06.10.2009

Une foi couverte Par Franck Lefillatre

 « Les choses cachées sont à l'Eternel notre Dieu ; les choses révélées sont à nous et à nos

enfants, à perpétuité, afin que nous mettions en pratique toutes les paroles de cette Loi. » (Deut.29/29)

 

Nous avons précédemment parlé de la foi irréprochable. Dieu recherche des hommes, des femmes de foi

irréprochables. Nous avons rappelé que le Seigneur s'intéresse particulièrement aux fruits de la foi car ils

sont ce que nous produisons dans nos vies par la grâce du Seigneur. Le figuier dans les Evangiles avait un

beau feuillage mais il n'avait pas de fruit. Le fruit recherché par Dieu est notamment celui de

l'irréprochabilité. L'irréprochabilité ne veut pas dire perfection, être sans péché, mais ne pas être attaquable

en justice. Dieu recherche cela dans nos vies : que nous soyons au-dessus de toute accusation.

Le sujet de ce matin est sur mon coeur depuis quelque temps. Ce sujet n'apparaîtra pas très contemporain

dans son fond, surtout par rapport aux évolutions de la société, mais il me paraît avoir un sérieux

fondement biblique. Le titre que je donne, résume un peu ma pensée, quoiqu'il restera un peu énigmatique

: Quand la foi doit être cachée et couverte.

Dans le texte considéré, il est parlé de choses cachées, elles appartiennent à Dieu. Comme la lumière du

juste va grandissante jusqu'à atteindre son zénith, la révélation divine est progressive, elle va de gloire en

gloire jusqu'à Jésus-Christ. Les Ecritures contiennent toute cette révélation, nécessaire à notre salut.

D'ailleurs, l'Apocalypse se termine sur ce commandement du Seigneur : « ne rien rajouter ne rien enlever.

» Maintenant je ne dis pas que tout nous a été révélé, il y a des choses qui restent cachées en Dieu. Tout

ce que Dieu a jugé utile de nous révéler, Il nous l'a révélé, d'autres choses restent cachées.

Le texte poursuit : « Les choses révélées sont à nous et à nos enfants à perpétuité... » Si elles sont à nous

et à nos enfants, elles nous appartiennent, elles n'appartiennent pas au monde. Ces choses révélées sont

un trésor extraordinaire dont nous sommes responsables. Nous sommes intendants, administrateurs de

ces choses cachées et maintenant révélées par Dieu. Nous ne devons pas les traiter avec une attitude

profane. Esaü a eu une attitude profane concernant le droit d'aînesse, il le vendit pour un plat de lentilles. A

cause de cela, le Seigneur dit dans (Héb.12/16-17) qu'Esaü était profane. Esaü avait considéré comme peu

de choses les bénédictions de Dieu, elles avaient selon lui pour valeur un plat de lentilles. Nous devons

gérer avec sagesse les trésors divins, les administrer avec une foi qui se couvre.

Si nous regardons la société moderne d'aujourd'hui, nous constatons que nous ne sommes pas dans une

société qui se couvre au contraire nous sommes dans un temps de surexposition médiatique. Tout se met

à découvert : les sentiments, les corps, les personnes, alors les uns les autres s'exposent. L'apparence,

l'image, la communication de la parole en arrivent à être plus importantes que le contenu de la pensée.

Sans approuver ces choses, elles sont un fait dans la société. Notamment pour les plus jeunes, il y a le

développement de l'Internet social, communautaire, où chacun dévoile ses pensées et ses actions. Tout y

est mis à découvert, au point que certains, ayant étalé tellement de choses sur la place publique, veulent

en récupérer une partie de crainte que cela ne se retourne contre eux. Cette surexposition médiatique

influence nos pensées, nos comportements. Nous sommes aussi dans une société de surenchères, il faut

toujours en rajouter et de plus en plus. Il faut faire plus que ce qui a été fait. On est à la recherche de tout

 

ce qui est au sommet de la technologie, de la communication, de la mode et dans une attente fébrile de ce

qui peut apparaître demain. Qu'est-ce qui va venir de nouveau ? Ainsi, les gens sont à la recherche

d'excitation, de croustillant, parfois même de provoquant, bref de tout ce qui est attractif. Cette surenchère

induit souvent des dérapages que ce soit dans les programmes de la télévision ou dans des

comportements incontrôlés dans la vie de tous les jours. Parce que nous sommes influencés par le monde,

ces dérapages peuvent venir jusque dans l'église et dans la vie chrétienne.

Voyons quelques exemples de surexpositions médiatiques, de surenchères. Par sa puissance, l'Internet

accélère la diffusion de toute sorte d'information. Certains sites chrétiens sont même spécialisés dans les

visions et les prophéties et chacun y va de son histoire et raconte toutes sortes de choses qu'il aurait vues

dans les cieux ou autres. Pourtant dans la Bible, les hommes de Dieu qui ont été authentiquement

transporté dans les cieux n'osèrent pas raconter ce qu'ils avaient vu, soit qu'ils ne trouvaient pas les mots

humains pour décrire l'ineffable, soit qu'il ne leur était pas permis de le faire. Pourquoi donc ces gens

s'étalent-ils ainsi ? Parce qu'il existe un public friand de cela. Mais une fois qu'une « prophétie » ou une «

vision » a été donnée, il en faut ensuite une meilleure, une plus grande sinon cela n'intéresse pas. C'est là

la combinaison d'une surexposition médiatique et d'une surenchère. Malheureusement, la Parole de Dieu

ne suffit plus, il faut toujours du nouveau. C'est ce que j'appelle des comportements non couverts. Ce sont

aussi des comportements exposés. On s'expose et on se découvre.

Avant de rentrer dans l'enseignement et les principes que je voudrais mettre en avant, voyons quelques

exemples pour situer mon propos.

A. Comportements couverts :

* Moïse : Au jour du buisson ardent, Moïse se détourna quand il vit la flamme et le buisson qui ne se

consumait pas. Quand il perçut la présence de Dieu au sein de ce buisson, (Ex.3/6) il est dit que : « Moïse

se cacha le visage car il craignait de regarder Dieu. » Voilà un comportement couvert dans la présence de

Dieu.

* Elie : Sur le Mont Horeb, le vent, le feu, la tempête passent et ensuite le murmure. (1 Rois.19/13) dit : «

Quand Elie l'entendit, il s'enveloppa le visage de son manteau. » Ces hommes avaient vraiment cette

attitude de se couvrir dans la présence de Dieu.

* Jésus : Il s'est aussi caché, après la multiplication des pains quand les gens voulaient Le faire Roi.

(Jn.6/15) dit : « Jésus, sachant qu'ils allaient venir L'enlever pour Le faire Roi, se retira de nouveau sur la

montagne, Lui seul. » Voilà encore un exemple de comportement couvert.

* Paul : parle dans (1 Cor.14/1s.) d'une vie de l'Esprit couverte. Il nous encourage à parler abondamment

en langues dans notre culte privé mais nous invite aussi à considérer que dans le culte public, il vaut mieux

apporter quelques paroles qui se comprennent dans notre langue que mille paroles en langues qui ne

serviraient à l'édification de personne. Dans le culte public de l'Eglise, la vie de l'Esprit est couverte. Si

quelqu'un apporte un don en langues, il faut que quelqu'un l'interprète sinon que le premier se taise. Ceci

est aussi un comportement couvert. Dieu est un Dieu d'ordre, et l'esprit des prophètes est soumis aux

prophètes.

B. Comportements non couverts.

* Samson : se découvrit sur les genoux de Délila (Jug.16/4-31). Qu'a-t-il fait ? Il se découvrit au fur et à

mesure, en s'exposant toujours plus jusqu'à ce qu'il ouvre son coeur à Délila et lui dise qu'elle était la

source de sa puissance. A force de se découvrir, il finit par être tondu ! L'Esprit du Seigneur se retira de lui.

* Pierre : s'est un jour découvert. Le Seigneur lui avait dit : « Là, où Je vais, tu ne me suivras point. » Telle

était la parole du Seigneur. La foi vient de ce qu'on entend, et ce qu'on entend vient de la parole de Christ.

La parole de Christ dit : « Stop, tu ne vas pas plus loin ! » Mais Pierre dit par audace : « Moi, j'irai, je Te

suivrai même s'il faut mourir. » Quelles furent les conséquences pour Pierre ? Il fut découvert auprès d'un

feu par la servante qui lui dit : « Tu es un de Ses disciples. Tu étais avec Lui, on te reconnaît, tu parles

comme un Galiléen. » La conséquence fut le reniement de Jésus.

* Le peuple d'Israël au jour du veau d'or : (Ex.32/25) : « Moïse vit que le peuple s'était livré au désordre, et

qu'Aaron l'avait laissé dans ce désordre, exposé à l'opprobre parmi ses ennemis » Dans cette situation,

Israël était un peuple découvert. Les Hébreux s'étaient levés pour se divertir, ils finirent par se livrer

eux-mêmes à l'opprobre et le jugement du Seigneur vint sur eux, trois mille périrent en ce jour.

Tout cela pour nous parle d'attitudes exposées. Veillons dans nos assemblées et dans notre vie chrétienne

à fuir les attitudes exposées.

Maintenant prenez garde à ceci : certaines couvertures ne sont que des déguisements, des masques.

Dans (1 Rois 22/30), il est parlé d'Achab qui se déguisa pour partir au combat. Dans le Nouveau

Testament, Jésus parle des hypocrites. Qu'était un hypocrite ? Dans le théâtre grec, les comédiens, les

tragédiens portaient des masques, on les appelait des hypocrites. Certaines personnes ont des attitudes

religieuses, ils prennent l'apparence d'être couverts dans la présence de Dieu et présentent un certain

visage mais qu'en est-il réellement de leur coeur ? Il y en a d'autres dont on pourrait dire : « Celui-là, il se

laisse aller, il se découvre, il s'expose » Oui, mais Dieu sait qu'il est couvert. Je prends l'exemple de David

et de Mical (2 Sam.6/16-23). Au jour où David amena l'Arche de l'Alliance à Jérusalem, il se revêtit d'un

vêtement de byssus et dansa de toutes ses forces. Mical le vit, le méprisa et lui dit (v.20) : « Tu t'es

découvert aux yeux des servantes et des serviteurs comme se découvre un homme de rien. » David lui

répondit : « C'est devant l'Eternel que j'ai dansé... Néanmoins je serai en honneur devant les servantes

dont tu parles. » Attention à ne pas nous tromper sur ce qu'est « être véritablement couvert devant le

Seigneur. » On peut se réjouir dans la présence de Dieu et être couvert. David était couvert ce jour-là

parce que les lévites portaient l'Arche de l'Alliance. Pourtant Mical jugea David : « Oh ! il danse, il est vêtu

comme un serviteur, comme un rien du tout. Moi je fais attention, je ne me laisse pas aller au débordement

». Le Seigneur connaissait son coeur et il est dit (v.23) : «Mical n'eut point d'enfants jusqu'au jour de sa

mort. »

Dieu, Yaweh, est le Dieu caché. Il n'admet pas qu'on fasse de Lui une représentation. C'est le Dieu qui ne

se montre pas, qui ne s'expose pas, qu'on ne peut pas voir : « Nul ne verra Ma face. » Dans le Tabernacle,

il y avait le voile de séparation, on ne pouvait pas voir Dieu. Au jour de la Dédicace du Temple, Salomon dit

: (2 Chr.6/1) : « L'Eternel veut habiter dans l'obscurité... » Les moments où les hommes ont dit avoir vu le

Seigneur sont rares. On peut cite Esaïe (Es.6/1) : « L'année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur assis

sur un trône très élevé. » Dieu est le Dieu qui vit dans l'obscurité, Il se cache derrière un voile, derrière une

nuée, on ne peut pas voir Dieu. Quand Moïse lui demanda de voir Sa gloire, Dieu mit sa main sur Moïse et

celui-ci ne put simplement le voir que de dos, lorsqu'Il fut passé. Dieu se cache et Il cache aussi Ses

trésors. Les trésors de Dieu sont cachés (Es.4/5) «... Tout ce qui est glorieux sera mis à couvert... »

Les trésors de Dieu étaient cachés, il fallait que Dieu les révèle pour que nous puissions les découvrir. Le

sage dit (Pr.25/2) : « La gloire de Dieu est de cacher les choses et la gloire des rois est de sonder les

choses. » Il a plu à Dieu de nous accorder des révélations sur Sa Personne et surtout sur le salut qu'Il veut

nous donner. L'apôtre Pierre dit dans (1 Pier.1/10) : « Les prophètes, qui ont prophétisé touchant la grâce

qui vous était accordée, ont fait de ce salut l'objet de leurs recherches et de leurs investigations. » Les

prophètes étaient donc poussés par le Saint-Esprit à sonder le coeur de Dieu pour découvrir ce que Dieu

cachait. Nous ne pouvons découvrir les pensées de Dieu que lorsqu'Il nous les révèle. Dieu cache Ses

trésors mais Il les révèle à Ses enfants. Dieu a choisi de nous révéler des choses cachées, des choses

utiles pour la connaissance de notre salut.

Ces choses révélées ne sont pas révélées aux païens. Du temps de l'Ancienne Alliance, c'était le trésor

d'Israël. Paul dit dans l'épître aux Romains que c'est au peuple Juif que Dieu confia les oracles, les

promesses et nous en sommes aussi les bénéficiaires, par la grâce du Seigneur qui nous a réunis à Son

peuple. Les trésors de la Parole de Dieu et ceux de la vie de l'Esprit sont des choses que Dieu a révélées

et données à Son Eglise. Elles ont une valeur extraordinaire, divine et éternelle. Elles n'ont rien à voir avec

les trésors de cette terre.

Dans les Anciennes Alliances, beaucoup de choses étaient soit cachées, soit couvertes. Les prophètes

s'interrogeaient sur le Messie : Qui était-Il ? Il était caché. Dieu habitait au milieu de Son peuple mais entre

Dieu et Son peuple, il y avait un voile de séparation et l'Arche de l'Alliance était couverte. Ces choses

étaient soit cachées soit couvertes car elles étaient saintes.

Revenons un instant sur l'Arche de l'Alliance. Au temps de Moïse, lors des déplacements de l'Arche dans le

désert ou au temps de Josué quand l'Arche de l'Alliance, portée par les sacrificateurs, traversa le Jourdain,

elle était couverte et cachée. On imagine à tort cette belle Arche couverte d'or pur transportée à la vue de

tous par les Lévites. Ce n'est pas du tout cela. (Nb.4/4-6) : «Voici les fonctions des fils de Kéhath, dans la

tente d'assignation : elles concernent le lieu très Saint. Au départ du camp, Aaron et ses fils viendront

démonter le voile, et ils en couvriront l'Arche du témoignage ; ils mettront dessus une couverture de peaux

de dauphins, et ils étendront par-dessus un drap entièrement d'étoffe bleue... » Il en était de même pour

tout le mobilier du lieu très Saint. Quand le peuple se déplaçait dans le désert, l'Arche de l'Alliance allait

devant eux, leur montrant le chemin et l'endroit où le peuple bâtirait son camp. Mais l'Arche de l'Alliance

était couverte et cachée, elle était enveloppée dans un voile de fin lin : le voile de séparation entre le lieu

Saint et le lieu très Saint. Elle était aussi couverte d'une peau de dauphin et enfin enveloppée d'un drap

d'étoffe bleue, couleur du ciel. Quand les peuples du désert regardaient Israël marcher ayant devant eux

l'Arche de l'Alliance, ils ne voyaient rien d'autres qu'un ballot bleu mais rien des chérubins, du propitiatoire.

Ils voyaient donc les Kéhatites portant sur eux un drôle de coffre et devaient se demander : « Que peut-il y

avoir dessous ? » Ces choses appartenaient à Israël. Lorsqu'Israël était en marche, dans le désert, les

peuples des nations ne pouvaient pas voir ce qui appartenait à Israël, car c'était le précieux don de Dieu.

Ce qui nous amène à comprendre que nous devons avoir une attitude appropriée que j'appelle couverte

quant aux choses que Dieu nous confie, car elles nous appartiennent. N'ayons pas peur de le dire car c'est

biblique, nous avons une exclusivité. Ces trésors divins, et tous ces dons précieux et par-dessus tout le

Saint-Esprit nous appartiennent, à nous qui sommes le peuple de Jésus-Christ. Jacques le dit (Jac.4/5) :

«...C'est avec jalousie que Dieu chérit l'Esprit qu'Il fait habiter en nous. » Ils n'ont pas à être dévoilés,

découverts, exposés médiatiquement au monde qui nous entoure, même s'il nous presse de faire

autrement. Dans certains courants de l'Eglise, il peut y avoir des pressions pour faire autrement, comme

enlever le voile, la peau de dauphin, l'étoffe bleue, pour exposer. Ce n'est pas là ce que Dieu attend de

nous.

Ayant parlé de 'Yawhé', le Dieu qui se cache et qui cache, mais aussi Celui qui se révèle, je voudrais parler

de Jésus-Christ. Jésus-Christ a eu un ministère de révélation. Il est venu pour révéler le mystère caché du

Royaume de Dieu, c'est ce qui est dit dans la parabole du semeur (Mc.4/10-11) : «... Les mystères du

Royaume de Dieu c'est à vous qu'ils sont révélés... » Rappelez-vous c'est publiquement que, Jésus, assis

dans une barque, enseigna à la foule la parabole du semeur. Quant à l'explication et aux enseignements

tirés de cette parabole, ils étaient réservés aux seuls disciples. C'était à eux seuls que les mystères du

Royaume des cieux étaient dévoilés. Aux autres, il est dit : Ils entendront mais ne comprendront pas. Jésus

a eu un ministère de révélation couvert. Il a toujours couvert ce qu'Il nous apportait de la part de Dieu.

Jésus est aussi Celui qui a levé la couverture sur Sa gloire, sur la Montagne de la Transfiguration. Il avait

dit juste une semaine avant (Mat.16/28 et 17/1ss.) : « Quelques-uns de ceux qui sont ici ne mourront point

qu'ils n'aient vu venir le Royaume de Dieu. Six jours après, Jésus prit avec Lui Pierre, Jacques et Jean, son

frère, et Il les conduisit à l'écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux, Son visage resplendit

comme le soleil, et Ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. » Ce jour-là, Jésus leva une partie

de la couverture qui était posée sur Sa gloire. Les trois disciples virent le Seigneur dans Sa gloire mais à la

fin de cette expérience extraordinaire, il leur fut laisser un ordre : celui de se taire et de ne rien dire jusqu'à

ce qu'Il soit ressuscité. Ils avaient découvert Sa gloire. Pierre en a été tellement marqué que bien plus tard,

30 ans après, il dit encore dans son épître que ce n'est pas par des fables qu'il enseigne mais d'après ce

qu'il a vu sur cette montagne (2 Pier.1/16).

Jésus a aussi couvert des choses. Je parlais tout à l'heure du fait que des gens ont voulu Le couronner

Roi, Il se mit alors à l'écart. Notamment, Jésus couvrit Sa messianité. Jésus n'a jamais exposé

publiquement qu'Il était le Messie. Il prit à part Ses disciples pour aller tout au Nord du pays d'Israël, à

Césarée de Philippe (Mat.16/13-20). C'est là dans cet endroit à l'écart des foules, qu'Il leur posa cette

question : « Qui dit-on que Je suis ? Qui dites-vous que Je suis ? Pierre répondit : « Tu es le Christ, le Fils

du Dieu vivant. » Jésus lui dit : « Tu es heureux, fils de Jonas, car ce n'est pas la chair et le sang qui t'ont

révélé cela, mais mon Père qui est dans les cieux. » C'était une révélation, un cadeau extraordinaire, un

trésor que Dieu découvrait aux yeux des disciples. La découverte de la Messianité, la Seigneurie de

Jésus-Christ ne vient que parce que l'Esprit de Dieu nous pousse à confesser que Jésus est Seigneur. Ce

sont des trésors, ils nous appartiennent.

Quelle est notre attitude par rapport à tout cela ? Notre foi doit être couverte. Comprenons quelle est la

situation, aujourd'hui en Jésus, Dieu ne se cache plus, je dis bien « en Jésus », le voile est déchiré pour les

Juifs et moi j'ai envie de dire : le mur est renversé pour les nations. Aujourd'hui nous pouvons nous

approcher jusqu'au trône de Dieu, nous pouvons accéder à Sa Présence. Nous ne Le voyons pas encore

de nos yeux, mais il n'y a plus rien qui nous empêche de venir vers Lui, Il n'est plus caché. C'est Mon Dieu,

Mon Père, je peux vivre en Sa Présence, Il vit à mes côtés, Il vit avec nous. Il ne se cache plus, lorsque

nous venons dans Sa Présence, couverts par le sang de Jésus. Il n'est pas possible de s'approcher de Son

trône sans le sang de Jésus. C'est au moyen de Son sang, dit l'épître aux Hébreux. Sans le sang, nous

sommes nus et la Loi divine nous accuse. Le sang de Jésus fait propitiation (le mot veut dire : il apaise, il

couvre, « kapar » en hébreu, couverture). Le sang de Jésus est un vêtement de justice. Nous ne pouvons

pas venir nus vers Dieu. Certes, nous venons vers Jésus tels que nous sommes, c'est vrai, mais pour venir

au Père, il faut venir revêtu du sang de Jésus. Nous ne pouvons pas nous approcher du trône de Dieu sans

Jésus.

Je dis que c'est important car on nous propose d'autres évangiles. On nous propose de venir vers Dieu

au-travers d'expériences, à travers le Saint-Esprit. On ne peut pas venir à Dieu par le Saint-Esprit. On ne

vient à Dieu que par la Croix de Jésus-Christ. Ce n'est pas le Saint-Esprit qui nous couvre, c'est le sang de

Jésus. Lorsqu'il est question de l'ordination des sacrificateurs dans l'Ancien Testament (Ex.29/20-21) il y a

le sang et l'huile. Le sang était mis sur le lobe de l'oreille droite, sur le pouce de la main droite et sur l'orteil

du pied droit. Puis, il y avait l'onction avec l'huile là où le sang avait été apposé. Le sang vient avant l'huile

d'onction. Avant le Saint-Esprit, il y a Jésus-Christ, avant la chambre haute, il y a le Golgotha. Avant la

Pentecôte, il y a la Croix, avant la colombe, il y a l'agneau. Aujourd'hui, certains prêchent un évangile sans

le sang de l'Agneau. C'est courir le risque d'avancer vers Dieu sans être couverts. C'est aussi prendre le

risque de s'exposer à des esprits qui ne sont pas l'Esprit du Seigneur. Il faut d'abord le fondement de la

Croix.

La Bible dit aussi dans (2 Cor.3/18) : «Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un

miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image de gloire en gloire, comme par

le Seigneur, l'Esprit. » Couverts par le sang de Jésus, nous pouvons découvrir la réalité de notre

témoignage même dans ce monde. Moïse se cachait, car la gloire reposant sur lui était passagère,

éphémère. Mais il est dit d'Etienne que son visage rayonnait. Dans ce monde, Jésus nous appelle à être

lumière et sel. Paul nous invite à être des flambeaux portant la Parole de vie. Nous voulons briller de mille

feux, de mille éclats, et quand les hommes porteront leurs regards vers nous, ils verront la gloire de

Jésus-Christ notre Seigneur. Nous n'avons pas à nous couvrir, mais à rayonner de Christ dans ce monde.

Je voudrais vous montrer aussi comment Jésus et les apôtres savaient se couvrir. Le Seigneur a dit de ne

pas livrer nos trésors aux pourceaux. La Parole est dure, mais elle a quand même été dite. Je vais dire

mon opinion en respectant chacun : je suis mal à l'aise quand il y a confusion de genre, notamment quand

on invite des gens qui ne connaissent rien à la foi à venir à des campagnes d'évangélisation et qu'on

prêche le Saint-Esprit et sa puissance en mettant Le sang de Jésus au second plan. C'est prendre le risque

de découvrir des trésors réservés au peuple de Dieu et de créer du trouble parmi les gens ignorants. Dans

trop d'églises, de rassemblements, on découvre les trésors divins. On expose le ministère du Saint-Esprit à

des gens qui n'y comprennent rien.

Je prends un exemple, celui de la Pentecôte. Le Saint-Esprit descend, les cent vingt sont baptisés et

commencent à parler en langues, il y a un grand bruit, les gens se rassemblent. Quelle est la question

qu'ils posent ? « Que se passe-t-il ici ? Ces gens sont pleins de vin doux ! » Vous voyez le trouble. Si on

était resté ce jour-là sur cette question, il y aurait eu une Pentecôte découverte. C'est ce qu'il y a dans

beaucoup d'endroits, on assiste à des phénomènes découverts. Mais j'affirme que la Pentecôte a été

couverte, par quoi ? Par la prédication de Pierre. La Parole est venue couvrir ce que le Saint-Esprit faisait.

Que prêcha Pierre ? Jésus-Christ de Nazareth, mort et ressuscité et glorieux Seigneur. Lorsqu'il eut fini de

prêcher, les hommes n'étaient plus dans le trouble et il est dit qu'ils eurent le coeur vivement touchés.

Comprenez-vous ce qu'est une action couverte et une action découverte ? S'il n'y avait pas eu de

prédication, la Pentecôte aurait été découverte, mais ce n'était pas le plan de Dieu, il fallait qu'elle soit

couverte, afin que les gens ne soient pas dans le trouble et que chacun comprenne véritablement l'oeuvre

de Dieu. Si elle était restée découverte, il y aurait eu beaucoup de questions mais peu de conviction et les

disciples auraient été exposés, mais la Parole de Dieu est venue comme une couverture.

Prenez avec moi (2 Cor.12/1-10) : « Il faut se glorifier...(Que veut-il dire ? Il dit : en quelque sorte on va se

découvrir, on va se mettre en avant, on va se découvrir, s'exposer) Cela n'est pas bon. J'en viendrais

néanmoins à des visions et à des révélations du Seigneur... Si je voulais me glorifier, je ne serais pas un

insensé, car je dirais la vérité mais je m'en abstiens... » Ce texte est de la dynamite. Aujourd'hui on observe

tellement l'opposé. Il y a des gens qui en racontent beaucoup. Au contraire, Paul dit en quelque sorte : «

Les choses que j'ai vu là-haut sont scellées » D'ailleurs, l'Apôtre dit qu'il aurait eu bien du mal pour trouver

les mots décrivant ce qu'il avait vu, de toute façon, il s'en abstient. Il préfère regarder à ses faiblesses afin

que Christ soit glorifié. C'est tellement à l'opposé de tant de choses que nous entendons aujourd'hui. On

est loin de s'abstenir, des gens écrivent des pages et des pages sur ce qu'ils ont soi-disant vu.

Malheureusement, des chrétiens s'appuient davantage sur ces visions que sur la Parole de Dieu. Notre

seule référence est la Parole de Dieu. Paul se couvrait, il ne se glorifiait pas, il s'abstenait, il ne s'est pas

laissé prendre par une surenchère.

C'est la leçon que Joseph apprit par ailleurs. Il apprit qu'il valait mieux se taire que d'exposer les choses de

Dieu, qui sont personnelles. Joseph se découvrait jusqu'au jour où il apprit à se couvrir. Nous devons

apprendre à nous couvrir. Les trésors de Dieu sont pour nous, Ses enfants. Ils ne sont pas destinés à être

dévoilés. Il ne faut pas céder à cette manie. Alors mettons-nous en garde contre des attitudes non

couvertes qui deviennent aujourd'hui tellement fréquentes.

La tentation de se découvrir et de se laisser couronner atteint même des prédicateurs. Ils feraient mieux de

s'abstenir et de se couvrir. Veillons à ne pas laisser nos sentiments, nos expériences, nos émotions...

découvertes mais apprenons à les couvrir. Il ne s'agit pas d'interdire, de refouler, d'éteindre les émotions,

les expériences, les sentiments. David s'était réjoui dans la présence du Seigneur. Mais il avait appris à se

couvrir, car quelque temps plus tôt il n'était pas couvert lorsqu'il mit l'arche de l'Alliance sur le chariot neuf ;

les conséquences avaient été dramatiques. Le problème n'était pas la danse ou la joie. Il était que les

sacrificateurs et les lévites n'étaient pas à leur place la première fois.

David louait le Seigneur et Dieu le bénit. Le Seigneur aussi tressaillit de joie. Nous-mêmes,

réjouissons-nous sincèrement tout en sachant nous couvrir afin de chercher l'édification. Nous ne voulons

pas de manifestations livrées au désordre. Dieu est un Dieu d'ordre, un Dieu de paix. La Parole doit couvrir

toutes choses.

Il est dit dans (1 Cor.14/27-28) : « En est-il qui parlent en langue, que deux ou trois au plus parlent, chacun

à son tour, et que quelqu'un interprète ; s'il n'y a point d'interprète qu'on se taise dans l'église... » Dans

notre culte privé, parlons en langues abondamment ! Lorsque nous sommes au culte dans l'église, s'il vient

au milieu de nous un homme du peuple ou un incroyant, veillons. Il vaut mieux donner une bonne parole,

une prophétie ou une exhortation en français qui édifie que de troubler par des paroles inintelligibles. C'est

un principe de précaution et de prévenance : La foi est prévenante et elle protège.

Pour conclure, je veux encore dire que le fait de se couvrir dans la présence de Dieu n'exclut pas une

véritable adoration, une expression vivante à la manière de David. Il était découvert humainement parlant

et s'était avili aux yeux de Mical, mais à ceux des servantes, il était saint, et aux yeux de Dieu, il était

couvert.

Alors, face aux évolutions du monde, gardons notre foi couverte. Une foi couverte est un gage de stabilité,

une garantie d'édification et d'épanouissement. Frères et soeurs, nos familles ont besoin d'une foi vivante et

couverte, afin de ne pas nous exposer et de ne pas créer du trouble non seulement à l'extérieur mais aussi

dans l'église. Voilà les pensées que je voulais partager avec vous. Elles ne sont pas communes, elles ne

sont pas dans l'air du temps mais elles ne sont pas incompatibles avec la vie de l'Esprit.

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