athées n’admettent pas l’origine surnaturelle de la vie. Ils sont fermés à tout ce qui est mystère dans l’univers et dans les êtres vivants. L’aide la plus efficace que les chrétiens peuvent leur apporter est donc de se conduire eux-mêmes non par les yeux du corps mais par les yeux de la foi, en vivant dans la compagnie du Dieu invisible.
Ils peuvent nous aider en menant une vie chrétienne réelle, une vie de sacrifices. Ils peuvent nous aider en protestant publiquement chaque fois que des chrétiens sont persécutés.
Ils peuvent nous aider en priant pour le salut des communistes.
Nous devons aimer notre prochain comme nous-mêmes. Les communistes sont notre prochain autant que n’importe qui. Ils sont le résultat du non-accomplissement de ces mots du Seigneur : « Je suis venu pour vous donner la vie et pour que vous l’ayez en abondance. » Les chrétiens n’ont pas encore fait ce qu’il faut pour que chacun ait la vie en abondance. Ils ont laissé certains manquer de ce qui aide à vivre. En conséquence des hommes se sont révoltés et ont constitué le parti communiste. Souvent les communistes ne sont que des victimes de l’injustice sociale. Ils sont maintenant acharnés et cruels. Nous devons les combattre. Mais, même en le combattant, les chrétiens doivent comprendre et aimer l’ennemi.
…
C’est la primitive Eglise qui, dans toute la beauté de son dévouement et de son sacrifice, revit dans les geôles communistes.
…
Là-bas, se renouvellent le drame, la vaillance et le martyre de la Primitive Eglise… et l’Eglise libre dort.
Là-bas, seuls et sans aide, nos frères, courageusement engagés dans la plus grande bataille du 20ème siècle, égalent en vaillance, en dévouement, en héroïsme les chrétiens de la primitive Eglise. Et, sans souci de leur lutte et der leur agonie, tout comme Pierre, Jacques et Jean dormaient pendant l’agonie de leur Sauveur, l’Eglise libre dort.
Pendant que vos frères dans le Christ de l’Eglise Clandestine souffrent et combattent seuls pour l’Evangile, allez-vous dormir, vous aussi ?
Entendrez-vous notre message : « Souvenez-vous ! Aidez-nous ! Ne nous laissez pas dans la détresse ! »
J’en ai fini. Je vous ai transmis le message de la fidèle Eglise Clandestine martyrisée dans les pays communistes, le message de vos frères et sœurs qui souffrent dans les chaînes du communisme athée.
Extrait du livre de Richard WURMBRAND « L’EGLISE DU SILENCE TORTUREE POUR LE CHRIST »
Collection Témoignages – MEDIASPAUL PARIS
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24.09.2009
L’EGLISE DU SILENCE TORTUREE POUR LE CHRIST
L’Eglise Clandestine n’a que de très faibles moyens à opposer aux forces énormes de l’Etat totalitaire. Ses ministres en Russie n’ont pas reçu de formation théologique ; ce sont des pasteurs qui n’ont jamais lu entièrement la Bible.
Un exemple vous montrera comment beaucoup d’entre eux ont été ordonnés. Nous avions fait la connaissance d’un jeune pasteur clandestin russe. « Qui vous a ordonné ? » lui demandai-je. Il me répondit : « Il n’y avait plus d’évêque fidèle et l’évêque légal ne voulait ordonner personne sans l’accord préalable du Parti Communiste. Nous étions dix jeunes chrétiens. Nous nous sommes rendus sur la tombe d’un évêque martyr. Deux d’entre nous ont posé leurs mains sur la pierre tombale. Les autres ont formé le cercle et nous avons demandé au Saint-Esprit de nous ordonner. Et nous sommes sûrs de l’avoir été par les mains transpercées de Jésus. »
Je tiens l’ordination de ce jeune chrétien pour valide devant Dieu. Eh bien ! Ce sont des pasteurs ainsi ordonnés, sans formation théologique et souvent fort ignorants de la Bible, qui continuent là-bas le ministère de Christ.
Telle était l’Eglise des premiers siècles. De quels séminaires sont sortis les hommes qui ont mis le monde sens dessus dessous en lui apportant le Christ ? Savaient-ils seulement tous lire ? Et d’où leur seraient venues les Bibles ? Dieu leur parlait directement.
Nous, de l’Eglise Clandestine, nous ne disposons pas de cathédrales. Mais existe-t-il cathédrale plus belle que la voûte du ciel vers laquelle se levaient nos regards quand nous nous rassemblions en cachette dans les forêts ? Le gazouillis des oiseaux nous tenait lieu d’orgues. Le parfum des fleurs était notre encens. Et le misérable vêtement des martyrs récemment sortis des prisons nous paraissait plus poignant que les ornements sacerdotaux. En fait de luminaires, nous avions la lune et les étoiles. Et les acolytes qui nous les allumaient, c’étaient les Anges.
Jamais je ne pourrai décrire la splendeur de cette Eglise.
Souvent, à l’issue d’un de ces services clandestins, des chrétiens sont arrêtés et envoyés en prison. Là ils portent leurs chaînes avec autant de joie qu’une fiancée le bijou offert par son bien-aimé. En prison, la tempête s’apaise. Les baisers que vous recevez sont ceux du Christ, Il vous serre dans ses bras, et vous ne céderiez pas votre place pour un trône de roi.
Je n’ai vraiment trouvé la joie chrétienne que dans la Bible, l’Eglise Clandestine et la prison.
…
En Russie … j’y ai été souvent très étonné de l’aptitude des chrétiens à démontrer aux athées l’existence de Dieu.
Leurs réponses sont simples. « Si vous étiez invités à un banquet où l’on vous servirait toutes sortes de mets excellents, croiriez-vous que personne ne les a fait cuire ? Eh bien ! La nature est un banquet qui nous est offert. Tomates, pêches, pommes, lait, miel, qui a préparé tout cela pour les hommes ? La nature est aveugle. Si vous ne croyez pas en Dieu, comment expliquez-vous qu’une nature aveugle ait réussi à nous confectionner, en si grande abondance et diversité, juste ce dont nous avons besoins ? »
Ils sont capables de prouver qu’il y a une vie éternelle. J’ai entendu l’un d’entre eux plaider devant un athée en ces termes : « Supposez que vous puissiez plaider avec un embryon et que vous lui disiez que la vie embryonnaire est brève et sera suivie d’une autre vie véritable et longue. Que vous répondra-t-il ? Tout justement ce que vous, les athées, vous nous répondez quand nous parlons du ciel et de l’enfer. Il vous dira qu’il n’y a qu’une vie, celle qu’on mène dans les entrailles de sa mère, et que tout le reste n’est que superstition. Mais si l’embryon pouvait raisonner, il se dirait à lui-même : « Voilà qu’il me vient des bras ! Je n’en ai nullement besoin. Je ne peux même pas les étendre. Pourquoi me viennent-ils ? Probablement en prévision d’un stade futur de mon existence pendant lequel j’aurai besoin d’eux. Des jambes me poussent aussi, et je suis obligé de les tenir repliées contre ma poitrine. Pourquoi ces jambes ? Probablement parce que je vais avoir à vivre dans un autre monde où je devrai marcher. Des yeux aussi ? Dans ces épaisses ténèbres où ils ne me servent à rien ? Pourquoi ? Probablement parce que je vais passer dans un univers de lumière et de couleurs. » Bref, si l’embryon pouvait réfléchir sur son développement, il comprendrait qu’il existe une vie hors des entrailles maternelles, une vie qu’il ne connaît pas encore. C’est la même chose pour nous. Aussi longtemps que nous avons la jeunesse, nous avons la force et nous ne savons pas en user convenablement ; puis quand, avec les années, nous avons grandi en science et en sagesse, le corbillard vient nous prendre pour nous mener au tombeau. Pourquoi donc avions-nous grandi en science et en sagesse puisque cela ne nous sert plus à rien ? Pourquoi des bras, des jambes, des yeux viennent-ils à l’embryon ? C’était en prévision de ce qui allait suivre. Et nous, si nous grandissons en science et en sagesse, en expérience, en connaissances, c’est en prévision de ce qui doit suivre. Elles nous préparent à servir à un niveau plus élevé qui suit la mort. »
…
Le trait caractéristique de l’Eglise Clandestine est l’ardeur de sa foi.
Quand j’invoque Jésus devant un communiste, j’ai comme allié et appui le besoin le plus profond de son cœur. Pour cet homme, le plus difficile n’est pas de répondre à mes arguments, c’est de faire taire la voix de sa propre conscience, laquelle me donne raison.
Dès que la foi a touché un individu –fût-elle rudimentaire- elle se développe et progresse en lui. Et nous, de l’Eglise Clandestine, nous sommes sûrs qu’elle aura la victoire, parce que nous l’avons vue multiplier ses conquêtes.
Il faut bien comprendre qu’en Russie et en Chine il n’y a plus de chrétiens purement nominaux, tièdes et somnolents ; le prix à payer y est beaucoup trop élevé. Il faut ensuite se rappeler que les persécutions ont toujours produit des chrétiens meilleurs, des chrétiens qui n’ont pas peur de témoigner, des conquérants d’âmes. La persécution communiste a chauffé les nôtres à blanc ; elle en a fait des apôtres d’un zèle ardent, dont on voit rarement l’égal dans les pays libres, et qui ne comprennent pas que l’on puisse être chrétien sans brûler du désir de gagner toutes les âmes que l’on rencontre.
«L’Etoile Rouge » (qui est le journal de l’Armée russe) s’est moquée des Russes chrétiens en ces termes : « Les adorateurs du Christ aiment planter sur n’importe qui leurs griffes de gloutons. »
C’est avouer que par l’éclat de leur vie ils se gagnent l’estime et le respect dans leurs villages et leurs alentours. Dans chaque localité, dans chaque ville, c’est eux que l’on recherche de préférence, et on les aime.
Une femme est-elle trop malade pour s’occuper de ses enfants ? Une mère chrétienne vient prendre soin d’eux.
Un homme est-il incapable de scier son bois ? Un chrétien le fait pour lui.
Ils « vivent » leur christianisme. Aussi, lorsqu’ils se mettent à témoigner pour le Christ, on les écoute et on les croit parce qu’on voit le Christ vivre en eux.
Depuis que seuls les pasteurs autorisés par l’Etat peuvent prêcher dans les églises, des millions de chrétiens fervents et généreux gagnent des âmes dans tous les coins du monde communiste, en prenant la parole ou en exerçant la charité sur les marchés, autour des pompes de village, et partout où l’occasion s’en présente. Ouvrez les journaux communistes. Vous y verrez que des bouchers chrétiens glissent des tracts évangéliques dans les papiers qui enveloppent la viande remise au client. Vous y verrez que des chrétiens occupant des emplois d’autorité dans les imprimeries communistes reviennent furtivement tard dans la nuit, mettent des presses en marche, tirent des milliers de textes chrétiens et repartent avant le lever du jour. Vous y verrez qu’à Moscou des enfants chrétiens ont reçu des Evangiles provenant de « source inconnue », en ont copié des passages à la main, et les ont glissés dans les poches des pardessus que leurs maîtres suspendaient dans les placards de l’école. Dans tous les pays communistes, un immense corps de laïcs, hommes et femmes, constitue déjà une force missionnaire puissante, efficace et qui conquiert les âmes.
Ces millions de croyants, sincères, fervents, zélés, les communistes espéraient bien que la persécution les détruirait. Au contraire, ils sont sortis de la fournaise purifiés et trempés.
Des missionnaires revenus de Cuba ont déclaré qu’une « église laïque » est entrée en action là-bas depuis que les pasteurs fidèles sont emprisonnés, ou persécutés, ou remplacés par des « desservants » communistes.
Le nom d’Eglise Clandestine nous est venu des communistes, et aussi des Occidentaux qui, curieux de la situation religieuse à l’Est, pressentaient qu’une organisation secrète s’y était formée spontanément. Quant à eux, les membres de cette Eglise se dénomment eux-mêmes chrétiens, croyants, enfants de Dieu. Mais ils poursuivent un travail clandestin, ils se rencontrent à l’écart, ils répandent l’Evangile dans des réunions tenues en cachette, où se trouvent parfois des étrangers qui diront n’avoir pas vu l’Eglise clandestine. Ainsi, ce qualificatif, qui lui convient tout à fait, a été donné à notre Eglise tant par des ennemis que par des admirateurs étrangers de son organisation secrète.
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23.09.2009
L’EGLISE DU SILENCE TORTUREE POUR LE CHRIST
Les chrétiens de l’Eglise Clandestine ont prouvé qu’ils sont prêts à mourir pour leur foi. L’apostolat que je continue d’exercer peut me valoir un nouvel emprisonnement en pays communiste, de nouvelles tortures et la mort, parce que je dirige une Mission Secrète détachée derrière le Rideau de fer, et que j’en prends sur moi tous les risques. Ce que j’écris, je le crois.
J’ai le droit de demander : « Les chefs de l’Eglise de l’Ouest qui font amitié avec le communisme sont-ils prêts à mourir pour cette foi-là ? Qui les empêche de quitter leurs hautes situations de l’Ouest pour devenir à l’Est des pasteurs officiels et collaborer –sur le tas- avec les communistes ? Eh bien ! Aucun chef d’Eglise en Occident n’a encore donné cette preuve de foi.
Le langage humain est né du besoin des hommes de se comprendre l’un l’autre pour la chasse, la pêche, la production des objets nécessaires à la vie et pour exprimer leurs sentiments réciproques. Il n’existe pas de mots humains pour exprimer les mystères de Dieu et les altitudes de la vie spirituelle. Il n’en existe pas non plus pour décrire les profondeurs de la cruauté diabolique. Pouvez-vous trouver des mots capables de définir ce que ressent un homme que les Nazis vont jeter dans un four crématoire ou qui y voit jeter son fils ? Il est donc vain d’essayer de décrire ce que des chrétiens ont souffert et souffrent encore sous les communistes.
Ce livre est écrit moins avec de l’encre qu’avec le sang jailli des cœurs transpercés.
Néanmoins, de même qu’au temps de Daniel les trois jeunes hommes sortirent de la fournaise sans avoir souffert du feu, de même les chrétiens sortis des prisons communistes ne conservent pas de ressentiment contre leurs bourreaux.
Une fleur, si vous l’écrasez sous vos pieds, se venge en vous donnant son parfum. Ainsi nos martyrs, en échange des tortures, donnent de l’amour. Nous avons amené au Christ beaucoup de nos gardiens. Et un seul désir nous domine : donner aux communistes ce que nous avons de meilleur, le salut qui vient de Notre Seigneur Jésus-Christ.
Pourquoi je souffre en Occident
Je souffre à l’Ouest plus que je n’ai souffert dans les pays communistes.
Et d’abord, et avant tout, parce que je soupire après les indicibles beautés de l’Eglise Clandestine, cette Eglise si conforme à l’antique conseil latin : « Nudi nudum Christum sequi » (suivre nus le Christ nu).
Dans le camp communiste, le Fils de l’Homme et les siens ne trouvent nulle part de quoi reposer leur tête. Là-bas les chrétiens ne peuvent se bâtir de maisons. A quoi bon ? On les leur confisquerait dès leur première arrestation. La seule possession d’une maison neuve fournirait contre eux un grave chef d’accusation, car les communistes voudraient se l’approprier. Là-bas, vous ne prenez pas le temps d’ensevelir votre père ou de dire adieu aux vôtres avant de suivre le Christ. Qui est votre père, votre frère, votre sœur ? Vous êtes, à cet égard, semblable à Jésus. Votre mère et votre frère sont ceux qui font la volonté de Dieu. Quant aux liens naturels, peuvent-ils encore compter lorsqu’il arrive si souvent que la fiancée dénonce son futur, les enfants leurs parents, les épouses leurs maris ? De plus en plus seule subsiste la fidélité spirituelle.
L’Eglise Clandestine est pauvre et souffrante, mais elle ne compte pas de tièdes.
Un office religieux y est ce qu’il était voilà dix-neuf cent ans dans la primitive Eglise. Le prédicateur ne connaît qu’une théologie sommaire. Tout comme Pierre, il ignore l’homélie ; n’importe lequel de nos professeurs de théologie aurait donné une mauvaise note au Prince des Apôtres pour son sermon du jour de la Pentecôte. On connaît peu les versets de la Bible dans les pays communistes, parce qu’on y manque de Bibles. En outre, il est plus que probable que les prédicateurs sont restés en prison sans Bible pendant des années.
Professent-ils leur foi en un Père ? Leur profession de foi est pleine de sens, parce qu’elle cache un drame. Chaque jour, en prison ils ont demandé du pain au Père tout-puissant, et ils ont reçu du chou farci d’immondices : ils croient pourtant que Dieu est un Père tout-puissant. En cela, ils sont pareils à Job qui a dit : « Je croirais en Dieu même si Dieu me menaçait de mort. » Ils sont pareils à Jésus qui appelait « mon Père » ce Dieu qui paraissait l’abandonner sur la Croix.
Celui qui a connu la splendeur spirituelle de l’Eglise Clandestine ne peut plus se contenter du vide de certaines Eglises de l’Occident. Je souffre à l’Ouest plus que je n’ai souffert dans les geôles communistes, parce que je vois maintenant de mes yeux agoniser la civilisation occidentale.
Dans « le Déclin de l’Occident », Oswald SPENGLER a écrit : « Vous êtes à l’agonie. Je discerne en vous tous les symptômes de la décadence. Votre abondance et votre pénurie, votre capitalisme et votre socialisme, vos guerres et vos révolutions, votre athéisme et votre pessimisme et votre cynisme, votre immoralité, vos divorces, votre contrôle des naissances, tout ce qui en bas vous couvre de sang et injecte en haut la mort dans vos cerveaux, tout cela, je peux vous prouver que ce sont les signes caractéristiques des époques qui ont vu s’écrouler les Etats de l’Antiquité, Alexandrie et la Grèce, et Rome la névrosée. »
Cela fut écrit en 1926. Depuis lors, la démocratie et la civilisation sont déjà mortes dans la moitié de l’Europe et jusque dans la lointaine Cuba. Le reste de l’Occident dort.
Mais il reste une force qui ne s’endort pas, celle des communistes. Tandis qu’à l’Est ils ont perdu leurs illusions, à l’Ouest le communisme est demeuré virulent. Ses partisans de l’Ouest ne croient tout simplement pas à ces comptes-rendus fâcheux de cruautés, de misère et de persécution dans les pays communistes. Poussés part un zèle infatigable, ils vont propageant partout leur foi, dans les salons des riches, dans les cercles intellectuels, les collèges, les quartiers pauvres et les églises.
Nous autres, chrétiens, le plus souvent nous n’engageons qu’à moitié notre cœur au service de la pleine vérité. Eux, ils sont toujours de plein cœur au service du mensonge.
Et pendant ce temps les théologiens de l’Ouest discutent de vétilles.
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22.09.2009
L’EGLISE DU SILENCE TORTUREE POUR LE CHRIST
Un compromis. Nous prêchons, ils nous battent
Défense stricte nous était faite de prêcher aux autres prisonniers. Il était stipulé que quiconque était pris à le faire recevait une sévère correction. Quelques-uns d’entre nous décidèrent de payer le prix du privilège de prêcher. Nous acceptâmes les conditions. Nous prêchions, et ils nous battaient. Et tout le monde fut satisfait : nous de prêcher, eux de nous battre.
Une scène que j’ai vue plusieurs fois me revient en mémoire. Un de nos confrères était en train de prêcher devant d’autres prisonniers quand soudain les gardiens entrèrent, l’arrêtèrent au milieu d’une phrase, le saisirent et l’entraînèrent vers la « salle de correction ». Après une « correction » qui nous parut ne devoir jamais finir, ils le ramenèrent enfin et le jetèrent exténué et sanglant sur le sol de la cellule. Peu à peu, le malheureux redressa son corps rompu, puis il rajusta péniblement son vêtement, et dit : « Où en étais-je, frères, quand ils m’ont interrompu ? » Et terminant la phrase restée en suspens, il poursuivit sa leçon sur l’Evangile.
Que de belles choses j’ai vues !
Il arrivait que les prédicateurs fussent des laïcs. Des hommes très simples qu’inspirait le Saint-Esprit prêchaient souvent de manière remarquable. Leur cœur palpitait dans leurs mots, car prêcher en face de pareils risques n’est pas chose à prendre à la légère ; les gardes pouvaient survenir, saisir l’orateur, le rouer de coups et le laisser pour mort.
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Des tortures infligées par les bouchers communistes émane une grande leçon : l’âme est maîtresse du corps. Souvent au milieu des tourments la douleur que nous ressentions nous paraissait quelque chose d’étranger qui se passait très loin de notre âme perdue dans la gloire du Christ présent en nous.
LA CHARITE DU CHRIST NOUS PRESSE
Une légende juive raconte que lorsque les Juifs sortirent d’Egypte après que la Mer Rouge se fût refermée sur les Egyptiens, les Anges joignirent leurs chants de triomphe à ceux des Israélites. Et Dieu dit aux anges : « Les Juifs sont des hommes, ils peuvent donc se réjouir de leur délivrance. Mais de vous j’attendais plus d’intelligence. N’ai-je pas aussi créé les Egyptiens ? Est-ce que je ne les aime pas, eux aussi ? Comment ne sentez-vous pas le chagrin que me cause leur malheureux sort ? »
Quand Josué arriva devant Jéricho, il leva les yeux et vit un homme qui lui faisait face, une épée nue à la main. Il s’approcha de cet homme et dit : « Es-tu pour nous ou pour nos ennemis ? » (Josué 5/13)
Si cet inconnu n’avait été qu’un homme, il eût répondu : « Je suis pour vous » ou bien « Je suis pour vos ennemis » ou encore « Je suis neutre ». C’étaient là les seules réponses humaines possibles.
Mais cet être venait d’un autre monde et c’est pourquoi, à la question de Josué, il donna une réponse inattendue et difficile à comprendre. « Non », dit-il. Que signifie ce non ? Cet être venait d’un monde où l’on n’est ni pour ni contre, ou tout et tous sont compris, considérés avec pitié et compassion, aimés avec ardeur.
Au niveau humain, le communisme doit absolument être combattu, et par conséquent les communistes aussi puisqu’ils sont les suppôts de cette cruelle et sauvage idéologie. Mais les chrétiens sont plus que des hommes ; enfants de Dieu, ils participent de la nature divine. C’est pourquoi les tortures endurées dans les geôles communistes ne m’ont pas inspiré la haine des communistes. Ceux-ci sont des créatures de Dieu. Comment les haïrais-je ? Je ne peux pas non plus être leur ami. Amitié, cela veut dire une seule âme en deux cœurs. Je ne fais pas âme unique avec les communistes. Ils exècrent l’idée de Dieu, j’aime Dieu.
Si l’on me demandait : « Etes-vous pour ou contre les communistes ? » ma réponse serait complexe. Il n’y a pas pour l’humanité menace plus grave que le communisme ; j’en suis l’adversaire résolu et je le combattrai jusqu’à ce qu’il soit abattu. Mais en esprit, je suis assis aux côtés de Jésus dans les régions célestes, dans ce monde du « non » où, en dépit de leurs crimes, les communistes sont compris et aimés, où des êtres angéliques s’efforcent d’aider chaque homme à atteindre le but de sa vie qui est de ressembler au Christ. Mon objectif est donc de répandre l’Evangile parmi les communistes et de leur apporter la bonne nouvelle de la vie éternelle.
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Comment on peut être joyeux, même en prison
Quand je repense à mes quatorze années de prison, j’y retrouve quelques moments de bon temps. Les autres prisonniers et des gardiens eux-mêmes s’étonnaient de la joie des chrétiens en de si terribles circonstances. Nous ne pouvions nous empêcher de chanter, malgré les sanctions prévues. Les rossignols se tairaient-ils s’ils savaient que leur chant les condamne à mort ? Des chrétiens dansaient de joie en prison. Dans cette extrémité, d’où pouvait donc provenir leur allégresse ?
J’ai souvent médité sous les verrous cette parole de Jésus à ses disciples : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez. » Les disciples revenaient alors d’une tournée en Palestine, au cours de laquelle ils avaient vu des horreurs. La Palestine était occupée ; partout y régnait l’affreuse misère d’un peuple tyrannisé. Maladies, famine, ulcères, accablement, voilà ce qu’avaient rencontré les disciples. Les maisons où ils étaient entrés retentissaient de sanglots de mère et d’épouses, celles des patriotes emmenés dans les prisons. Ah ! certes, ce n’était pas beau à voir. Et pourtant Jésus disait : « Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! » Pourquoi ? Parce qu’ils n’avaient pas vu seulement le malheur. Ils avaient vu aussi le Sauveur universel, le Maître de la béatitude finale, le But que doit atteindre l’humanité. Pour la première fois, des larves disgraciées, de ces chenilles qui rampent sur les feuilles, comprenaient qu’après cette misérable existence vient une vie aussi belle que celle du magnifique papillon multicolore qui vole de fleur en fleur.
Ce bonheur était aussi le nôtre. Autour de moi gisaient des Jobs, quelques-uns plus affligés que ne le fut Job lui-même. Mais je connaissais la fin de l’histoire de Job, je savais qu’il lui a été rendu deux fois plus que ce qu’il possédait auparavant. Autour de moi se trouvaient de pauvres Lazare, faméliques et couverts d’ulcères suintants ; mais je savais que les anges les emporteraient tous dans le sein d’Abraham. Je les voyais tels qu’ils seraient dans cet au-delà. Par-delà le martyr étendu près de moi dans la boue et la sanie, j’entrevoyais le saint glorieusement nimbé du lendemain.
A regarder ainsi les hommes –non tels qu’ils sont, mais tels qu’ils seront- je pouvais aussi, en des persécuteurs pareils à Saül de Tarse, entrevoir le futur saint Paul. Et quelques-uns le sont devenus. Des officiers de la police secrète devant qui nous avions rendu témoignage se sont convertis et se montrèrent ensuite très heureux de souffrit en prison parce qu’ils avaient trouvé le Christ. Dans les gardiens qui nous rouaient de coups, nous voyions le figure de ce geôlier de Philippes qui fouetta saint Paul et se convertit ensuite ; nous rêvions qu’il allait bientôt nous demander : « Que dois-je faire pour être sauvé ? ». Et ceux qui riaient lorsque des chrétiens barbouillés d’excréments étaient attachés à des croix n’étaient-ils pas ces gens de Golgotha qui bientôt allaient se frapper la poitrine dans la crainte d’avoir péché ?
C’est en prison que nous est venu l’espoir de sauver les communistes ; c’est là que s’est développé le sens de notre responsabilité à leur égard ; c’est lorsqu’ils nous torturaient que nous avons appris à les aimer.
Une grande partie de ma famille a été assassinée. Or c’est dans ma maison que le meurtrier s’est converti. C’était bien l’endroit qui convenait le mieux. Et c’est aussi dans les prisons des communistes qu’est née l’idée d’une mission chrétienne auprès des communistes.
Nous voyons les choses autrement que les fourmis et Dieu les voie autrement que nous.
Du point de vue humain, être attaché à des croix et couvert d’excréments constitue une chose horrible. Cependant la Bible appelle « afflictions légères » les souffrances des martyrs. Quatorze ans de prison, cela nous paraît long. Cependant la Bible dit : « Ce n’est qu’un moment à passer qui nous mérite une immense somme de gloire ». Cela nous donne le droit de supposer que les furieuses violences des communistes, qui nous semblent inexcusables et contre quoi nous devons nous élever de toutes nos forces, sont moins graves aux yeux de Dieu qu’aux nôtres. Devant Dieu, pour qui mille ans sont comme un jour, peut-être leur tyrannie, vieille d’un demi-siècle, n’est-elle qu’un simple moment d’aberration ? Ils peuvent encore être sauvés.
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21.09.2009
L’EGLISE DU SILENCE TORTUREE POUR LE CHRIST
Pour le nom du Christ
J’ai exercé ce ministère à la fois officiel et clandestin jusqu’au 29 février 1948. Ce jour-là était un dimanche, un beau dimanche. Je me rendais à l’église quand la police secrète m’enleva en pleine rue.
Bien des fois je m’étais demandé ce que signifie l’expression « ravisseur d’hommes » qu’on trouve en plusieurs endroits dans la Bible. Le communisme nous l’a appris.
Nombreux furent à l’époque ceux qu’on enlevait comme je le fus ce jour-là. Un fourgon de la police stoppa devant moi, quatre hommes en bondirent et me poussèrent dedans. J’étais retiré de la circulation, et pendant plus de huit ans personne ne sut si j’étais mort ou vivant. Des policiers, qui se présentaient comme prisonniers libérés, vinrent rendre visite à ma femme et lui racontèrent qu’ils avaient assisté à mon enterrement. Elle en eut le cœur déchiré.
A la même époque furent emprisonnés des milliers de fidèles de toutes les confessions, et non seulement des ecclésiastiques, mais aussi de simples paysans, de jeunes garçons, des jeunes filles qui ne cachaient pas leur foi. Les prisons étaient bondées, et prison, en Roumanie comme dans tous les pays communistes, signifiait torture.
Parfois celle-ci étaient atroces. Je préfère ne pas trop parler de celles que j’ai endurées ; quand je m’y laisse aller, je n’en dors pas de la nuit suivante. C’est trop douloureux.
Indicibles tortures
Un pasteur nommé Florescu était brûlé au moyen de tisonniers et de lames portés au rouge, puis sauvagement battu. Après quoi, des rats affamés étaient introduits dans sa cellule à travers un gros tuyau. Au lieu de dormir, il devait se défendre sans trêve contre leurs assauts. Cela dura quinze jours et quinze nuits. Les communistes voulaient le forcer à dénoncer ses frères, il résistait sans faiblir. A la fin, ils amenèrent son fils âgé de 14 ans et le fouettèrent devant lui jusqu’à ce qu’il acceptât de parler. Quand ce spectacle lui devint intolérable, le père cria à son enfant : « Alexandre, je vais leur dire ce qu’ils désirent, je ne peux plus supporter qu’ils te battent davantage. » Et son fils répondit : « Non, papa. Ne me fais pas l’injure de me donner un traître pour père. Tiens bon ! S’ils me tuent, je mourrai en disant : Pour Jésus et pour ma patrie. »
Furieux, les communistes battirent à mort le jeune garçon, dont le sang giclait sur les murs de la cellule et qui mourut en priant. Notre cher confrère Florescu ne fut plus jamais le même homme ensuite.
On nous mettait aux poignets des menottes bardées de pointes acérées. Quand nous restions tout à fait immobiles, celles-ci ne nous déchiraient pas. Mais comme il faisait très froid dans nos cellules nous frissonnions souvent et les pointes nous lacéraient les poignets.
Des chrétiens étaient suspendus à des cordes et si cruellement battus que leurs corps se balançaient sous les coups comme des pendules. D’autres étaient enfermés dans des glacières, « chambres frigorifiques » si froides que l’intérieur en était tapissé de glace. J’y fus enfermé moi-même, très légèrement vêtu. Par le judas, les médecins de la prison venaient surveiller les patients ; aux premiers symptômes de la mort par le froid ils appelaient et des gardes accouraient pour nous sortir et nous réchauffer. A peu près revigorés, nous étions rejetés dans la glacière pour regeler –encore et encore- dégelés dehors puis regelés dedans jusqu’à l’approche de la mort, puis redégelés, et cela interminablement. Il m’arrive aujourd’hui de ne pouvoir supporter qu’on ouvre un frigidaire devant moi.
D’autres fois, on nous enfermait dans des caisses de bois à peine plus larges que nous, où le moindre mouvement nous était impossible. Des dizaines de pointes aiguës en garnissaient les parois. Tout allait bien quand nous ne bougions pas. Mais comment se tenir debout pendant des heures sans fléchir ? Quand sous l’effet de la fatigue nous vacillions ou même tout simplement quand un de nos muscles se contractait, ces abominables pointes nous entraient dans le corps.
Ce que les communistes ont infligé aux chrétiens passe l’entendement. J’ai vu de ces bourreaux remplir leur office le visage ravi, rayonnant de plaisir. Pendant qu’ils torturaient, on les entendait hurler : « C’est nous le diable ! »
Nous luttions moins contre la chair et le sang que contre les principautés et les puissances du mal ; il était trop évident que le communisme procède non des hommes, mais du Démon. C’est une force spirituelle –une force diabolique- qui ne peut être domptée que par une force spirituelle supérieure, l’Esprit de Dieu.
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Inimaginable est la cruauté de l’athéisme. Quand un homme ne croit pas que les bons seront récompensés et les méchants punis, il n’y a pas de raison qu’il reste humain ; il n’y a pas de limite en lui pour le sombre empire du mal. Nous avons souvent entendu de ces bourreaux communistes affirmer : « Il n’y a pas de Dieu, ni, par conséquent, de punition pour le mal. Nous pouvons faire tout ce que nous voulons. »
J’en ai même entendu un crier : « Ton Dieu, en qui je ne crois pas, je le remercie de m’avoir laissé vivre jusqu’à cette heure où je peux exprimer tout le mal que j’ai dans le cœur ». Et cela tandis qu’il infligeait à des prisonniers des tortures d’une incroyable férocité.
Qu’un crocodile dévore un homme, cela me fait peine, mais je ne peux pas en blâmer le crocodile. C’est un crocodile, ce n’est pas un être moral. On ne peut rien reprocher non plus aux communistes : ils ont détruit en eux tout sens moral et se glorifient d’avoir un cœur inaccessible à la pitié.
Mais, j’en ai tiré une leçon : puisqu’ils ne laissaient aucune place à Jésus dans leur cœur, je résolus de ne pas laisser dans le mien la moindre petite place à Satan.
J’ai témoigné devant le Sous-Comité du Sénat des Etats-Unis. J’y ai décrit des spectacles terrifiants, par exemple des chrétiens attachés à des croix pendant quatre jours et quatre nuits ; les croix étaient étendues par terre et des centaines de prisonniers étaient contraints de venir se soulager sur le visage et les corps des crucifiés. Puis les croix étaient dressées et les communistes hurlaient et ricanaient : « Regardez-le, votre Christ ! Regardez comme il est beau ! »
J’ai raconté comment un prêtre, rendu presque fou par la torture, a été forcé de consacrer des excréments humains et de l’urine et d’en communier des chrétiens ; cela s’est passé dans la prison roumaine de Pitesti. J’ai demandé ensuite à ce prêtre pourquoi il n’avait pas préféré la mort à cette parodie : « De grâce, dit-il, ne me jugez pas, j’ai souffert plus que le Christ. »
Toutes les descriptions de l’Enfer dans la Bible, tous les supplices de l’Enfer de Dante ne sont rien en comparaison des tortures infligées dans les prisons communistes.
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Je n’en finirais pas non plus de raconter, en regard des abominations des communistes, les sacrifices des chrétiens. On n’entendait pas seulement parler des tortures, on connaissait aussi les actes d’héroïsme, et ces exemples héroïques donnés par les prisonniers étaient d’un grand réconfort pour leurs frères encore libres.
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20.09.2009
L’EGLISE DU SILENCE TORTUREE POUR LE CHRIST
Nous avons donc rencontré un type de chrétien entièrement nouveau : le chrétien de l’Eglise Clandestine. De là d’innombrables surprises.
De même que beaucoup se croient chrétiens qui en réalité ne le sont pas, de même beaucoup de Russes se croient athées et en fait ne le sont pas.
J’ai eu devant moi un couple de Russes, tous deux sculpteurs. Quand je leur parlai de Dieu, ils me répondirent : « Non, Dieu n’existe pas. Nous sommes des « bezboshniki » -des sans-Dieu. Mais il nous est arrivé quelque chose qui vous intéresse et que nous allons vous raconter. Nous étions en train, -poursuivit l’homme- de travailler à une statue de Staline quand un jour ma femme me dit :
- Mon cher mari, que penses-tu de notre pouce ? S’il ne s’opposait pas à nos doigts, si les doigts de nos mains étaient comme nos orteils, nous serions incapables de tenir marteau, maillet, outil, livre ou morceau de pain. Sans ce petit pouce, impossible serait la vie humaine. Alors, qui l’a inventé, ce pouce ?
Nous avons tous deux appris dans les écoles marxistes que le ciel et la terre n’ont pas été créés par un Dieu, qu’ils existent par eux-mêmes, et nous le croyons. Mais ce Dieu qui n’a pas créé le ciel et la terre aurait-il seulement créé le pouce qu’il faudrait lui rendre grâce rien que pour cette petite invention.
Nous honorons Edison, Bell et Stephenson parce qu’ils ont inventé l’ampoule électrique, le téléphone, le chemin de fer et autres merveilles. Alors, pourquoi pas l’inventeur du pouce ?
Si Edison n’avait pas eu de pouce, il n’aurait rien inventé. Il est donc juste de remercier le Dieu qui a inventé ce doigt.
Comme il arrive souvent aux maris dont les épouses font preuve de bon sens, celui-ci se mit en colère : « Assez de sottises ! Tu as appris qu’il n’y a pas de Dieu. Enfonce-toi ça dans la tête une bonne fois pour toutes. Dans le ciel, il n’y a personne. »
- Voici quelque chose de plus étonnant encore, répliqua la femme.
S’il y avait au ciel ce Dieu tout puissant en qui nos ancêtres ont eu la stupidité de croire, il serait tout naturel que nous ayons un pouce ; car un créateur tout-puissant peut tout y faire, y compris ce doigt-là. Mais s’il n’y a personne au ciel, eh bien ! moi, je suis décidée à remercier ce créateur du pouce qui s’appelle personne.
Ce dit « Personne » tous deux se mirent à l’adorer. Peu à peu leur foi grandit et leur montra aussi en Lui le créateur des étoiles, des fleurs, des enfants, de toutes les beautés d’ici-bas. Ainsi, dans Athènes autrefois, saint Paul trouva-t-il des adorateurs d’un « Dieu inconnu ».
Comment définir la joie de ce couple lorsqu’il apprit de moi que sa foi était bien fondée, qu’en réalité il n’y a dans le ciel Personne au sens matériel de ce mot, que Dieu est un pur esprit (2) : esprit d’amour, de sagesse, de vérité, de force. Et que ce Dieu-Personne les aime d’un tel amour qu’il a envoyé son Fils unique se sacrifier pour eux sur la croix.
Voilà donc des gens qui croyaient en Dieu sans le savoir. Et j’ai eu le précieux privilège de les faire avancer d’un pas dans la connaissance de la rédemption et du salut.
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(1) Underground Church, littéralement, Eglise souterraine
(2) Pour comprendre clairement ce passage, il faut recourir au texte anglais. En anglais Personne se dit Nobody, ce qui –littéralement- signifie Pas de
Corps. Les deux russes disaient donc : « Au ciel il n’y a pas de corps ». D’où un jeu de mots intraduisible en français et la réponse du pasteur : « En effet Dieu n’a « pas de corps ».
Extrait du livre de Richard WURMBRAND «L’EGLISE DU SILENCE TORTUREE POUR LE CHRIST »
Collection Témoignages – MEDIASPAUL PARIS
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16.09.2009
Amen !
Osez dire « Amen » à la volonté, parfois mystérieuse, de Dieu.
Dites-le, alors même que le cœur et la chair défaillent ;
Dites-le dans l’orage des sentiments tumultueux et sous la pluie des larmes ;
Dites-le, même s’il devait vous paraître comme le dernier mot qui dût être dit… dans cette vie qui fut rapide comme une marée.
Vous ferez alors l’expérience que l’acquiescement de la volonté devient, par la suite, le choix du cœur. A mesure que les jours s’écouleront, quelque incident, quelque tournant de la route, le concours de circonstances imprévues, jetteront subitement dans votre esprit et dans votre raison la conviction que les voies de Dieu étaient justes, les plus sages et les meilleures.
La parole : « Ce que tu ne comprends pas maintenant tu le comprendras plus tard », nous conserve dans une perpétuelle assurance vis-à-vis du guide, et le repos de la confiance est réalisé, non dans le monde à venir seulement, mais dès ici-bas, de ce côté-ci des douze portes de perles de la sainte cité.
L’Appel du Tessin
Pentecôte n° 6
Juin 2009
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12.09.2009
Prie jusqu’à ce que tu pries
Le Dr. Moody Stuart, un grand homme de prière d’une génération passée, avait dressé une liste de règles pour le guider dans ses prières.
Parmi ces règles se trouvait celle-ci : « Prie jusqu’à ce que tu pries ».
La différence entre prier jusqu’à s’arrêter et prier jusqu’à prier est illustrée par l’évangéliste américain John Wesley Lee.
Il comparait souvent une session de prière à un culte, et il insistait que bon nombre d’entre nous ARRÊTONS LA RÉUNION AVANT LA FIN DU CULTE.
Il a avoué, qu’à une occasion, il s’était levé trop tôt d’une session de prière et il avait commencé à marcher dans la rue pour s’occuper d’une affaire pressante. Il n’avait parcourue qu’une courte distance quand une voix intérieure l’a repris : « Mon fils, » semblait dire la voix, « n’as-tu pas prononcé la bénédiction avant que la réunion soit terminée ? »
Il a compris et il s’est empressé aussitôt de retourner à son lieu de prière, où il est resté jusqu’à ce que le fardeau se lève et la bénédiction tombe.
L’habitude de couper court à nos prières avant que nous ayons réellement prié est aussi courante qu’elle est malheureuse. Bien souvent, les dix dernières minutes peuvent être plus significatives que la première demi-heure, car il nous faut assez longtemps avant de nous mettre dans l’état d’esprit nécessaire pour prier efficacement. Nous devrons peut-être lutter avec nos pensées pour les empêcher de se dissiper à cause des multitudes de distractions qui résultent de notre vie dans un monde désordonné.
Ici, comme partout dans les choses spirituelles, nous devons nous efforcer de distinguer l’idéal du réel. Dans l’idéal, nous devrions vivre à chaque instant dans un tel état de parfaite union avec Dieu qu’aucune préparation particulière ne soit nécessaire. Mais, en réalité, rares sont ceux qui peuvent honnêtement dire que telle soit leur expérience. La candeur nous oblige pour la plupart à admettre que nous devons souvent lutter avant de pouvoir échapper à l’aliénation, et au sentiment d’irréalité qui repose parfois sur nous comme une sorte d’humeur générale.
Quoi qu’en puisse dire un idéalisme rêveur, nous sommes obligés de traiter les choses au niveau de la réalité concrète. Si, lorsque nous venons prier, nos cœurs sont apathiques et sans sens spirituel, il ne sert à rien d’essayer de se convaincre que ce n’est pas le cas. Il vaut bien mieux l’admettre franchement et le surmonter par la prière. Certains chrétiens sourient à l’idée de « surmonter par la prière, » mais on retrouve des pensées similaires dans les écrits pratiquement dans tous les grands saints prieurs depuis Daniel jusqu’à nos jours.
Nous ne pouvons pas nous permettre d’arrêter nos prières avant que nous ayons réellement prié.
Article extrait de “This World : Playground or Battleground ?”
par A. W. Tozer
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08.09.2009
Intimité avec le Maître
« Le Dieu d’éternité est un refuge
et sous ses bras éternels est une retraite»
Deutéronome 33/27
Dieu s’est plu à m’enseigner une leçon que je n’ai pas désapprise pendant plus de 14 ans.
En voilà l’explication : j’ai compris très clairement que la première grande affaire dont j’avais à m’occuper était de maintenir mon âme heureuse dans le Seigneur. Je n’avais pas à m’occuper en premier lieu de savoir combien je pourrais servir Dieu, mais comment mon âme pourrait demeurer dans cet état de bonheur et mon être intérieur être nourri de la Parole vivante.
Je pourrais en effet chercher à présenter la vérité aux inconvertis, ou essayer de faire du bien à des chrétiens ou encore secourir des désespérés. Je pourrais aussi chercher à me conduire comme il convient à un enfant de Dieu dans ce monde ; et pourtant, n’étant pas heureux dans le Seigneur, n’étant pas nourri et fortifié dans mon être intérieur, je pourrais faire tout cela sans être dans le bon esprit en l’accomplissant.
Avant cela, et pendant une dizaine d’années au moins, j’avais pris l’habitude de prier le matin après m’être habillé.
Maintenant je vois que la chose importante était de lire la Parole de Dieu, de la méditer afin que mon cœur soit réconforté, encouragé, repris et instruit, de telle sorte que mon âme puisse être amenée dans une communion expérimentale avec Dieu.
Je commençai donc à méditer en lisant le Nouveau Testament dès son début, tôt le matin.
La première chose que je faisais, après avoir réclamé en quelques mots la bénédiction du Seigneur sur la lecture de sa Parole, était de la méditer en examinant de près chaque verset, cherchant à en retirer du bénéfice pour mon âme ; je ne faisais pas cela en pensant à la prédication, mais en cherchant à nourrir mon âme.
En voici le résultat : après quelques minutes, j’étais invariablement conduit à la confession, ou à l’action de grâces, ou à l’intercession ou encore à la supplication ; c’est ainsi que, tout en ne me donnant pas véritablement à la prière, mais à la méditation, cela tournait immédiatement en prière.
Après avoir, pendant un certain temps, intercédé ou supplié ou rendu grâces, je continue en priant pour moi-même et les autres, selon que la Parole m’y pousse, mais en ayant toujours présent à l’esprit que le but de ma méditation est de nourrir mon âme.
La différence donc entre ma première méthode et l’actuelle est celle-ci : Je me levais, je commençais à prier aussitôt que possible et passais généralement tout le temps avant le petit déjeuner en prière ou presque. En tous cas, je débutais presque invariablement par la prière, excepté si je sentais que mon âme était particulièrement aride, dans lequel cas je lisais la Parole pour en obtenir de la nourriture ou un rafraîchissement, ou pour un réveil et un renouveau de mon être intérieur, avant de m’adonner à la lecture de la Bible.
Mais, quel en était le résultat ? Je passais souvent d’un quart d’heure à une heure sur les genoux, avant d’être conscient d’avoir reçu un réconfort, un encouragement ou l’humiliation de mon âme et, souvent, souffrant d’avoir laissé errer mes pensées durant les 10 premières minutes ou plus, je commençais à prier.
A présent, je ne souffre presque plus de cette façon. Car mon cœur a été nourri par la vérité et ayant été amené dans un état expérimental de communion avec Dieu, je parle à mon Père céleste et à mon ami (quoique j’en sois indigne) des choses qu’il m’a données à travers sa précieuse Parole.
Et maintenant, je m’étonne de ne pas avoir compris cela plus tôt.
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Prends la clé d’or.
Il t’appelle.
Entre dans le saint lieu !
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Auteur anonyme
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