10.10.2009

La foi et la crainte de Dieu - Franck Lefillatre

Il y a quinze jours, nous avons parlé de foi et d'irréprochabilité, et nous avons vu combien cette notion est

chère à Dieu. Puis, nous avons parlé sur une foi qui sait se couvrir et rendre la gloire à Dieu exclusivement,

c'est-à-dire une foi qui ne s'expose pas, ne se met pas en avant, mais qui met toujours Jésus-Christ au

premier plan.

Ce matin, nous parlerons de la foi avec la crainte de Dieu. Nous lisons dans (Jér.32/36-41) : « ...Et Je

mettrai Ma crainte dans leur coeur afin qu'ils ne s'éloignent pas de Moi... » La foi nous permet d'être

agréables au Seigneur. (Héb.11/6) dit : « Or sans la foi il est impossible de Lui être agréable... » Dieu ne

recherche pas premièrement nos oeuvres, nos mérites. Son désir est que nous ayons confiance en Lui et

dans Sa Parole. Ce verset nous dit aussi : « car il faut que celui qui s'approche de Dieu croie que Dieu

existe, et qu'Il est le rémunérateur de ceux qui Le cherchent. » Si sans la foi, il est impossible de plaire à

Dieu, nous verrons qu'autour de l'idée de crainte de Dieu, il y a deux verbes qui gravitent : s'approcher ou

s'éloigner de Dieu.

Le seul moyen pour s'approcher de Dieu en Jésus-Christ, c'est la crainte de l'Eternel associée à la foi en

Jésus-Christ. Jérémie l'exprime dans une perspective opposée, négative : « Je mettrai Ma crainte dans leur

coeur afin qu'ils ne s'éloignent pas de Moi. » La crainte de Dieu nous permet de nous approcher de Lui et

nous garde quant à nous éloigner de Lui. Je prens un exemple, c'est l'histoire de la Révélation de Dieu sur

le Mont Sinaï lorsque le peuple est dans la vallée au pied de la montagne dans (Ex.20/ 18-21) : « Tout le

peuple entendait les tonnerres et le son de la trompette ; il voyait les flammes de la montagne fumante. A

ce spectacle, le peuple tremblait, et se tenait dans l'éloignement...Moïse dit au peuple : Ne vous effrayez

point ; car c'est pour vous mettre à l'épreuve que Dieu est venu, et c'est pour que vous ayez Sa crainte

devant les yeux, afin que vous ne péchiez point. Le peuple restait dans l'éloignement ; mais Moïse

s'approcha de la nuée où était Dieu. » La crainte est ce qui nous garde dans le périmètre du salut. La

crainte de l'Eternel est le premier pas qui nous fait entrer dans le salut, puisque la crainte de l'Eternel est le

commencement de la sagesse. A l'opposé, elle nous empêche de nous éloigner, de rompre complètement

avec Dieu lorsque nous sommes en train de défaillir.

Pour nous approcher du Dieu Tout-Puissant, il nous faut donc la crainte de l'Eternel, car c'est cette crainte

de Dieu associée à la foi, qui Lui est agréable. C'est ce que nous voyons avec Israël qui s'est maintenu

dans l'éloignement et Dieu dit : « Je veux marquer leur coeur, je veux qu'ils aient la crainte de Moi. » Nous

pouvons dire qu'un jour, Dieu a marqué nos coeurs. La crainte n'est pas quelque chose qui est venue

naturellement. Jérémie dit de la part du Seigneur : « Je mettrai Ma crainte dans leur coeur. » Certes,

certaines personnes sont plus disposées à craindre Dieu, mais pour d'autres, c'était peut-être votre cas,

vous n'aviez aucune crainte de Dieu. Heureusement, un jour, le Seigneur planta dans notre coeur la crainte

de l'Eternel.

Arrêtons-nous un instant pour comprendre ce qu'est le mot crainte. Voyons sa définition. (1 Pier.2/17) : «

Honorez tout le monde, aimez les frères ; craignez Dieu ; honorez le roi. » Nous sommes appelés à aimer

les frères, honorer ceux qui nous gouvernent mais quant à Dieu, il s'agit de le craindre. Que dire de cette

idée de crainte ? Beaucoup de sentiments circulent au milieu de nous quant à cela. Nous essaierons d'y

mettre de l'ordre ce matin. Beaucoup sont mal à l'aise quand on parle de crainte de Dieu. Pour eux, Dieu

 

 

est un Père et il n'y a que de l'amour en Lui. On brandit aussi cette parole (1 Jn.4/18) : «L'amour parfait

bannit la crainte ». Et on dit : « Il ne peut y avoir de crainte puisqu'on est dans l'amour parfait. » D'autres

répondent : « C'est vrai mais il faut quand même craindre le Seigneur. »

Pour la majorité d'entre nous la crainte est un profond sentiment de respect, d'honneur, de révérence et

d'adoration. L'adoration est l'expression de cette crainte, de ce respect de qui Il est, de Sa majesté, de Sa

gloire. La crainte de l'Eternel s'exprime surtout à l'égard de la sainteté, de la pureté, de la perfection de

notre Dieu.

Mais ce n'est pas suffisant, la vérité est qu'il faut plus. Le verbe grec donnant craindre en français est «

phobéo » le substantif associé en français est phobie (une peur maladive). Cela donne une autre

dimension à l'idée de crainte du Seigneur. Que veut dire « phobéo » ? Evidemment cela ne veut pas

simplement dire : « avoir un profond sentiment de respect, honorer, vénérer ». Il veut dire : effrayer,

trembler, apeurer. Les noms associés à ce verbe sont : effroi, frayeur. Ce sont des mots que l'on trouve

dans les Evangiles.

Lorsque l'homme pécheur entre en contact avec le Dieu saint, il est saisi d'effroi. Par exemple dans

(Lc.5/4-9), alors qu'il avait passé toute la nuit à pêcher sans rien prendre, Jésus dit à Pierre : «Jette les

filets » et il ramena son filet, plein de poissons. Que fit Pierre ? Il se prosterna devant le Seigneur, et Lui dit

: « Retire-Toi de moi car je suis un homme pécheur et l'épouvante l'avait saisi. » Ce mot 'épouvante' est le

mot « phobéo » en grec. On est loin de la simple idée de respect. L'épouvante avait vraiment saisi Pierre

devant la puissance de Jésus : « Retire-Toi de moi, qui suis un homme pécheur. » Sur la Croix, deux

hommes sont cloués aux côtés du Seigneur. L'un se moque et l'autre se tourne vers le Seigneur en disant :

(Lc.23/39-43) : « Ne crains-tu pas Dieu, toi qui subis la même condamnation...et il se tournera vers Jésus

et dira : Souviens-Toi de moi, quand Tu viendras dans Ton règne... »

Il y a encore un autre effroi, il se manifeste par admiration et révélation. La révélation de Dieu amène les

hommes dans la crainte de Dieu. Deux exemples, le premier dans (Lc.9/28-36). C'est le passage de la

Transfiguration, Pierre, Jacques et Jean sont sur la Montagne, ils ont accompagné Jésus. Le ciel s'ouvre,

c'est extraordinaire, ne sachant que dire Pierre s'exclame (v.33) : « Dressons trois tentes... » Mais ce n'est

pas seulement ce que le texte dit (v.34) : «...Comme il parlait ainsi, une nuée vint les couvrir ; et les

disciples furent saisis de frayeur... » Là encore apparaît le mot grec « phobéo », crainte. Quand le ciel

s'ouvrit devant eux, le sentiment venant aux disciples, fut un de terreur. Une crainte les avait saisis, un

effroi devant cette gloire se manifestait. Le deuxième exemple, sur l'île de Patmos, vivait un vieillard,

l'apôtre Jean. Sur cette île, le Seigneur se révéla encore à lui. Jean vit alors Jésus-Christ glorifié, portant un

vêtement blanc de sacrificateur, une ceinture d'or, ses cheveux étaient blancs comme de la laine. Il le vit

dans Sa gloire céleste. (Apoc.1/17) dit : « Quand je Le vis, je tombais à Ses pieds comme mort. Il posa Sa

main droite sur moi, en disant : Ne crains point ! Je suis le Premier et le Dernier. » Ne crains pas, ne sois

pas effrayé, ne sois pas épouvanté !

Il suffirait aussi de réfléchir aux hommes de l'Ancien Testament. Abraham offrit un sacrifice (Gen.15/7-16).

Il partagea les animaux en deux. C'est à ce moment (v.12) qu'un sentiment de terreur descendit sur lui.

Moïse était devant le buisson ardent (Ex.3/6). Il se cachait le visage, car il avait peur de regarder Dieu. Il en

fut de même d'Elie sur la montagne. Quand quelqu'un entre dans la présence de Dieu, et reçoit une

révélation du Seigneur, il connaît un moment d'effroi, car il est comme écrasé. Regardez Daniel recevant

des visions, qu'elle fut sa réaction ? (Dan.8/27) : « Moi, Daniel, je fus languissant et malade... » Ezéchiel,

après avoir reçu la vision du char divin, tomba malade pendant plusieurs jours. Aujourd'hui, quand les gens

ont des révélations du Seigneur, la première chose qu'ils font est de se répandre sur des sites Internet afin

d'ameuter le monde entier. Tous les hommes de Dieu de la Bible qui reçurent une révélation du Seigneur,

exprimèrent premièrement de l'épouvante. Evidemment, ce n'est pas bien de parler ainsi, ce n'est pas du

tout un langage moderne. Aujourd'hui, on veut un Dieu qui ne fait pas peur... sinon les gens ne viendront

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jamais à Lui. Ce n'est pas ce que la Bible nous montre.

Concernant le chemin du salut, sans crainte de Dieu, il n'y a pas de salut. (Ps.14/1) : « L'insensé dit dans

son coeur : Il n'y a point de Dieu ! » Sans cette crainte, les hommes vivent comme ils veulent sans avoir de

compte à rendre. Dans les chapitres un à trois de l'épître aux Romains, Paul met en évidence que tous les

hommes, Juifs ou non-Juifs, sont tous pécheurs. (Rom.3/9) : «...Tous sont sous l'empire du péché... » Et un

peu plus loin, reprenant un Psaume : « La crainte de Dieu n'est pas devant leurs yeux. » Ils s'encouragent

dans cette voie-là (Rom.1/32) : « Non seulement ils font de telles choses, mais ils approuvent ceux qui le

font. » C'est ce que l'on voit aujourd'hui. (Rom.1/18) conclue : « A cause de cela la colère de Dieu se

manifeste envers eux. » Il n'est pas dit : « La colère de Dieu se manifestera » dans ce cas-là on pourrait

comprendre : « Au temps du Jugement ». Mais l'apôtre utilise un présent : « La colère de Dieu se manifeste

envers eux, car ils retiennent la vérité captive». Un peu plus loin, (v.20), il écrit : « Les hommes sont

inexcusables de ne pas craindre Dieu. » La Création témoigne de Dieu. L'idée de l'évolutionnisme de

Darwin est à la base de la religion athée qui règne dans notre pays. Sans l'idée d'évolution, notre société

ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui, car cette idée permet de se débarrasser de toute la Bible. Elle

permet de mettre un trait rouge sur le premier verset de la Bible (Gen.1/1) : « Dieu créa ... » A partir du

moment où l'on peut se débarrasser du premier verset le reste de la Bible, vous pouvez la mettre toute

entière dans un musée. En se débarrassant du Dieu Créateur, les hommes estiment qu'ils n'ont pas de

compte à Lui rendre qu'Il existe ou non ! Donc ils seraient libres de faire ce qu'ils veulent.

Paul dit : « Ils sont inexcusables ». Car la Création entière, dans sa complexité, dans sa diversité, dans son

étendue du plus grand au plus petit témoigne de la gloire de Dieu. A cause de cela, par trois fois, il écrit

que puisqu'ils ne veulent pas honorer Son Nom, Dieu les livre à l'impureté, aux passions infâmes, à leurs

sens réprouvés. Cela veut dire qu'Il avait mis des limites pour entourer et préserver l'homme en disant : «

Dieu créa ». L'homme s'affranchissant de ce cadre divin et prétendant ne pas trembler devant Son Nom,

Dieu dit : « Débrouilles-toi ». Il les a donc livrés et la colère de Dieu se manifeste ainsi.

Dieu merci, il existe des hommes autour de nous ayant la crainte de Dieu. Les missionnaires rapportent

que, beaucoup de gens dans les pays musulmans craignent Dieu. Ils ont simplement besoin d'être orientés

vers l'Evangile, et de comprendre qui est le véritable Sauveur, le véritable Dieu dans les cieux.

La Bible nous montre des hommes craignant Dieu. De Corneille, qui n'était pas Juif mais officier romain, il

est dit qu'il était pieux, craignait Dieu et pratiquait des aumônes. Il ne connaissait pas le Seigneur, mais il

avait entendu parler du Dieu d'Israël. Il affectionnait peut-être le monothéisme face à toute l'idolâtrie

romaine. Il y a des gens qui aiment l'Evangile, mais ils ne le connaissent pas comme le chemin du salut.

Nous prions que le Seigneur puisse nous utiliser comme Il a utilisé Pierre. Ceux qui témoignent

régulièrement du Seigneur peuvent rapporter qu'au moins une fois, ils ont été conduits vers des « Corneille

». Nous ne les connaissions pas, mais Dieu les connaissait. Dieu reconnait la crainte, le respect et

l'honneur dus à Son Nom qui existent dans le coeur de certains hommes. Il Lui plait de les sauver par le

témoignage de Sa Parole. Oui, la crainte du Seigneur est le commencement de la sagesse. C'est le

premier pas vers le salut. Toutefois, la crainte de Dieu ne suffit pas pour être sauvés, c'est le

commencement, c'est une bonne disposition de coeur. Mais ce n'est pas parce que quelqu'un craint le

Seigneur qu'il sera sauvé. Cela serait un faux évangile, ce serait peut-être un évangile très moderne. On

dirait : « Il craint Dieu, il Le respecte, tout va bien. » Oui, mais qu'y a-t-il au-delà de cette crainte ?

Seulement une bonne disposition de coeur, une bonne moralité ? Insuffisant malgré tout car le seul moyen

pour être sauvé est de croire dans la Parole de Christ. Donc ceux qui craignent Dieu doivent entendre

l'Evangile à la manière de Corneille, pour se repentir et placer leur foi en Jésus et c'est alors qu'ils seront

sauvés.

Jérémie dit : « Je mettrai Ma crainte dans leurs coeurs ». C'est la première oeuvre du Saint-Esprit. Il

cherche à marquer nos coeurs. Dans (Ex.20/20), il est dit : « C'est pour que vous ayez Sa crainte devant

vos yeux, afin que vous ne péchiez point. » Dieu veut imprimer nos coeurs de la crainte de Son Nom. Dans

(Jn.16/8), Jésus l'appelle conviction : « Quand Il sera venu, Il convaincra le monde en ce qui concerne le

péché, la justice et le jugement. » Le Saint-Esprit convainc de péché, de justice et de jugement. Les

traductions ne sont jamais très simples par rapport à la langue grecque, celle-ci est beaucoup plus riche

que le français. Et il faut bien comprendre ce qu'il y a derrière ce mot de conviction. Pour nous, une

conviction, c'est une idée forte mais en grec, le verbe pour convaincre est condamner. C'est étonnant, on

pense que Jésus n'est pas là pour condamner mais le texte dit que le Saint-Esprit condamne de péché, de

justice et de jugement. Ce n'est donc pas simplement mettre en nous une conviction comme nous le

penserions aujourd'hui, c'est un sentiment profond de perte irrémédiable. Quand on réfléchit à la

repentance, non pas seulement sous l'angle d'une conviction mais d'une condamnation, alors les choses

changent. Dieu marque les coeurs et montre à l'homme qu'il est un pécheur perdu. Il est convaincu de

péché, pas seulement à cause de mauvaises actions mais de sa nature pécheresse.

Cet état de pécheur expose tout homme à la justice de Dieu. Quand le pécheur fait face à la justice de Dieu

sans le sang de Jésus, une condamnation irrémédiable est prononcée. Je lisais une très belle étude sur

l'épître de Jean d'un pasteur de nos assemblées. Il y montre que l'on considère Jean comme l'apôtre de

l'amour, celui qui a écrit : « Dieu est amour ». Mais ce pasteur met en évidence un fait qui est trop souvent

sous-estimé, c'est qu'avant qu'il soit écrit : « Dieu est amour », il est écrit au début de l'épître : « Dieu est

lumière ». Il expose tout à Sa lumière, et ce que la lumière révèle, c'est le péché. L'amour de Dieu vient

après la lumière du Seigneur. Voilà des choses moins populaires. Comment gagner des gens avec cet

Evangile ? C'est oublier que c'est le Saint-Esprit qui fait l'oeuvre.

Dans cet état de condamnation, à l'écoute de l'Evangile, la première figure de Dieu que l'on rencontre n'est

pas Dieu le Père, mais Dieu le Juge à qui nous rendrons compte. C'est là que l'on comprend que la crainte

n'est pas seulement d'honorer et de respecter le Seigneur. Quelque part, un sentiment de peur se

manifeste. Il est vrai que les prédicateurs des 18ème et 19ème siècles, notamment les revivalistes

américains, prêchaient en accentuant exagérément sur la peur, menaçant leurs auditoires des flammes de

l'enfer... Ils allaient certainement trop loin mais ils prêchaient sérieusement la crainte de Dieu. Il y a dans le

ciel un Juge, à qui nous devons rendre compte. Et devant le Juge, le justiciable a un sentiment de peur.

(Ps.22/24) : «...Vous tous qui craignez l'Eternel, tremblez devant Lui. » On dira : « Cela, c'est l'Ancien

Testament ». Mais Jésus a dit (Mat.10/28) : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps et qui ne peuvent

tuer l'âme ; craignez plutôt Celui qui peut faire périr l'âme et le corps dans la géhenne. » Celui-là, c'est

Dieu. Ayez peur devant Lui. Ce n'est pas forcément l'Evangile que nous avons l'habitude d'entendre. Mais

l'Evangile de la crainte de Dieu est à la base de toute véritable et profonde conversion.

Je voudrais également vous montrer que la crainte de Dieu a un double aspect. D'abord, une peur à cause

de ma situation personnelle : je suis un pécheur, mais aussi une crainte à cause de Dieu, car Lui est saint.

Elle s'exprime à deux niveaux, comment puis-je m'approcher de Lui et ensuite me tenir dans Sa présence ?

Lorsque Dieu met Sa crainte dans nos coeurs, deux choses se produisent. Premièrement, une tristesse à

cause du péché mais cette tristesse conduit à la repentance (2 Cor.7/ 9) : « Je me réjouis à cette heure,

non pas de ce que vous avez été attristés, mais de ce que cette tristesse vous a portés à la

repentance...En effet, la tristesse selon Dieu produit une repentance à salut dont on ne se repent jamais...

» Cette tristesse marquée par Dieu, quant à notre situation, s'exprime dans la crainte et nous amène à la

repentance. Là, que saisissons-nous ? Le pardon et le salut. La tristesse selon Dieu nous conduit dans la

repentance mais Dieu nous relève, et dit : « Maintenant regarde à Mon Fils, car J'ai pourvu pour ton salut.

Je pardonne tes péchés. » Alors la tristesse à cause disparaît à cause du pardon donné à celui qui croit.

Deuxièmement, il y a aussi cette peur d'être devant Dieu : « Seigneur, Tu es Juge, Tu es Saint, que vais-je

devenir ? » Quand nous sommes dans cette peur, cet effroi, nous sommes sans voix devant le Seigneur,

nous nous soumettons, c'est l'obéissance de la foi, et celle-ci amène à la réconciliation avec Dieu.

Voilà

 

l'oeuvre de la crainte de l'Eternel. Dieu marque nos coeurs par Son Esprit et Sa Parole. Il arrive que cette

oeuvre d'implantation de la crainte de Dieu dans le coeur de l'homme nécessite une action divine énergique,

notamment à cause de la dureté des coeurs. Considérons Saul de Tarse, certainement celui-ci craignait

Dieu à sa façon mais en tout cas il ne craignait pas Jésus-Christ. Voilà que le Seigneur le percute et cet

homme abattu se tourne vers le Seigneur et Dieu change sa vie. Quand Dieu met Sa crainte dans nos

coeurs, ce n'est pas pour nous garder dans la peur, la culpabilité et l'accusation, c'est pour nous offrir Son

pardon et Sa réconciliation. Dieu change la tristesse en joie. Il change la peur en paix. C'est alors que

l'Esprit Saint répand dans nos coeurs l'amour de Dieu.

J'en arrive à (1 Jn.4/18) : « La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte ; car la

crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour. » L'amour est venu en nous,

car nous sommes passés par ce sentiment de crainte. Dieu a transformé tout cela pour nous amener à la

joie, la paix et l'amour. Quand l'amour de Dieu vient dans nos coeurs, que se passe-t-il quant à la crainte de

Dieu ? Le chrétien ne craindrait-il plus Dieu, car il serait parfait dans l'amour ? Regardons (Es.33/6) : « Tes

jours seront en sûreté ; la sagesse et l'intelligence sont une source de salut ; la crainte de l'Eternel, c'est là

le trésor de Sion. » Frères et soeurs, pour nous la crainte de Dieu est un trésor et nous ne nous

débarrassons pas d'un trésor. La crainte de notre Dieu est le trésor de Sion et celui de l'Eglise.

Je m'adresse à des chrétiens en paix avec Dieu, réconciliés par le sang de Jésus-Christ, appelant Dieu,

leur Père. Comprenons bien, nous avons dit que pour nous approcher de Dieu, il faut la crainte de Son

Nom, non pas une crainte apeurée mais une crainte qui devient une relation d'amour avec Lui. Il s'agit de

bien s'entendre sur ce qu'est la crainte du disciple pour son Seigneur. (Es.29/13), ce sont des paroles que

Jésus reprit dans l'Evangile de Marc : « Le Seigneur dit : Quand ce peuple s'approche de Moi, il M'honore

de la bouche et des lèvres ; mais son coeur est éloigné de Moi. Et la crainte qu'il a de Moi n'est qu'un

précepte de tradition humaine. » Quelle est la valeur de cette crainte ? On peut présenter des formes

extérieures de la crainte de Dieu. Cela n'impressionne pas Dieu, car Il sait ce qu'il y a dans les coeurs.

Notre crainte doit s'exprimer dans une relation véritable avec Lui. Nous devons considérer que, pour notre

vie chrétienne, la crainte de Dieu est un don. (Es.11/2-3) : « L'Esprit de l'Eternel reposera sur Lui : Esprit de

sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Eternel. Il

respirera la crainte de l'Eternel... » Quand le Seigneur met Son Esprit sur nous, nous respirons la crainte de

l'Eternel.

Jérémie dit : « Et Je mettrai Ma crainte dans leurs coeurs... » et la deuxième partie de la phrase ajoute : «

afin qu'ils ne s'éloignent pas de Moi. » La crainte garde le chrétien, elle agit comme une espèce de

barrière, une clôture. Elle définit le périmètre du salut. Si je suis à l'intérieur de cette clôture, je suis en

relation avec mon Dieu, dehors, je suis comme l'insensé qui dit : « Il n'y a point de Dieu. » Un jour, le

Seigneur nous fait pénétrer à l'intérieur de cette clôture et ferme la porte avec un gros cadenas. Pour nous,

la crainte du Seigneur est un cadenas verrouillé. Imaginez ce périmètre du salut, comme une barrière

infranchissable avec une porte et un cadenas bien verrouillé. Nous pouvons nous éloigner du Seigneur,

cela a peut-être été le cas dans votre vie, mais il y avait cette crainte de l'Eternel, et vous disiez : « Je ne

peux pas aller au-delà, car je sais que derrière c'est fini. » Le Seigneur appelle le franchissement de l'ultime

barrière, 'le blasphème contre le Saint-Esprit', l'épître aux Hébreux l'appelle, 'l'outrage au sang de

Jésus-Christ'. Au fur et à mesure que nous avançons dans notre vie chrétienne vers Lui dans la crainte et

dans la foi, Dieu ferme des barrières. Il y a des choses que l'on abandonne, on ferme la porte et le sang de

Jésus est sur cette porte. Plus on avance vers la Montagne de sainteté, et plus le Seigneur ferme des

portes.

Que se passe-t-il quand on s'éloigne du Seigneur? La tentation revient et elle pousse à rouvrir ce qui a été

fermé par le Seigneur. En général, on repasse toujours par les portes fermées précédemment. Une porte

doit toujours demeurer fermer, celle de la crainte de l'Eternel. Si cette porte est forcée, on entre dans une

zone irrécupérable. Le chrétien qui perd la crainte de l'Eternel blasphème contre le Saint-Esprit, il outrage

 

 

le sang de Jésus. Il y a des chrétiens qui s'éloignent de plus en plus du Seigneur, ils peuvent tomber dans

des péchés mais Dieu est capable d'aller les chercher... Par contre, rien qu'à l'idée de briser le cadenas de

la crainte de Dieu, notre coeur, notre esprit est comme bouleversé. Y a-t-il des chrétiens qui font cela ?

Attention, on ne casse pas ce cadenas du jour au lendemain, car il est bien fermé. C'est le Seigneur qui a

planté Sa crainte dans nos coeurs. Nous n'avons pas à craindre et dire : « Seigneur, vais-je perdre mon

salut ? » Et même s'il tombe plusieurs fois, Dieu continue de pardonner au pécheur contrit et demeure prêt

à le relever.

Nous connaissons bien les limites. Nous savons que, pour ceux qui franchissent cette limite, il n'y a plus

rien à faire. Par rapport à certains cas, nous pouvons témoigner, ce n'est pas arrivé souvent, que Dieu

nous a montré que ces personnes avaient dépassé cette limite. C'est terrible, la personne est alors

entièrement dans les mains de Dieu. Attention à ceci : ce n'est pas à nous de dire : « Il est allé trop loin »,

nous n'en savons rien. Si un jour, Dieu met cette conviction en nous, nous écoutons Dieu mais ce n'est pas

à nous de le dire.

La crainte de l'Eternel nous pousse à nous approcher de Lui. Les Hébreux disaient : « Moïse, tu

t'approches, nous, nous restons dans l'éloignement. » Pourquoi voulaient-ils rester dans l'éloignement ? Ils

savaient très bien que pour s'approcher de Dieu, ils seraient exposés à Sa lumière. Plus on monte sur la

montagne du Seigneur, plus les choses sont mises en lumière. Pendant que Moïse était sur la montagne,

restés en bas, ils fabriquèrent le veau, et firent des sacrifices avant de se divertir. Cette crainte n'est pas là

pour être un poids dans notre vie mais pour nous pousser à chercher Dieu davantage. Ceux qui ont

vraiment cet amour pour le Seigneur disent : « Seigneur, je veux aller vers Toi », tout en étant conscients

qu'ils seront exposés à un degré élevé de sainteté et que des choses devront changer dans leur vie.

La crainte de Dieu nous pousse à la sainteté. (2 Cor.7/1) : «Ayant donc de telles promesses, bien-aimés,

purifions-nous de toute souillure de la chair et de l'esprit, en achevant notre sanctification dans la crainte de

Dieu. » Paul n'a p as dit : « Achevant notre sanctification dans l'amour de Dieu. » mais « dans la crainte de

Dieu ». Cette crainte devient le désir de plaire à Dieu, c'est un trésor que l'on veut développer. Elle nous

poussera à rechercher la sanctification. Quiconque recherchera une relation profonde avec le Seigneur

devra passer par une crainte plus profonde encore. Les apôtres nous le montrent. Plus on s'approche de

Sa sainteté plus on est effrayé devant cette Majesté éblouissante. Jean a plus de 90 ans, quand il reçut

cette nouvelle révélation de Jésus-Christ à Patmos, tomba comme mort à Ses pieds.

La crainte de Dieu nous pousse aussi dans un esprit de service. (Phil.2/12) : «...Travaillez à votre salut

avec crainte et tremblement... » Elle nous pousse aussi à chercher Son intimité. La foi nous permet de Lui

être agréable, la crainte nous permet de nous approcher de Lui jusqu'à devenir un intime du Seigneur.

(Ps.25/14) : «L'amitié de l'Eternel est pour ceux qui Le craignent, et Son Alliance leur donne instruction. »

Qui est l'Amour parfait ? Jésus. Quand Il est là, il n'y a plus de crainte, ce n'est pas qu'elle n'est plus dans

mon coeur, mais l'amour de Jésus me remplit, me submerge. L'amour parfait n'est pas en moi, nous

n'avons pas cet amour naturellement, mais quand Jésus nous remplit de Son amour, nous n'avons plus

peur du châtiment.

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